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Sucre : lobby intense auprès de l?UE pour rattraper le temps perdu

10 décembre 2007, 00:00

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Le mécanisme de la réforme sucrière a été enclenché, même si le calendrier n?a pas été respecté. S?appuyant sur ce point, le pays veut convaincre la Commission européenne (CE) d?allouer les 22 millions d?euros (environ Rs 980) millions restants, mais surtout de ne pas hypothéquer les décaissements pour les années à venir. Maurice a reçu seulement 36 millions d?euros (environ Rs 1,6 milliard) sur les 58 millions d?euros (environ Rs 2,5 milliards) disponibles sous l?enveloppe des mesures d?accompagnement prévu pour 2007-08.

Le calendrier de la réforme sucrière repart en effet après l?accord entre le gouvernement et les sucriers la semaine dernière. L?Union européene (UE), principal bailleur de fonds de la réforme, ouvre ses coffres. Toutefois, les retards ont eu une incidence sur le montant d?aide promise.

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui se trouve actuellement à Lisbonne pour le sommet UE-Afrique, évoque la question avec ses interlocuteurs sur place dont le commissaire européen au Développement, Louis Michel.

La CE et le gouvernement mauricien ont signé samedi dernier deux accords de financement pour un montant global de 44,7 millions d?euros (environ Rs 2 milliards). Le premier accord concerne les mesures d?accompagnement pour une somme de 36 millions d?euros. Le second porte sur un bonus de performance de 8,7 millions d?euros (environ Rs 390 millions). Cette somme est obtenue sous l?enveloppe Fluctuations in export earnings (FLEX).

Le même jour à Lisbonne, le chef de la diplomatie, Madan Dulloo, qui se trouve sur place, a signé un accord qui prévoit des dons de l?ordre de 51 millions euros (Rs 2,3 milliards) sous le 10e Fonds européen de développement (FED). Cette enveloppe concerne la période 2008 à 2013.

<B>Nous avons satisfait un seul indicateur»</B>

Concernant les mesures d?accompagnement, le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, a indiqué que les montants pour lesquels les accords ont été signés sont au fait des sommes indicatives. Il faudra respecter les indicateurs de performance pour obtenir les décaissements. «Nous avons satisfait pour le moment un seul indicateur de performance. Certains points ont été respectés partiellement. Nous sommes en discussion avec l?UE pour qu?elle fasse preuve de plus de flexibilité par rapport aux autres indicateurs», souligne Rama Sithanen.

Les autres critères sont le Voluntary Retirement Scheme (VRS) pour 1 500 employés ; la formation de 1 500 retraités de l?industrie sucrière ; l?épierrage de 350 hectares de terres appartenant aux petits planteurs ; la prudence fiscale avec pour objectif la réduction des dépenses de 0,5 % du produit intérieur brut ; le départ sous les différents régimes - VRS, early retirement schemes et Blue print (pour la centralisation) de 3 500 employés avec le redéploiement d?au moins 500 d?entre eux vers d?autres activités ; le placement de 600 chômeurses dans un job ; la réduction du taux d?absentéisme dans les écoles de la zone d?éducation prioritaire (ZEP) de 1 % et l?augmentation du taux de réussite dans lesétablissements ZEP de 35,6 % à 37 %.

«Nous allons mettre l?accent sur le fait que nous avons déjà enclenché le processus concernant le respect des indicateurs de performance. Nous sommes confiants que l?UE va en tenir compte», affirme Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie.

Les fonds européens seront déployés sous formes de support au budget, c?est-à-dire que l?argent va dans les caisses du gouvernement et non directement aux projets identifiés. «L?Europe met à notre disposition 334 millions d?euros (Rs 15 milliards) sous les mesures d?accompagnement et le 10e FED de 2008 à 2013. Ce sont-là des dons. C?est la raison pour laquelle il faut s?assurer que cet argent est utilisé à bon escient, qu?il contribue à réduire la pauvreté dans le pays», explique le ministre des Finances.

Les mesures d?accompagnement ne serviront pas uniquement au secteur sucre. Les autres bénéficiaires de l?aide sont les petites et moyennes entreprises, les nouveaux secteurs d?activité, l?Empowerment Programme, l?infrastructure physique et l?assistance technique. «Maurice est un des rares pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique) à pouvoir à la fois restructurer son industrie sucrière et développer de nouvelles activités économiques», avance le grand argentier.

Je suis heureuse que le gouvernement et les producteurs sucriers aient pu arriver à un accord qui était longtemps attendu. Je suis confiante que les différents partenaires de l?industrie vont mettre tous leurs efforts pour appliquer les mesures de réforme dans les délais prescrits», fait pour sa part ressortir Claudia Wiedey, chef de la délégation de la Commission européenne à Port-Louis. Elle indique que Maurice se qualifie pour les soutiens budgétaires en raison de sa performance macroéconomique et de la qualité de sa gestion des finances publiques.

Elle affirme, d?autre part, que la CE va coordonner ses efforts de soutiens budgétaires avec d?autres agences de développement telles l?Agence française de développement, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement.

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