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Le slam va mal
Le Centre Charles Baudelaire (CCB) propose cet après-midi une compétition de slam avec le concours de Stefan Hart de Keating, initiateur de ce mouvement chez nous. De 15h à 17h, dans les jardins du CCB, Rose-Hill, ce dernier invite les amateurs de la parole a déclamé leurs sentiments. Au vu de l?atelier qui a précédé cet événement, Stefan s?exclame.
Lancé depuis lundi, l?atelier de slam initié dans le but «d?enseigner à devenir slam master», n?a eu que trois participants, dont deux de la région, notamment la Réunion et Madagascar. Triste constat, qui vient fortement signaler que le slam va mal. L?initiateur de cette mouvance l?atteste. «Les étrangers s?intéressent plus au slam que nous les Mauriciens.»
Le slam master, Stefan Hart de Keating dresse un bilan négatif de cette démarche. Pour lui, il n?y a aucun intérêt pour le slam ici. Enclaver dans un système qui ne laisse plus de place à l?expression orale, à l?art, souligne le slam master, les gens ne veulent rien faire. «Quand on fait quelque chose personne ne bouge. Le slam on s?en fout.»
Cela fait cinq ans que le slam est encré dans notre pays et personne ne veut participer à son évolution, constate Stefan. « Les gens disent que le slam c?est de la merde. En fait, il n?y a juste aucune sincérité dans aucune démarche, dans rien», constate-t-il.
A présent, il espère juste que les gens qui ont été initiés à devenir slam master puisent animer des ateliers de sessions dans leurs régions et partager cet art avec d?autres. «A Madagascar, le slam marche à fond. J?ai formé 35 personnes qui animent aujourd?hui des sessions dans la Grande île. Ici, il se perd.» Pour cet après-midi, souligne Stefan, s?il y a du monde, il y aura une animation de 20 minutes par participant qui sera invité à déclamer et à concevoir quelque chose autour de l?art de la parole. «S?il n?y a que les trois participants de l?atelier, il n?y aura rien», laisse entendre Stefan Hart de Keating. Le slam va mal. Les mots sont blessés.
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