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Alcodis diversifie sa production
Alcodis Ltd accentue sa production d?éthanol. En même temps, cette entreprise diversifie ses activités dans la production du rhum ou de l?alcool de bouche pour l?exportation. Cela afin de faire face aux fluctuations du prix sur le marché de l?éthanol.
En 18 mois, Alcodis Ltd a plus que doublé sa production d?éthanol. En effet, elle est passée de 30 000 litres par jour en mai 2006 à 73 000 litres en novembre 2007. Une production qui la rapproche de sa capacité maximale de 80 000 litres par jour, soit quelque 22 millions à 25 millions de litres par an.
Toute la production d?éthanol est exportée à l?état brut vers l?Europe, où elle est déshydratée. Après déshydratation, l?éthanol a maintes fonctions. Dont notamment en tant que carburant pour les voitures, pour faire du vinaigre et produire du rhum.
Réduction de l?importation de l?essence
«Mais il y a eu d?énormes fluctuations de prix depuis le début de l?année, avec pour résultat que le prix, qui était de 0,65 dollar le litre au début de l?année est tombé à 0,47 dollar en août, quand nous avons exporté cinq millions de litres. Alcodis a de la chance d?avoir comme partenaire Alco Group de Belgique, un des meilleurs traders au monde dans le domaine de l?éthanol. Ils nous achètent notre éthanol au prix du marché. Car cette baisse de prix de 30 % au cours de l?année, cela fait peur», dit Lloyd Coombes, managing director du groupe Roland Maurel, dont fait partie Alcodis Ltd.
«Heureusement, ajoute-t-il, actuellement, les prix se sont un peu stabilisés, et nous comptons exporter 4,5 millions de litres à la fin de la semaine.»
Actuellement, Alcodis Ltd ne projette pas d?aller de l?avant avec son projet de déshydrater l?éthanol localement. Cela pour deux raisons. Tout d?abord, l?entreprise considère que c?est plus avantageux d?exporter l?éthanol à l?état brut. Et deuxièmement, malgré les essais concluants effectués l?année dernière en partenariat avec Total Mauritius Ltd au sujet de l?utilisation de l?éthanol comme carburant pour voiture, le gouvernement n?a pas encore pris de décision finale à ce sujet.
A un certain moment l?année dernière, l?E 10 avait été utilisé. C'est-à-dire que l?éthanol était mélangé à de l?essence dans une proportion de 10 % et 90 % respectivement sur une base pilote. «Nous n?avons aucun problème pour aller de l?avant avec la production de l?éthanol déshydraté. Les techniques sont là mais il faudra que les investissements puissent être justifiés du point de vue économique», ajoute Lloyd Coombes.
Outre la déshydratation, Alcodis Ltd a la possibilité de produire l?alcool surfin, notamment l?alcool de bouche ou le rhum. Car cette entreprise dispose d?équipements de distillation pour raffiner l?alcool de bouche.
Selon Lloyd Coombes, la production du rhum est beaucoup plus «rémunératrice» que l?éthanol. D?ailleurs, pour cette raison, environ 1,8 million de litres d?alcool surfin seront exportés vers l?Espagne à la fin de cette semaine.
«Cela nous fait réfléchir sur l?avenir de l?éthanol. Nous vendons l?éthanol à 60 centimes le litre contre six dollars pour le rhum», estime Lloyd Coombes.«Il y a beaucoup de bruit pour rien au sujet de la production de l?éthanol, qui ne représenterait que 3 % à 4 % des revenus de l?industrie cannière. C?est très marginal. Il ne faut pas se faire des illusions», fait-il ressortir.
Pour sa production d?éthanol et de rhum, Alcodis Ltd utilise 90 000 tonnes, soit la grosse majorité des 130 000 tonnes de mélasse disponible sur le marché local. Les 40 000 tonnes restantes sont utilisées par d?autres distilleries. Selon Lloyd Coombes, l?utilisation de l?éthanol en tant que carburant va réduire l?importation de l?essence de 9 000 tonnes par an, soit 10 % de notre consommation annuelle.
Mais il s?abstiendra de commentaires sur les gros investissements que les sucreries Savannah et Fuel se proposent de faire dans la production de l?éthanol, toute la mélasse disponible étant déjà utilisée soit par Alcodis Ltd ou par d?autres opérateurs.
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