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Triste 14 juillet pour Ghislaine Vandeputte

15 juillet 2007, 00:00

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Ghislaine Vandeputte est menacée d?expulsion pour la deuxième fois, après avoir été mariée pendant cinq ans et demi à un Mauricien. De nationalité française, elle aura 76 ans le 30 juillet. L?express-dimanche faisait état de ses déboires en août 2006, lorsque le bureau du Premier ministre l?avait informée, qu?en vertu de l?article 6 (1) de l?Immigration Act, elle était désormais privée de son statut de résidente et devait plier bagage le même mois.

Cette fois, la menace se précise. Une deuxième lettre, en date du 12 juillet l?informe qu?elle devra quitter le pays au plus tard le 27 juillet, « un beau cadeau d?anniversaire », ironise la vieille dame en lisant la missive fatidique : « You are now deemed to be a prohibited immigrant for the purposes of the Immigration and Deportation Acts and you are according-ly requested to make arrangements to leave the country within a fortnight from the date of this notice. »

Dans les salons d?un hôtel de la capitale, on est face à une femme qui, même pour une septuagénaire, a une allure peu conforme : cheveux courts, robe tailleur, chaussettes et tangas (sandalettes en plastique). Un look qui s?accorde, ou presque, à une vie de retraitée passée sous le soleil de Grand-Baie où elle est « entourée de gentillesse » et où tout le monde la connaît.

Pendant un peu plus de cinq ans donc, Ghislaine Vandeputte a habité dans ce village réputé pour être un haut lieu touristique. « Je vis ici tranquillement et j?aime Maurice. C?est un vrai tour de cochon qu?on me fait là ! », s?exclame-t-elle. Désespérée elle l?est, mais elle n?a pas pour autant perdu cette parole très directe, caustique, voire parfois carrément insolente.

Employée pendant dix ans aux Nations unies à Genève, elle ne comprend pas l?acharnement des autorités. « J?ai soumis ma demande pour obtenir le statut de résidente permanente en novembre 2005, mais elle est restée lettre morte. J?ai un dossier irréprochable, et je dépense 16 000 euros par an à Maurice, sans compter que j?emploie une femme de ménage. Je crois que je contribue à l?économie du pays et voilà comment on me traite. »

Ghislaine Vandeputte n?a pas sa langue dans la poche et elle n?aime surtout pas se sentir piétinée. Donc, elle multiplie des démarches pour qu?on répare cette injustice sans l?aide d?hommes de loi, car elle n?en a pas les moyens.

Ainsi, hier, le 14 juillet, à son retour au palais de l?Élysée après avoir assisté au traditionnel défilé des militaires, le président de la République française, Nicolas Sarkozy, a peut-être trouvé une lettre sur son bureau. Celle de Mme Vandeputte le priant, à demi-mot, d?intervenir en sa faveur. Hier encore, elle projetait de se rendre à la réception offerte par l?ambassade de France à l?occasion de la fête nationale pour « toucher un mot à Monsieur l?ambassadeur ».

<B>Elle remettra une lettre au Premier ministre</B>

La Commission des droits de l?homme a aussi été informée. Et demain, elle remettra une lettre au Premier ministre Navin Ramgoolam, où elle lui présentera une requête des plus touchantes : « I think that you should give me my residential permit as a marvellous gift and I would like to ask for the Mauritian nationality. » Au cas où cela lui serait encore refusé, la ressortissante française demande qu?on lui accorde le droit de rester à Maurice jusqu?au 31 décembre, car elle doit recevoir la visite de son fils, de son épouse et de leur enfant qu?elle n?a jamais vu.

Sa rencontre avec son mari, Ahmed Hussein Deebeely, remonte à 2002 au Banana Café. Lui, a 37 ans et est chauffeur de taxi, alors qu?elle est une touriste de 70 ans qui connaît le pays depuis trois ans. Ils se marient civilement et choisissent Grand-Baie pour créer leur nid d?amour. Mais le couple bat bientôt de l?aile. Ils se séparent, mais restent mariés. Chacun refait sa vie.

L?avocat Jean-Claude Bibi explique que la délivrance d?un permis de résidence est à la discrétion absolue du Premier ministre.

« Il est indispensable que cette dame soit défendue par un avocat pour contester la décision en Cour suprême. Étant mariée à un Mauricien, elle a le droit de résider ici sous certaines conditions. »

En attendant, Ghislaine Vandeputte fomente de nouveaux desseins au cas où sa retraite dorée à Maurice tirerait à sa fin. Avec son nouveau compagnon, elle projetterait de poser ses bagages sur la Grande île, avant la date butoir du 27 juillet.

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