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Enquête sur le mouvement des capitaux

13 novembre 2007, 00:00

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Les chiffres à l?épreuve de la réalité du terrain. La Banque de Maurice veut voir plus claire dans les échanges économiques avec le reste du monde. Elle vient de lancer une enquête auprès des entreprises pour évaluer les rentrées et sorties des capitaux dans le pays. Les informations recueillies permettront d?améliorer la qualité et l?authenticité des chiffres de la balance des paiements. Selon Rundheersing Bheenick, gouverneur de la Banque centrale, il y a des écarts entre la réalité et les statistiques publiées.

La décision de regrouper sous une seule licence les banques onshore et offshore en 2005 a été à l?origine d?un nombre croissant d?erreurs et d?omissions dans la balance des paiements. La part de ces manquements dans le Produit intérieur brut (PIB) est passée de 0,3 % en 2005 à 4,4 % en 2006, selon le gouverneur.

<B>Echantillon de 25 entreprises</B>

«Avec la détérioration dans la qualité des données, la Banque de Maurice n?a d?autres choix que d?explorer des sources d?information alternatives. Dans cette optique, le recours aux études s?avère nécessaire», avance Rundheersing Bheenick lors d?une conférence de presse hier à Port-Louis.

Les mouvements de capitaux transfrontaliers impliquant le global business débouchent souvent sur une situation un peu confuse. La Banque de Maurice veut clarifier les choses en séparant les capitaux qui transitent par la juridiction offshore mauricienne pour être acheminés vers d?autres pays et ceux qui restent à Maurice.

L?enquête sera entreprise auprès d?un échantillon de 125 grosses entreprises et portera sur la période juillet 2006 à juin 2007. Les transactions financières de ces compagnies avec l?étranger seront repertoriées et complémenteront les chiffres de la balance des paiements et le calcul de l?International Investment Position (IIP), soit une mesure qui traite le stock d?investissements directs étrangers (IDE) dans le pays à un moment donné. La balance des paiements concerne, elle, les rentrées et les sorties de fonds avec l?étranger.

Les réinvestissements des compagnies étrangères seront traités sous le système de IIP comme une hausse du stock des IDE dans l?économie.

«Des données de bonne qualité sont essentielles pour prendre de bonnes décisions économiques. (?) Avec la globalisation et la libéralisation du commerce, la nature des transactions et positions entre résidents et non-résidents deviennent encore plus complexes. Il est de plus en plus difficile de les mesurer», dit Rundheersing Bheenick.

<B>Qualité des statistiques</B>

En effet, depuis l?abolition du contrôle de change en 1994, la qualité des statistiques de la balance des paiements s?est beaucoup détériorée, souligne-t-il. Les entreprises et les particuliers n?ont plus besoin d?autorisation pour faire des transactions en devises. De ce fait, celles-ci ne sont pas toujours enregistrées correctement.

La Banque de Maurice bénéficie du soutien d?autres institutions dans le cadre de l?enquête. La Financial Services Commission (FSC) et la Mauritius Bankers Association (MBA) ont promis toute leur collaboration à cette démarche. Lors de la conférence de presse, les deux organismes étaient représentés par Milan Meetarbhan, chief executive (CE) de la FSC et Aisha Timol, CE de la MBA .

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