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Vishnu Lutchmeenaraidoo : «Lin donn enn bef, li ras enn dizef»

13 novembre 2007, 00:00

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«Lin donn enn bef, li ras enn dizef.» Réflexion de Vishnu Lutchmeenaraidoo sur le deal de 2 000 arpents proposé entre l?industrie sucrière et le gouvernement. Hier, pour leur premier come-back à Rivière-des-Anguilles depuis les élections générales, les dirigeants du Mouvement militant mauricien (MMM) ne sont pas allés de main-morte pour dénoncer ce qu?ils considèrent comme des incohérences entre discours et agissements du pouvoir «en ces temps de crise».

Sur le terrain de la «démocratisation économique» d?abord. L?inflation et les suppressions de subsides gagnent les denrées essentielles, disent-ils. «Ce gouvernement baisse l?income tax et permet aux grosses compagnies de générer Rs 3 milliards de profits. Pendant ce temps, le peuple souffre», commente Vishnu Luchmeenaraidoo. «Nous ne sommes pas contre l?enrichissement des grosses compagnies mais nous sommes contre l?appauvrissement des gens.»

La hausse des prix est expliquée : c?est la «dévaluation» de la roupie encouragée par la politique de Rama Sithanen qui a fait gagner au secteur privé Rs 9 milliards supplémentaires. Une certaine vision de la démocratisation que veut dénoncer Vishnu Lutcmenaraidoo lorsqu?il soutient que ce gouvernement «insulte le secteur privé» pour 2 000 arpents ? arpents avec lesquels «Navin Ramgoolam veut en fait faire labousdou auprès de ceux qu?il appelle noubann» ? alors que le gouvernement Mouvement socialiste mauricien (MSM)-MMM, lors de la précédente législature, était déjà parvenu à décrocher 3 600 arpents pour les Mauriciens.

Ces 2 000 arpents lui paraissent dérisoires face aux avantages accordés : «Si un arpent représente Rs 500 000, cela n?équivaut qu?à Rs 1 milliard arraché, contre Rs 12 milliards de bénéfices pour le secteur privé.» Evoquant le «noubann», Vishnu Lutcmeenaraidoo se demande quel peut être le souci des autorités envers les petits planteurs face au sort de ceux «déracinés de Riche-Terre» au profit d?une compagnie chinoise.

La conduite de Navin Ramgoolam à la tête du gouvernement en prend pour son grade : «Il prétend ne pas avoir besoin de la MAAS (NdlR : Multi-Annual Adaptation Strategy) alors qu?il l?a fait lui-même approuver par son cabinet», raille Vishnu Lutchmeenaraidoo devant quelque 800 personnes.

Achevant une allocution théâtrale à souhaits («arrêtez de prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages» à l?adresse de l?actuel Premier ministre), le candidat déclaré du MMM au n° 12 a passé la parole au «Premier ministre exemplaire, faisant honneur à la démocratie», Paul Bérenger.

Le leader des mauves a enchaîné sur les «déboires» des Mauriciens : le manque de lait. «Les gens n?en ont même pas eu pour Divali. Aujourd?hui, c?est au prix de l?huile d?augmenter.» Le nombre de gens en dessous du seuil de pauvreté est «en augmentation» : «De nouvelles taxes sont introduites et on enlève Rs 3 millions au budget des personnes du troisième âge.»

En face, le Parti travailliste est décrit comme une «machine à scandales», pris dans une ambiance de «fin de règne », propice aux abus : «Maurice est le seul pays au monde où on voit un Premier ministre désavouer son cabinet en disant ne pas lui faire confiance», à la faveur de ce qu?Alan Ganoo, intervenant auparavant, qualifie de «gouvernement parallèle composé des conseillers Ramdoursing, Deerpalsingh et Calikhan». Faisant le bilan des réalisations du MSM-MMM, Paul Bérenger est revenu sur les 3 600 arpents donnés aux petits planteurs et aux «malheureux» et sur la création des radios libres.

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