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Socota tisse son réseau dans la région

27 juillet 2007, 00:00

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Le domaine du textile retrouve une deuxième jeunesse. Socota Textile Mills Ltd, entreprise se spécialisant dans la filature, la teinturerie et le tissage, illustre cette vitalité. Rajesh Jeetah, ministre de l?Industrie a, hier matin, visité les locaux de Socota à Phoenix dans le cadre de ses visites mensuelles en entreprise.

?Effectivement la confiance est revenue, les clients sont là. Ils reviennent vers Maurice et Madagascar?, souligne Olivier Stekelorom, directeur général de Socota. Pour lui, ce regain de confiance ne touche pas seulement Maurice mais surtout la région Maurice-Madagascar. Socota a elle-même connu une croissance de 20 % en 2006. Le groupe Socota, incluant la filiale de Madagascar, a un chiffre d?affaires de $ 65 millions, soit environ Rs 2,5 milliards.

Socota a bénéficié d?un regain d?intérêt au niveau des acheteurs. ?Depuis un an, on sent, je crois, que les centrales d?achat européennes et américaines prennent conscience du risque d?avoir toute leur production en Chine?, explique Olivier Stekelorom. Il attribue ce changement d?attitude à plusieurs facteurs qui touchent la Chine, dont les coûts grimpants de la main-d??uvre et la sous-évaluation de la monnaie locale. Il souligne, par contre, les attraits de la région. ?La stabilité politique à Maurice et à Madagascar, la politique volontariste du gouvernement, la présence des grandes banques, les infrastructures en bon état, l?électricité de bonne qualité et à un prix compétitif, l?épuration et la main-d??uvre? sont les facteurs qu?Olivier Stekelorom identifie comme forces du textile mauricien et malgache.

Lancé en 1989, Socota emploie aujourd?hui un total de 3 500 personnes à Maurice ainsi que dans sa filiale malgache qui porte le nom de Cotona ? La Cotonnière d?Antsirabe. La branche mauricienne compte 500 employés dont la majorité sont des Mauriciens. ?Nous avons quatre ouvriers indiens, huit ouvrières chinoises et 120 employés malgaches?, explique Rama Narayya, human resource manager de Socota. D?ici début 2008, la compagnie prévoit aussi d?employer 25 personnes additionnelles et ce, à plusieurs niveaux.

<B>Commerce équitable</B>

Socota est aussi impliquée dans un projet de commerce équitable. ?Le commerce équitable avait commencé avec le café. Il consiste à offrir aux producteurs un prix d?achat pour leur production, indépendant du prix mondial?, résume Olivier Stekelorom. Socota participe à un projet de commerce équitable qui implique plusieurs pays africains, dont le Mali et le Burkina Faso.

L?entreprise achète du coton de producteurs africains à un prix supérieur de 70 % à 80 %, à celui du prix mondial. Ce prix d?achat est alors répercuté jusqu?au prix de vente du produit fini. ?Le consommateur européen est prêt à payer un produit un peu plus cher s?il a la garantie que son produit provient du commerce équitable?, affirme Olivier Stekelorom.

Le commerce équitable est non seulement un projet social mais aussi un projet d?ordre environnemental. ?La culture en Afrique est une culture pluviale qui s?inscrit dans le développement durable?, rappelle Olivier Stekelorom. Socota s?investit sur une échelle importante, dans le commerce équitable. Des 8 millions de mètres de tissus produits annuellement par l?usine, 1 million de mètres sont issus du commerce équitable.

Socota fêtera bientôt son vingtième anniversaire, malgré les temps durs qu?a connus le textile. ?On a toujours été prudents dans nos investissements. On a travaillé selon des notions de rendement, d?efficience et de réponses aux demandes du marché. C?est le marché qui a dicté notre évolution?, soutient Olivier Stekelorom. Socota prévoit maintenant d?accroître sa production dans un proche avenir. Elle compte augmenter sa production annuelle de 8 millions à 10 millions de mètres, sur les trois prochaines années. Socota a, à cet effet, un plan d?investissement de Rs 200 millions. La compagnie, qui a, à ce jour produit principalement du tissu destiné à des vêtements pour hommes, se tourne aussi de plus en plus vers la mode féminine. ?Le vêtement féminin, c?est quelque chose qu?on est train de développer?, commente Olivier Stekelorom.

STATISTIQUES

<B>Croissance dans le textile et l?habillement</B>

■ Le secteur du textile et de l?habillement a connu une importante croissance cette année. C?est ce qu?a annoncé hier, le ministre de l?Industrie, lors de sa visite de l?usine Socota. ?Durant les trois premiers mois de cette année, le secteur a connu une croissance de 28 %, et en avril il a aussi eu une croissance de plus de 25 %?, soutient Rajesh Jeetah. Il y a aussi eu, cette année, une croissance des différents marchés vers lesquels sont exportés les produits textiles. Ainsi, le marché des Etats-Unis a connu une croissance de 39 %, celui de l?Angleterre 40 %, le marché français 11 %, l?Allemagne 72 %, et, l?Afrique du Sud 32 %. D?importants investissements ont aussi été faits dans le secteur textile et habillement. ?Cette année, ce secteur a connu de gros investissements, notamment de Rs 5,5 milliards?, soutient Rajesh Jeetah.

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