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Réunions cruciales à Bruxelles pour sauver le commerce avec l?Europe
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Réunions cruciales à Bruxelles pour sauver le commerce avec l?Europe
Les négociations avec l?Europe pour un nouvel accord commercial sont à une phase cruciale. Les ministres du Commerce international du bloc Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP), dont le chef de la diplomatie mauricienne Madan Dulloo, rencontrent aujourd?hui à Bruxelles, les commissaires européens Peter Mandelson (Commerce) et Louis Michel (Développement) pour faire le point sur le progrès accompli dans les discussions sur l?Accord de partenariat économique (APE), à quelques semaines de l?échéance fixée pour finaliser l?accord.
Un nouveau régime commercial avec l?Europe devra être conclu avant le 31 décembre, faute de quoi l?accès duty-free de nos exportations vers le vieux continent sera remis en cause. Plusieurs réunions de haute importance sont prévues à Bruxelles jusqu?à la mi-novembre en vue de parvenir à un accord qui éviterait une rupture des échanges au début de l?année prochaine. Maurice compte mettre des propositions alternatives sur la table si les négociations bloquent.
Le composant commercial de l?accord de Cotonou (accord qui encadre les rapports économiques entre les ACP et l?Europe) sera remplacé par un APE à partir de janvier 2008. L?Union européenne (UE) traitera dorénavant avec des sous-groupes régionaux. Maurice fait partie du bloc Eastern and Southern Africa (ESA) dans le cadre de cette configuration.
«Les ministres du Commerce international des ACP se sont concertés aujourd?hui (NdlR hier) pour coordonner nos positions au sein du groupe avant la rencontre avec la Commission européenne. La réunion avec Peter Mandelson et Louis Michel nous permettra de prendre la mesure de l?avancée des négociations du point de vue de l?Europe. A la lumière de cette rencontre, nous allons décider dans quelle direction il va falloir poursuivre les discussions», a indiqué Madan Dulloo hier dans une déclaration à l?express.
«Les pays du CMMS
ont beaucoup de
choses en commun.
Il est donc logique
qu?ils fassent
une proposition
commune qui
soit toutefois,
compatible
avec l?OMC.»
L?UE s?attend que l?ESA finalise son offre d?accès au marché. Mais l?absence de solidarité entre les Etats membres de l?ESA complique les choses. Plusieurs Etats membres de la zone ne sont pas prêts à libéraliser leur commerce avec l?Europe, selon les conditions de l?APE.
En effet, le nouveau régime commercial mettra un terme à l?accès privilégié à sens unique qui a existé sous l?accord de Cotonou. L?Europe exigera dorénavant la réciprocité, c?est-à-dire que les ACP devront ouvrir leurs marchés aux produits européens. Cela pour être en conformité avec les règles de l?Organisation mondiale du commerce (OMC).
Maurice peut faire une offre d?accès au marché très libéral, soit soumettre une liste qui exclut seulement 5 % des produits dits sensibles. Maurice a, du reste, déjà baissé de manière significative ses droits de douane au cours de ces dernières années. L?économie mauricienne peut s?accommoder d?autres réductions tarifaires sous l?APE.
Toutefois, sur l?ensemble de la zone ESA, la part des produits sensibles dans le commerce est extrêmement élevée, soit un niveau supérieur à 90 %. «Selon les règles de l?OMC, une liste de produits sensibles raisonnables devrait être autour de 10 % à 20 %. Il est évident que le groupe ESA aura des difficultés à réduire cette liste de 90 % à 20 % dans le peu de temps qui reste», a soutenu le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international dans une déclaration à l?Assemblée nationale mardi dernier.
En cas d?échec sur un accord entre l?Europe et l?ESA, Maurice fera une offre alternative à travers le sous-groupe, Comores, Maurice, Madagascar et Seychelles (CMMS). Ce dernier est plus à même de formuler une offre d?accès au marché qui soit conforme à l?OMC. «Les pays du CMMS ont beaucoup de choses en commun. Il est donc logique qu?ils fassent une proposition commune à l?UE. Il est toutefois essentiel que l?offre soit compatible avec l?OMC et que la période de transition demandée pour s?ajuster à la libéralisation soit acceptable pour la Commission européenne», explique le ministre.
La non-conclusion d?un APE d?ici le 31 décembre signifie que nos exportations de textile-habillement et de produits de seafood notamment tomberont sous le régime de Generalised system of preferences qui offre des conditions nettement moins avantageuses que l?accord de Cotonou. «Nous sommes en train de suivre la situation de très près. L?accès duty-free en Europe est vital pour nos exportations», souligne Sunil Toolsee, directeur de Beachwear, une entreprise qui fabrique des maillots de bain et qui en exporte vers plusieurs pays européens.
Une réunion ministérielle entre l?ESA et la Commission européenne a lieu dimanche et lundi. Dépendant du résultat de ces discussions, le sous-bloc CMMS va ouvrir les négociations avec l?Europe.
Et face à l?éventualité d?un échec du plan B, Maurice garde une dernière carte en main : un accord commercial bilatéral avec l?Europe.
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