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Nouvelle menace de blocage
«Je ne vais pas faire de commentaires sur les propositions. Je peux seulement dire que l?offre qui nous a été faite est assez peu détaillée », a déclaré hier à l?express dimanche Navin Ramgoolam, le Premier ministre, après une séance de travail avec ses conseillers. Celle-ci était organisée pour évaluer la nouvelle proposition de la Mau-ritius Sugar Producers?Association (MSPA) pour relancer la réforme sucre. Au bureau du Premier ministre, on prévient déjà que le MSPA devra aller au-delà des deux feuillets de sa proposition. Une posture qui est loin de rassurer les sucriers, qui croient fermement être allés au bout de ce qu?ils pouvaient proposer dans leur document soumis au gouvernement jeudi.
La proposition complète inclut également des questions qui avaient déjà été débattues dans le cadre de la Multi Annual Adaptation Strategy (MAAS). Notamment celle de l?énergie et de la participation dans l?actionnariat des futurs clusters de l?industrie. La nouveauté est l?acceptation par les propriétaires sucriers du principe de cession de 1 500 arpents de terres au gouvernement. Ces derniers rappellent toutefois à l?État ses engagements pris dans le cadre de la MAAS.
Convaincre d?en demander plus
Les éléments connus concernent l?octroi des terres au gouvernement. La MSPA propose que ce soit géré dans le cadre de l?Empowerment Programme. Et les sucriers consentent à céder 500 arpents de plus uniquement si le gouvernement leur accorde, en contrepartie, la possibilité de convertir une certaine superficie de terres agricoles en terrains résidentiels et industriels. Au bureau du Premier ministre on parle de « nouvelles conditions » dans la proposition de la MSPA qu?il convient de clarifier. Sans toutefois préciser si ces conditions concernent seulement la cession des terres.
Pour étudier le dossier sucre samedi, Navin Ramgoolam ne s?est pas entouré de ses ministres, mais de trois proches con-seillers, dont Rajah Ramdaursingh, et son conseiller économique, le Britannique Andrew Scott. Rama Sithanen, le ministre des Finances, ainsi qu?Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie n?avaient pas été conviés à cette réunion.
Certains conseillers et une aile du Parti travailliste s?appliquent à convaincre le PM d?en demander plus. Selon eux, l?industrie peut faire d?autres concessions. Le temps de se décider, le Premier ministre, n?a jusqu?ici envoyé aucun signal d?acquiescement à la MSPA.
Officiellement, la MSPA s?attend à une « rencontre de suivi? la semaine prochaine afin de parvenir rapidement à une solution durable? ». Rien n?indique toutefois que Ramgoolam entend réagir aussi rapidement. Car le bureau du PM pourrait bien être en train de plancher sur une contre-proposition. Officieusement, à la MSPA, on explique qu?on continuera à travailler dans un « esprit de compromis ».
Mais pour beaucoup de sucriers, l?industrie a fait son offre finale. Et plusieurs courants se sont affrontés lors de l?élaboration de la dernière proposition. Une partie des membres de l?association considère en effet la cession de 2 000 arpents au gouvernement comme étant exagérée.
Une éventualité qui inquiète
Une autre explique qu?il s?agit de la seule condition, outre la MAAS qu?il restait à satisfaire, afin que la centralisation suive son cours. En tout cas, l?unanimité semble désormais régner sur un point : l?industrie ne peut pas faire d?offre plus généreuse. Sans consensus, plusieurs représentants de sucreries ont déjà fait savoir qu?ils quitteraient la réforme.
Une éventualité qui commence à inquiéter l?Union européenne, principal bailleur de fonds. En effet, la Commission européenne aurait adressé une correspondance au GM cette semaine, en lui rappelant les retards pris dans la réforme et la possibilité que certaines aides soient perdues. Déjà, Maurice a commencé à faire les frais de ses retards. Le Premier ministre, lui, continue à dire qu?il ne tolérera aucune pression. Mais l?apparent blocage qui se profile le forcera-t-il cette fois à accepter une solution de compromis ?
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