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Deux réseaux de prostitution infantile mis au jour

17 août 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Elle est accusée de proxénétisme et de trafic d?enfants et aurait accepté toutes les charges retenues contre elle, selon les enquêteurs. Corrine Martinette, une habitante de Cité Ste-Claire, à Goodlands, avait été arrêtée mardi. Au cours de l?enquête, deux nouveaux réseaux de prostitution infantile ont été mis au jour.

Plusieurs endroits, dans la région Nord du pays, ont été ciblés par la brigade des mineurs. Des enquêtes sont en cours pour mettre la main sur les cerveaux de ces réseaux. C?est ce qu?a appris l?express du quartier général de la police, aux casernes centrales, à Port-Louis. Des interventions musclées devraient avoir bientôt lieu pour les démanteler.

C?est en début de soirée de mardi que Corrine Martinette a été arrêtée par les hommes de la Division Nord de la brigade des mineurs, sous la supervision du sergent Sameer Hossenee. Plus tôt, le même jour, deux adolescentes avaient été trouvées à son domicile, à Cité Ste-Claire, lors d?un raid de la brigade au cours duquel la suspecte aurait pris la poudre d?escampette. Ces adolescentes habiteraient chez elle depuis deux semaines.

Lors de sa comparution en cour de Mapou, devant le magistrat Azam Neerooa, Corrine Martinette semble relativement calme. C?est à sa sortie du tribunal, en voyant les regards qui se posent sur elle, qu?elle éclate en sanglots.

La police ayant objecté à sa libération, l?habitante de Cité Ste-Claire restera en détention jusqu?à sa prochaine comparution en cour, le 23 août, sous une charge de trafic d?enfants et de proxénétisme. La présumée proxénète aurait avoué qu?elle s?adonnait à ce trafic depuis trois ans, apprend-on de sources policières.

Selon celles-ci, le mode opératoire serait rodé car plusieurs filles auraient habité chez elle. Corrine Martinette rencontrait celles-ci dans les centres de détention, puis leur promettait de les recevoir chez elle, ajoutant qu?elles seraient bien traitées.

Des ébats sexuels contre Rs 1 000

Ces mêmes sources policières laissent comprendre que Corrine Martinette ne forçait pas tout de suite les filles vivant sous son toit à se prostituer. Au début, elle ne leur demandait rien, mais leur offrait un lit où dormir et à manger. C?est après quelques jours qu?elle demande aux filles de contribuer financièrement au ménage. Elle leur aurait proposé de travailler pour elle. Les ébats sexuels coûteraient aux clients entre Rs 1 000 et Rs 2 000 et les filles recevraient entre Rs 50 et Rs 300 de leur proxénète.

Les deux adolescentes qui étaient au domicile de Corrine Martinette ont été conduites dans un shelter d?Albion après leur interrogatoire mardi, en présence des membres de la Child Protection Unit. Elles ont été examinées hier par le médecin légiste, Sudesh Kumar Gungadin, principal police medical officer. Des prélèvements ont été faits sur les deux adolescentes aux fins d?analyse. Les deux filles passeront aussi des tests sanguins dans les jours à venir.

Ces deux jeunes filles n?auraient pas eu de rapports protégés durant leur séjour chez Corrine Martinette. Plusieurs mineures, ainsi que quelques femmes, feraient partie de ce réseau de prostitution.

Les transactions, qui, selon nos sources, se déroulaient de jour comme de nuit, auraient eu lieu dans la maison de Corrine Martinette, dans une petite chambre, à l?arrière de la maisonnette. Alors que la présumée proxénète se trouvait dans une pièce voisine.

Lors du raid au domicile de Corrine Martinette, les hommes du sergent Hossenee étaient en fait à la recherche d?une jeune fille, âgée de 16 ans, qui avait fugué de chez ses parents depuis plus d?un mois. La jeune fille, qui habiterait Eau-Coulée, dans la région de Curepipe, aurait fait partie de ce réseau de prostitution infantile. Elle n?était cependant pas présente sur les lieux lors de l?intervention policière de mardi. La police la recherche activement.

Vincent POTAGE

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