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Passez à autre chose

29 juillet 2007, 00:00

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Cela faisait longtemps que le leader de l?opposition n?était pas tombé sur un aussi beau morceau. Sa « Private Notice Question » sur les universités tertiaires de mardi dernier à l?Assemblée nationale a vite tourné au réquisitoire contre la « Tertiary Education Commission » (TEC) et l?« EIILM University » d?Ébène. Bien documenté, mais s?emmêlant parfois dans les textes qu?il citait, le chef de l?opposition n?en a pas moins été percutant. En face d?un ministre de l?Éducation tantôt sur la défensive et même parfois un peu largué.

On espère toutefois que la sortie réussie et plutôt concertée ? de l?opposition sur cette affaire n?est pas dictée par le seul objectif de s?attaquer à des promoteurs ayant le malheur de porter le même patronyme qu?un ministre. Mais plutôt de dénoncer l?approximation au sein d?une institution, comme la TEC, qui de par ses hautes responsabilités, doit pouvoir faire preuve de la plus grande rigueur dans ses décisions.

Ceci dit, il faut toutefois rappeler à l?opposition qu?il va bientôt lui falloir passer à d?autres dossiers autrement brûlants. L?os à moelle qu?elle a trouvé est certes appétissant, toutefois elle serait mal inspirée de passer tout son temps et son énergie à le ronger. Si l?opposition veut rendre service au pays et adresser une série de « wake-up calls » au gouvernement, elle ferait tout aussi bien de s?intéresser à l?état de décrépitude avancée dans lequel sombrent plusieurs de nos institutions.

N?en déplaise au Premier ministre, la cohérence au sein de nos institutions publiques et parapubliques n?est pas « bann ti zaffaire. » On aborde bien là une question d?intérêt national. On gagnerait donc à s?intéresser à ces présidents de conseils d?administration ? nous en connaissons au moins deux ? qui en viennent aux mains avec leurs directeurs. Et qui projettent du même coup une image exécrable auprès de leurs interlocuteurs locaux et étrangers.

On gagnerait également à s?intéresser au cas du ministre Etienne Sinatambou, à qui le Premier ministre aurait demandé de suspendre les réunions de conseils d?administration des institutions dépendant de son ministère. Une situation qui inquiète et rend mal à l?aise les professionnels des technologies de l?information et de la communication (Tic). Comme ce collaborateur du ministre qui demande qu?on crève l?abcès afin que la sérénité revienne enfin entre les différents partenaires des Tics. Pour que la tant espérée stratégie nationale sur les Tics puisse connaître un début d?application.

Mais il faut bien admettre que ces choses n?intéressent pas le grand public. Parlez au citoyen lambda de l?éducation de son gamin, de sa santé, ou de son portefeuille et vous l?intéresserez. Tentez de lui expliquer comment la somnolence et l?indécision qui gagnent nos plus hauts responsables politiques vont finir par ralentir un cycle de développement bien enclenché? il regardera probablement ailleurs.

Malheureusement, l?opposition pourrait être dans cette logique. Elle ne cherche pas nécessairement à acculer et contrer le gouvernement sur des enjeux fondamentaux. Mais elle veut surtout faire de l?audimat en s?attaquant à des dossiers qui feront du « buzz ». S?assurer que le dossier université reste dans l?actualité, c?est se garantir une présence quotidienne dans les journaux et les radios. C?est exister ! Tant pis si ce qui se passe ? de tout aussi important dans les bureaux feutrés d?organismes parapublics n?intéresse pas davantage nos députés de l?opposition.

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