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Ces hommes et ces femmes de c?ur
Consacrer son temps en mettant son énergie et ses compétences pour aider son prochain, cela mérite tous les honneurs. C?est pourquoi en 1985, à New York, l?ONU a décidé de créer la Journée mondiale du bénévolat et du volontariat afin de promouvoir le travail des bénévoles et des volontaires pour le développement économique et social, aussi bien au niveau local, national et international.
À Maurice, le travail volontaire est bien actif et doit continuer. « Il y a beaucoup de choses à faire pour le social à Maurice. Cette année encore, beaucoup d?associations se sont créées. Mais au Mauritius Council of Social Service (MACOSS), nous croyons que tous les citoyens doivent s?engager et s?impliquer d?une manière ou d?une autre. Il y a beaucoup de domaines qui sont encore inexplorés. Par exemple, on parle souvent des enfants défavorisés, mais il y a également les enfants surdoués auxquels il faut penser.
Le volontariat doit perdurer à Maurice et chaque citoyen doit devenir volontaire », affirme Ram Nookadee, secrétaire général du MACOSS.
C?est en présence du président de la République, sir Anerood Jugnauth, que le travail des volontaires mauriciens a été salué le 5 décembre dernier. « Nous souhaitons promouvoir le volontariat afin que celui-ci, en partenariat avec les services publics, atteigne la plus grande partie de la population en difficulté », affirme Jonathan Ravat, étudiant chercheur et volontaire dans plusieurs associations qui luttent contre la misère.
Être volontaire, qu?est-ce que c?est finalement ? Beaucoup, lors de cette journée, nous ont répondu qu?il s?agissait d?une expérience de vie, mais c?est surtout adhérer à une valeur universelle : ensemble nous pouvons faire un monde meilleur pour chacun.
LA DIFFERENCE ENTRE BENEVOLAT ET VOLONTARIAT
D?un point de vue international, le bénévolat se distingue du volontariat car le bénévole est censé s?engager à temps partiel et ne reçoit pas d?indemnités. Ses activités associatives se définissent par leur caractère ponctuel ou temporaire. Le volontaire, quant à lui, s?engage à plein temps dans une action de solidarité internationale, dans le cadre d?une association de solidarité internationale et reçoit une indemnité, mais il ne s?agit pas d?un salaire.
Il bénéficie d?un statut à part entière, le statut de Volontaire de la Solidarité Internationale, lorsqu?il part avec une ONG agréée.
ADRESSES UTILES
Shelter for Women and Children in Distress, Tél.: 674.88.75.
Fellowship First-Aiders, Tél.: 754.73.12.
Espoir et Vision sans Frontières, Tél.: 674.21.38.
Nouvelle IDP Formation et Action Sociales, Tél.: 728.40.17.
Society of the Welfare of Deaf, Tél.: 464.38.34.
Sheela Baguant, la doyenne du volontariat
« Je suis volontaire depuis plus de 47 ans, vous vous rendez compte ! Toute ma vie a été consacrée à la cause des démunis, des gens qui souffrent. Après avoir fini mes études, je me suis dit que le volontariat serait ma vocation et depuis je n?ai pas cessé. Je crois que c?est salutaire, même dans ma vie personnelle, de prendre soin des autres. Je me sens mieux dans ma peau.
À l?époque, j?étais même la présidente du MACOSS. Aujourd?hui, je travaille dans diverses associations. Il y en a une qui me tient particulièrement à c?ur : c?est l?association Shelter for Women and Children in Distress qui s?occupe des femmes et des enfants abandonnés et abusés sexuellement. »
Didier Granport, pour un « first aider » dans chaque famille
« J?ai 23 ans et je me suis dit qu?il fallait que je profite de ma jeunesse pour mener une cause utile. C?est ainsi que j?ai rejoint la Fellowship First Aiders, une ONG qui a tout juste dix ans et qui a pour but de sensibiliser les gens pour qu?ils apprennent les premiers gestes qui sauvent. Je me suis toujours dit que cela pouvait être utile d?apprendre ne serait-ce que le bouche-à-bouche ou le massage cardiaque, car même à la maison tout peut arriver, un membre de notre famille peut se blesser, avoir un malaise. Cela peut toujours servir de venir en aide à ces personnes. Cela peut même leur sauver la vie. Notre objectif est qu?il y ait au moins un first aider dans chaque famille. »
Margot Uppiah, une aveugle au service des aveugles
« À Espoir et Vision sans Frontières, nous nous occupons de ceux qui, comme moi, sont tombés dans la cécité à la suite d?un diabète diagnostiqué trop tardivement. Je travaille dans cette association à plein temps. Je suis assez bien placée pour aider ce type de personnes, car je sais ce que c?est que de se retrouver dans la détresse en apprenant qu?on ne pourra plus jamais voir.
On s?en remet très difficilement. Je ne sais pas où j?ai trouvé ce courage mais, en tout cas, je veux aider ces personnes pour leur montrer qu?on peut s?en sortir. À Espoir et Vision sans Frontières, nous faisons principalement de l?écoute téléphonique. Le dialogue soulage. Le plus important pour nous est, qu?au-delà de la maladie, notre interlocuteur se sente mieux moralement.
Car il n?y a qu?un seul pas vers la misère. Ce n?est pas parce qu?on est aveugle qu?on doit devenir des meubles. »
Tony Brasse, aider sans faire de la charité
« J?aime à dire que je suis tombé dans le volontariat quand j?étais petit ! À l?âge de 7 ans, je me suis engagé dans le scoutisme à Goodlands. Ensuite, je suis entré au service de la paroisse de Poudre-d?Or qui avait l?habitude d?accueillir et d?aider les plus démunis. Jusqu?à aujourd?hui je me démène pour les aider. Mon père, qui adorait le travail social, a été ma plus grande inspiration et je suis fier de continuer cette action qui lui tenait à c?ur. J?ai travaillé avec beaucoup d?associations.
À présent je suis affilié à Caritas, avec qui je continue de lutter contre la misère et la pauvreté, sans pour autant tomber dans l?assistanat. J?insiste beaucoup sur ce point, car nous aidons aussi les gens à prendre leurs responsabilités, à chercher un travail pour subvenir à leurs besoins de base. Ensuite, s?ils sont en manque de matériel, de vêtements etc. nous les aidons grâce aux dons que nous recevons. Aider les gens à chercher du travail fait aussi partie de nos activités. La vie doit reprendre ses droits. »
Noorjehan Joonas, à l?écoute des sourds
« J?ai grandi dans une famille et un environnement où le volontariat était primordial. Mes parents avaient l?habitude de se rendre dans les rues pour aider ceux qui étaient dans le besoin. Ils m?ont donc transmis le virus. Cela fait plus de vingt ans que je suis volontaire, tout en étant biologiste de profession à l?hôpital Victoria. Je lutte depuis toutes ces années pour l?intégration des personnes sourdes dans la société mauricienne avec l?association Society for the Welfare of Deaf. Comme j?ai une formation de scientifique, je fais de la recherche pour que l?appareillage des sourds évolue et devienne de plus en plus performant.
Mais les sourds ont aussi besoin d?un service de soutien tel que des orthophonistes et des psychologues. Et l?association se charge de payer les interventions. Nous recherchons perpétuellement des dons auprès des grandes entreprises.
C?est un gros travail, mais je ne regrette rien. »
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