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Irresponsable et dangereux

29 juillet 2007, 00:00

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On ne s?explique pas la pauvreté du récent rapport sur le secteur hôtelier de la Commission pour la Démocratisation, qui existe depuis deux ans. Ce rapport est fondé sur une analyse qui détourne du vrai et qui fait tomber dans l?erreur. Ses recommandations sont irresponsables et dangereuses. Il y a péril en la demeure !

Aujourd?hui, l?enjeu n?est pas de transformer le pays en laboratoire pour assouvir des « fantasmes idéologiques ». L?heure n?est pas aux impostures idéologiques pétries de ranc?urs et de rancunes historiques au service d?une conception de la démocratisation où il n?y aura que la misère à partager. Cessons d?empoisonner le débat !

Plus que jamais, l?heure est à la mobilisation de toutes les énergies, compétences et volontés pour soutenir les initiatives concrètes prises. Un nouveau modèle de développement est à cons-truire dans le cadre d?un projet de réforme innovant et ambitieux, dont les axes ont été définis et les orientations tracées depuis maintenant deux ans. Soutenons ceux qui mettent le c?ur à l?ouvrage pour réussir dans la voie difficile, mais nécessaire, de la réforme.

La réforme enclenchée vise à relever les défis de la mondialisation tout en veillant à ce que tous les citoyens mauriciens puissent saisir les nouvelles opportunités qui s?offrent au pays. La priorité des priorités est la création de richesses et d?emplois productifs, qui passe par la consolidation des entreprises existantes et l?émergence de nouvelles qui soient performantes.

La condition sine qua non pour cela est un climat de confiance pour tous les investisseurs sans distinction aucune. Philippe A. Forget et d?autres ont bien analysé tout le mal que ce rapport peut faire aux efforts actuels pour redresser l?économie nationale.

On commence à en récolter les premiers fruits mais tout est encore fragile. Pour réussir, il nous faut être plus nombreux à mettre la main à la pâte pour ?uvrer dans le sens d?un développement inté-gré axé sur la formation-employabilité du travail, la création d?entreprises, d?espaces productifs, de villages touristiques, etc. L?« Empowerment Programme » et certaines grandes entreprises du secteur privé sont en train de multiplier des initiatives dans ce sens afin de jeter les bases d?un processus de démocratisation responsable, efficace et pragmatique.

Au lieu d?inscrire son action dans les déclinaisons de cette dynamique nouvelle de développement, la Commission propose des « solutions » qui relèvent de l?imposture. Il y a trois explications possibles à cela : une méconnaissance totale des réalités du fonctionnement du secteur hôtelier mauricien dans l?environnement globalisé ; un ethno-populisme qui ne veut pas dire son nom et maquillé par un argumentaire séducteur ; un exercice livresque et simpliste, nourri de bonnes intentions soit, mais sans fondement ni utilité pratiques.

Aucune des critiques et des recommandations faites ne résiste aux faits du fonctionnement du secteur et aux réalités du tourisme international. Que ce soit sur la politique des ressources humaines et la place des Mauriciens à des postes de responsabilité, sur la diversification de l?actionnariat, sur la politique d?« outsour-cing » qui est réduite à une affaire de profil sociologique, sur la nécessité de combattre la formule « all inclusive » ou encore au sujet d?un « impôt » additionnel à prélever sur les hôtels du fait qu?ils exploitent les pas géométriques ? patrimoine national ?, le rapport a presque tout faux. On peut sans grande difficulté en faire la démonstration.

Toute entreprise qui veut opérer et prospérer dans le monde d?aujourd?hui doit être à l?écoute active du marché et des clients. Dans le « maker ? market relation », c?est le marché qui dicte la loi et le producteur doit s?y plier. Dire qu?il faut pénaliser ceux qui pratiquent la formule « all inclusive » alors que c?est ce que veut la majorité des touristes, est une ineptie. Si jamais cette recommandation est retenue, les tour-opérateurs cesseront tout simplement de vendre la destination mauricienne au profit d?autres destinations. Les conséquences seront désastreuses pour le pays qui a fait du secteur hôtelier et touristique le moteur de sa croissance économique.

Il en est de même pour la thèse simpliste et populiste d?une politique de sous-traitance tous azimuts des prestations et des services dans l?hôtellerie. Faire accroire qu?il suffit d?en finir avec la pratique des chasses gardées ? qu?il faudrait par ailleurs relativiser ? pour élargir le nombre de bénéficiaires de la manne touristique sans insister sur la nécessité d?une culture de la qualité, relève de l?irresponsabilité envers les potentiels bénéficiaires. Le rêve pour eux risquerait de se transformer rapidement en cauchemar.

Toutes celles et ceux qui ont à c?ur l?avenir du pays ont le devoir de dire de manière forte à la Commission : « Halte là ! ». L?enfer étant pavé de bonnes intentions, choisissons de construire un avenir commun de manière intelligente avec un sens aigu de l?effort et de la rigueur. Et vivement un processus de démocratisation qui ne soit pas qu?une dangereuse chimère.

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