Publicité

Les jeunes s?inventent un autre univers

27 juillet 2007, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

«Auparavant, on comptait sur les fêtes entre amis ou les rares sorties en discothèque pour s?amuser. Aujourd?hui, avec les DJ étrangers, on a le bon prétexte pour s?amuser hors des sentiers battus», confie Anabelle J., 17 ans et collégienne à Curepipe. Comme elle, ils sont nombreux les jeunes qui ont trouvé le bon filon entre les rave parties tant décriées et les sorties bon enfant et traditionnelles, voire ringardes, pour les plus blasés et les plus à l?affût d?expériences nouvelles.

«C?est vrai que les discothèques souffrent quelque peu de ces nouvelles pratiques et nouveaux modes de sortie nocturne. Mais, en même temps, elles en profitent du fait qu?il y a ce désir de sortir et vivre sainement de la nuit. Je ne pense pas que nous ayons à nous plaindre», explique un propriétaire de boîte de nuit qui ne veut pas s?alarmer du nouveau phénomène.

Pour les jeunes, l?interprétation des choses est différente. Enfin ils ont l?occasion de témoigner live de nouvelles formes musicales exécutées par des professionnels. «On a rarement la possibilité de voir sur scène des professionnels internationaux de ce type de musique. Aujourd?hui, c?est plus courant et c?est tant mieux», affirme, en ce sens, Michael,16 ans et collégien à Beau-Bassin. «C?est une musique différente et plus rythmée. A la différence des musiques populaires des boîtes de nuit, on est ici en contact d?autres sonorités qui sont davantage de notre temps», enchaîne son ami du même âge, Vikash.

Les explications ne manquent pas chez ces amateurs de la musique électronique, entre autres. Les jeunes, on le sait, ont toujours tendance à se ruer vers ce qui est nouveau et tendance. «C?est une nouvelle culture musicale et, comme c?est l?innovation qui séduit en musique, il ne faut pas s?étonner qu?on s?y accroche», assure, à cet effet, Stéphanie, collégienne de 15 ans. A l?instar des autres, elle aime ces espaces musicaux qui se convertissent rapidement en espace de rencontres. «Le style qu?ils proposent est intéressant. C?est une découverte pour nous. Une autre manière d?expérimenter le nightlife. Sur la mappemonde, nous ne sommes qu?un petit point. C?est bon, de temps à autre, de ne pas se sentir exclus et de ne pas s?enfermer dans l?étroitesse de notre île, loin de tous», poursuit la jeune fille. Elle regrette cependant que le billet d?accès soit quelque peu élevé.

<B>Générosité des amis</B>

Où alors ces jeunes trouvent-ils de l?argent pour se rendre à ce type de «concerts». Sans un moment d?hésitation, Stéphanie affirme que l?argent lui est fourni par ses parents. Mais ce n?est pas le cas de tout le monde. «Il faut souvent puiser de son argent de poche. Cela implique qu?il faut économiser en fonction de ces sorties. Autrement, la générosité des amis peut aider», soutient Pierre, 19 ans et inscrit dans une école professionnelle. L?un de ses amis laisse entendre qu?il faut aussi savoir faire preuve d?ingéniosité et identifier des «moyens détournés» sans s?aventurer à nous confier lesquels.

<B>Comportements a problemes</B>

Et qu?en pensent les parents? Hormis une mère de famille qui ne cache pas qu?elle sent profondément le désir de «participer» et de sortir avec sa fille, les autres parents rencontrés se montrent plus sceptiques. Il y a la méfiance première. Celle de ne pas avoir son enfant près de soi pour pouvoir le «contrôler et le surveiller». «Le nightlife inspire aujourd?hui un sentiment de rejet. Il y a tant d?insécurité, tant de déviances au sein de la société qu?on n?est jamais en paix lorsque ses enfants sortent la nuit», témoigne un père de famille, enseignant dans un collège du sud de l?île. «L?important est de poser des limites car autrement, les jeunes risquent de basculer dans des dérives. Tout comme les années yé-yé, les années reggae ou pop, chaque époque véhicule des pratiques. Il faut désormais équiper nos jeunes pour qu?ils rejettent les drogues comme l?ecstasy», affirme, pour sa part, le père d?une adolescente.

«On peut difficilement nous sortir de la tête que ces soirées-là ne se terminent pas en drogue, sexe et alcool. Mais, en même temps, il faut trouver la juste mesure pour ne pas antagoniser ses rapports avec ses enfants. On a beau dire qu?on a bien préparé ses enfants pour qu?ils fassent la part des choses, pour qu?ils rejettent les mauvaises influences mais on ne peut jamais être sûr de leurs réactions lorsqu?ils sont soumis à la pression d?autres jeunes qui sont portés vers des comportements à problèmes ou qui sont là pour essayer d?arnaquer des jeunes qu?ils jugeraient naïfs», s'appesantit un autre père de famille, employé de banque.

Le nightlife a toujours posé des problèmes aux parents. Aujourd?hui, ils sont davantage méfiants d?un univers musical qu?ils ne connaissent pas. Sans doute, chaque jeunesse a ses références. La précédente n?est pas meilleure que la suivante et vice-versa. Mais le décalage s?agrandit entre une jeunesse qui vit l?heure des technologies nouvelles et des expressions musicales nouvelles et une classe d?adultes qui ne sait plus comment conjuguer discipline et ouverture d?esprit.

<B>Musiques électroniques</B>

Musiques assistées d?ordinateurs, les sonorités électroniques sont à la mode depuis seulement quelques années. La house et la dance, qui participent de ces musiques, sont subdivisées en une multitude de catégories qui apparaissent et disparaissent au gré des modes. D?autres existent pour définir un style, ou une provenance particulière. L?electro pop existe grâce aux machines servant à composer des musiques électroniques (techno, jungle, house). Celles-ci sont venus rencontrer la musique pop et ont donc fait éclore l?electro pop. Dans les années 80, puis 90, les musiques électroniques ont pris possession de la pop, créant ainsi de véritables chansons orchestrées grâce à des machines, et non plus uniquement faites d?instruments acoustiques. L?Electro House est, lui, un genre musical, en vogue depuis 2005.

Publicité