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Métayers, ces planteurs locataires

22 novembre 2007, 20:00

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Ils ont été propulsés sur le devant de la scène lors des négociations entre l?Etat et les sucriers. Alors que les discussions butent sur de nombreux sujets, le cas des métayers vient se greffer aux désaccords.

L?Etat a demandé aux sucriers de vendre les terres actuellement louées sous le système de métayage. La position de métayer n?est pas nouvelle dans l?industrie sucrière ; l?évolution des métayers a accompagné celle de l?industrie sucrière. En 2006, 627 métayers étaient répertoriés à Maurice.

Les métayers ne sont pas présents dans toutes les régions de l?île. Seules quelques propriétés sucrières en comptent notamment Savannah, Union St-Aubin, Beau-Champ et FUEL.

Les métayers s?occupent de la culture de la canne sur des terrains loués par les propriétés sucrières. Et les terrains restent la propriété des compagnies sucrières.

En échange de l?utilisation du terrain, le métayer remet aux usines une proportion du sucre produit par tonne de canne récoltée. Cette contribution représente en quelque sorte un type de loyer. Le taux de sucre donné aux usines varie selon les régions et le rendement, soit entre 8 et 21 kilos par tonne. La durée des contrats de métayage peut aussi varier, mais un laps de temps de huit ans est communément appliqué.

Pas de diversification agricole</B>

Les métayers s?occupent de plusieurs types de terrains, dont certains peuvent être sur le flanc des montagnes avec des sols rocailleux ou encore d?autres qui sont faciles d?entretien et plats.

L?entretien d?une surface louée à un métayer revient entièrement à ce dernier. Il est responsable de l?épierrage et de la mise en forme du terrain. «Lontem tablismen tipe donn di sel tou sa la. Aster la li fer zis sime», témoigne Vivekanand Dhooky, qui était métayer dans la région de St-Félix.

Les coûts à la hausse de l?engrais et de l?entretien des terrains et la baisse prévue du prix du sucre représentent des menaces pour les métayers qui ont des difficultés à gérer ces nouveaux contextes tout en restant profitables.

De plus, les métayers ne peuvent initier des activités de diversification agricole. De par leurs contrats, ils doivent obligatoirement cultiver de la canne.

La majorité des métayers s?occupent eux-mêmes des terrains qui leur sont alloués. Quelques-uns, occupant des surfaces relativement grandes, emploient un laboureur ou deux. «Auparavant les métayers avaient même jusqu?à 40 arpents. Maintenant, ils ont de petits terrains qui font entre un demi et trois arpents», soutient un planteur de la région du sud. Il arrive aussi que les métayers soient des travailleurs ou artisans, employés d?usines sucrières.

Avec les changements dans l?industrie sucrière, les usines ont repris certains terrains aux métayers. «Après la coupe de 2005, J?ai rendu mon terrain de trois arpents, qui a été utilisé pour la création d?un domaine. Et on m?a dit qu?on me donnerait un autre terrain», explique Vivekanand Dhooky.

Le nombre de métayers a connu un déclin ces dernières années. En 2005, Maurice comptait 905 métayers pour une surface de 3584,9 arpents. L?année suivante, le nombre de métayers avait chuté de 30,7 %.

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