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Panique à Mahamasina

17 août 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

On a frôlé la catastrophe, mercredi, lors des demi-finales de basket-ball. Après avoir forcé les grilles d?entrée, des milliers de supporters ont pris d?assaut les tribunes du Palais des sports de Mahamasina, à Antananarivo. Etouffées sous la pression des spectateurs, plusieurs personnes ont dû être évacuées avant que tout ne rentre finalement dans l?ordre.

Autant que le football, le tournoi de basket-ball suscite un incroyable engouement depuis le début des Jeux des îles. Mercredi, la ferveur populaire a viré à l?émeute aux abords du Palais des sports de Mahamasina, obligeant l?armée à employer la manière forte pour rétablir l?ordre.

Plusieurs heures avant les demi-finales, des milliers de personnes faisaient déjà le pied de grue devant les grilles d?entrée du stade municipal. Une foule, à ce moment-là patiente et disciplinée, étirée sur des centaines de mètres sur les trottoirs qui bordent la plus belle enceinte sportive de la capitale malgache.

Mais une demi-heure avant le coup d?envoi de la rencontre féminine Réunion - Seychelles, le ton monte à l?extérieur du stade car les portes tardent à s?ouvrir. Les grilles d?entrée, malmenées, finissent par céder sous le poids des centaines de supporters mécontents qui s?engouffrent alors à l?intérieur du site. Ça court dans tous les sens. Débordés, les militaires matraquent à tours de bras tout ce qui passe.

Quand les hommes en treillis parviennent à bloquer les accès à la cour intérieure, les tribunes du somptueux Palais des sports d?Antananarivo sont déjà prises d?assaut par la foule. Il n?y a bientôt plus une place de libre. Et ça continue à entrer, malgré le filtrage draconien.

Officiels, membres des délégations et journalistes ont toutes les peines à passer.

Dans les couloirs du gymnase, les membres de la sécurité sont sur les dents, talkie-walkie à l?oreille. Ambiance électrique. Environ cinq cents personnes sont postées devant l?entrée réservée aux VIP. Face à eux, un cordon de militaires, armés de longues battes en bois. Dehors, ils sont encore des milliers sur le trottoir à espérer voir le match.

?Sécurité, sécurité !?

Dans les tribunes, l?ambiance devient étouffante. Les six tunnels d?accès aux gradins ne forment plus qu?un magma informe de corps agglutinés d?où sortent de véritables grappes humaines soulevées du sol par la pression des nombreux spectateurs qui cherchent encore à entrer. Devant nous, un confrère de la télé seychelloise s?emporte : ?Pourquoi vendre plus de billets qu?il n?y a de places dans le stade ? On ne peut plus jouer dans ces conditions. On rentre chez nous !?

Le match a commencé. Mais les yeux sont rivés sur ce qui se passe au-dessus. Dans les gradins, les mouvements de foule et bousculades s?intensifient. Des gens tombent. D?autres se retrouvent compressés contre les balustrades qui surplombent le terrain.

Trop peu fourni, le service de sécurité est dépassé. Un jeune homme, inanimé, est évacué. Mahamasina est au bord de l?implosion. Au micro, le speaker annonce : un véhicule obstrue la sortie du car de la TVM. C?en est grotesque face à ce qui est en train de se dérouler.

?Sécurité, sécurité !?. Le public est pris de panique. Une autre personne, sans connaissance, est transportée vers les vestiaires, une femme cette fois. Par groupes de deux ou trois, des spectateurs tentent alors de franchir les barres de fer qui séparent les tribunes de l?espace réservé aux délégations et à la presse. Certains passent à travers les mailles du filet. D?autres sont refoulés sans ménagement. Une jeune fille implore un vigile de la laisser passer. Vaine supplique.

Un miracle

Les portillons d?accès plient. La rumeur monte que le deuxième match de la journée va être annulé. Mais sur le terrain, la partie se déroule comme si de rien n?était. Il est évident que si les gens continuent ainsi à affluer dans les gradins, la catastrophe ne pourra être évitée. Heureusement, l?étau se desserre. Devant le danger, le service de sécurité autorise plusieurs centaines de spectateurs à aller s?asseoir derrière les panneaux, à quelques mètres seulement du terrain où Réunionnaises et Seychelloises se disputent une place en finale.

De place, il n?en reste plus une dans le gymnase, si ce n?est sur l?aire de jeu. Comme par miracle ? un de plus dans ces Jeux ? le tumulte s?est interrompu. La vague humaine a été endiguée. Les partenaires d?Evelyne Fari ont gagné. Elles joueront la finale contre des basketteuses malgaches, poussées par tout un peuple. Combien seront-ils demain à se ruer aux portes de Mahamasina dans l?espoir de rentrer ? On n?ose même pas y penser.

J-F ROUX-FOUILLET Le Quotidien de la Réunion

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