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Sécurité alimentaire :Que chacun y mette du sien
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Sécurité alimentaire :Que chacun y mette du sien
Des cas d?intoxication alimentaire, il en rencontre régulièrement mais de mémoire de médecin, le Dr Koonwar Bissoondyal, directeur de l?hôpital de Flacq, n?avait jamais été confronté à une intoxication d?une telle ampleur. De dimanche à mardi dernier, ils sont 528 à s?être présentés à l?hôpital avec des symptômes tels que vomissements, diarrhées et fièvre. 71 personnes ont même dû être hospitalisées.
Le jour même, après qu?il eut été établi que tous les malades avaient consommé de la nourriture chez un marchand de kebab opérant à la place de taxi à Flacq, un Prohibition order a été servi à l?homme lui interdisant de vendre ses kebab. Ce dernier a fait fi de cet ordre et a continué à en vendre, augmentant ainsi le nombre de personnes intoxiquées. Ce n?est qu?après que les inspecteurs sanitaires de la région lui ont dressé une contravention qu?il a cessé toutes ses activités.
Dans certains cas, toucher le Mauricien là où ça lui fait le plus mal, soit à son porte-monnaie, ne suffit pas. En effet, que représente une amende de Rs 2 000 pour quelqu?un qui brasse des dizaines de milliers de roupies chaque jour ? «Même pas deux heures de travail, soupire Sunil Sohun, chef inspecteur sanitaire au ministère de la Santé, Il faudrait être beaucoup plus sévère.»
<B>166 contraventions dressées</B>
Pas plus tard qu?il y a trois semaines, un marchand de kebab opérant dans l?une des rues les plus fréquentées de la capitale a été pris en contravention par un inspecteur sanitaire. Disposant d?un local, il n?a rien trouvé de mieux que d?installer sa rôtissoire en plein air sur le trottoir, exposée à la poussière, aux mouches et autres insectes. Il paye sa contravention, range ladite rôtissoire et trois semaines plus tard, la ressort?
Pour Philippe Moothoosamy, ancien chef inspecteur sanitaire au ministère de la Santé, il faudrait être plus sévère non seulement au niveau du montant des amendes mais également en ce qui concerne l?application des lois en vigueur (le Food Act 1998 et les Food Regulations 1999).
Combien de marchands de dholl puri portent des gants ? Combien sont les marchands ambulants manipulant de la nourriture qui ont une aide qui encaisse l?argent ? La loi prévoit l?utilisation de gobelets en plastique. Un petit tour au marché central et vous pourrez constater de visu que la majorité des marchands d?alouda vendent ce breuvage dans des verres. Lavés dans quelles conditions, eux seuls le savent?
Les inspecteurs sanitaires se tournent-ils les pouces ? Depuis le début de l?année, 166 contraventions ont été dressées. «Nous faisons de notre mieux mais tout le monde doit jouer son rôle», soutient Sunil Sohun. 125 inspecteurs évoluent au sein du ministère de la Santé alors que ceux des municipalités et conseils de district sont beaucoup plus nombreux?
Le chef inspecteur sanitaire explique que les autorités locales ont, selon le Local Government Act, l?autorité nécessaire pour saisir la nourriture et tous les ustensiles des contrevenants. Il cite comme exemple les marchands qui opèrent illégalement à la place Margéot, à Rose-Hill. «Nous les avons pris en contravention à plusieurs reprises. Il n?y a rien à faire. Ils récidivent. Si leurs ustensiles étaient saisis une fois ou deux, vous pensez qu?ils recommenceraient ?»
<B> «Mauvaise publicité» </B>
Les marchands devraient également réaliser qu?ils ont tout à gagner à respecter les normes sanitaires. Leurs clients n?en seraient que plus nombreux. Rashida, Mauricienne vivant à New York, rencontrée au marché central, suggère en ce sens, la publication dans la presse du nom et de l?adresse commerciale du marchand pris en contravention. «Ce serait une mauvaise publicité qui les encouragerait à être plus respectueux de l?hygiène», soutient-elle. Les autorités devraient peut-être réfléchir à inclure cette proposition parmi les amendements au Food Act. 66 sont actuellement à l?étude.
Quid des consommateurs qui, sous prétexte d?une fringale, oublient bien vite leurs principes d?hygiène et encouragent d?une certaine façon des marchands peu scrupuleux ?
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