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France : grèves massives, l?Elysée ouvre une porte
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France : grèves massives, l?Elysée ouvre une porte
Première épreuve d?ampleur sur le front social pour Nicolas Sarkozy depuis son élection, les grèves reconductibles lancées pour défendre les régimes spéciaux de retraite à la SNCF, la RATP, EDF et GDF ont fortement perturbé les transports publics hier.
La présidence de la République a ouvert une porte pour un éventuel règlement rapide du conflit. Le secrétaire général de l?Elysée et homme de confiance de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, a dit au journal Le Monde que la proposition de la CGT de négociations tripartites Etat-syndicats-directions, entreprise par entreprise, avait été acceptée. Cette négociation était jusqu?ici exclue par la CGT, premier syndicat français, majoritaire dans les entreprises concernées, qui disait souhaiter une négociation tripartite globale.
«On a toujours dit que les négociations devaient désormais avoir lieu par entreprise. La CGT s?y refusait. Hier elle nous a proposé des négociations par entreprise, dans lesquelles l?Etat serait représenté. Nous avons accepté», a déclaré Claude Guéant.
Pour les usagers, la situation des transports semblait globalement pire que les prévisions faites par les entreprises. Conséquence de l?absence de trains, il y avait environ 360 km de bouchons, contre 250 km un jour normal, vers 07h30 GMT sur les routes de France, surtout autour de Paris, selon le Centre national d?informations routières. Les embouteillages se sont toutefois vite résorbés.
Lors des contacts qui se sont poursuivis entre le ministre du Travail, Xavier Bertrand, et les syndicats, le ton semblait plutôt à l?apaisement. «Ne perdons pas de temps, dès aujourd?hui, dans la matinée si c?est possible, il faut aller dans ces négociations», a dit le président de la CFTC, Jacques Voisin. «On a le sentiment qu?il y a de plus en plus de gens qui se rendent compte qu?il faut aller vers la négociation et que l?épreuve de force ne sera pas efficace pour les salariés», a dit Jean-Louis Malys (CFDT).
Le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy Henri Guaino a de son côté exclu à nouveau tout recul sur le dossier. «Renoncer signifierait qu?il n?y a plus de réformes», a-t-il dit sur LCI.
Les syndicats les plus importants de la SNCF et de la RATP ayant appelé à une grève reconductible, le conflit menaçait de durer jusqu?au week-end et peut-être jusqu?à mardi prochain. A cette date, les syndicats de fonctionnaires appellent à une journée de grève pour protester contre les 23 000 suppressions de postes annoncées et défendre les salaires. Les universités - 29 bloquées ou fermées sur 84, selon l?Unef, principal syndicat étudiant ? restaient parallèlement perturbées par un mouvement contre la loi sur l?autonomie.
Les Français sont en majorité contre le mouvement de grève, selon des sondages. Ils sont 59 % à estimer que le gouvernement ne doit pas céder, selon un sondage BVA pour L?Express.
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