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Les pharmacies sous surveillance

11 novembre 2007, 20:00

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Objectif : mettre fin à certaines pratiques peu conformes dans les pharmacies. Une rencontre, conjointe entre les autorités, les médecins et les pharmaciens en a fait état récemment. Parmi les pratiques décriées : la vente d?antibiotiques sans prescription et les injections dans les pharmacies. L?inspectorat des pharmacies du ministère de la Santé devrait veiller au grain.

Le président des pharmaciens, Sanjay Prayag, se défend : «C?est trop facile de nous montrer du doigt. La majorité des pharmaciens sont en règle. Pour les quelques autres, nous leur avons lancé des rappels mais nous sommes confiants que la situation ira en s?améliorant.»

Le problème des injections effectuées par les pharmaciens demeure une des divergences entre médecins et pharmaciens. L?an dernier, le ministère de la Santé avait interdit aux pharmaciens de faire des injections dans l?enceinte de leur pharmacie.

Le président de la Private Medical Practioners Association (PMPA), Ishack Jowahir, fait valoir que «les pharmaciens ne respectent pas cette règle. Nous le savons car dans de nombreux cas, nous prescrivons des injections aux malades qui nous disent les avoir faites en pharmacie».

A cela, Sanjay Prayag, réplique que «si nous le faisons, c?est seulement dans une situation d?urgence. Il n?est pas question d?outrepasser les règlements mais il ne faut pas également que toute la profession soit blâmée alors que seulement 10 % ne respectent pas les règles».

Au cours de la réunion avec les autorités, il a été décidé que l?association fera un relevé des noms des infirmiers à la retraite et communiquera cette liste aux patients. «Car, jusqu?ici, avec cette mesure, c?était un véritable casse-tête pour le patient, qui peinait à trouver quelqu?un pour lui faire des injections. D?où cette proposition de mettre à contribution des infirmiers à la retraite pour des injections à domicile.»

<B>Prise d?antibiotiques</B>

Quant aux antibiotiques qui sont vendus sans prescription, le représentant des médecins privés, le Dr Jowahir, y voit là un «abus». «Le plus gros problème, c?est que la prise d?antibiotiques entraîne des résistances, soutient le médecin. Quelque temps après, le malade revient chez nous et une fois l?historique établi, nous évaluons qu?il a sûrement développé une résistance. Du coup, on doit lui prescrire des médicaments plus forts pour combattre efficacement la maladie. Ces médicaments sont souvent bien plus chers.»

Au sujet des ventes d?antibiotiques, Sanjay Prayag explique qu?«il y a un malentendu sur ces questions avec les médecins. Nous ne vendons pas des antibiotiques au comptoir mais des anti-inflammatoires. Durant la dernière grosse saison de grippe, nous avons vendu cette catégorie de médicaments et là, nous avons eu des discussions avec les médecins».

En revanche, dit-il, il y a également une situation où le patient achète ses médicaments dans plusieurs pharmacies : «C?est une habitude du Mauricien. Sauf que quand il a déjà acheté un médicament dans une autre pharmacie, la deuxième pharmacie n?enregistre pas la prescription. D?où le fait que la vente, dans certains cas, peut être catégorisée comme une vente au comptoir.»

Pour contrer ces abus, l?inspectorat des pharmacies compte traquer ceux qui ne respectent pas la loi. «Au bout du compte, il n?y a malheureusement pas de suivi. Je me souviens d?avoir eu un pharmacien qui était en contravention sur au moins trois points majeurs. J?exige la fermeture de sa pharmacie. Mais pour une raison ou une autre, il arrive à la rouvrir. On est des bouledogues sans dents !» fait cependant ressortir une source du côté de l?inspectorat des pharmacies.

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