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?Réfléchir à une nouvelle stratégie de développement industrielle?

4 juillet 2007, 00:00

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Quelle est votre évaluation du secteur manufacturier ?

Le secteur manufacturier connaît un bon rétablissement. Il est en phase de consolidation et d?expansion. Nous sommes dans la deuxième année de la restructuration et de la relance de ce secteur. D?une part les mesures du budget 2006-2007, et d?autre part, le partenariat stratégique d?Enterprise Mauritius (EM), du ministre de l?Industrie, et des entreprises privées donnent des résultats probants. Les projets que nous avons engagés, feront voir des résultats conséquents durant cette année 2007.

Pourquoi autant d?optimisme de votre part ?

Le ministre Sithanen est venu, dans le budget 2007?2008, réaffirmer la confiance du gouvernement dans le secteur manufacturier et apporte un soutien réel. Il a indiqué qu?il faut passer à un palier supérieur, à savoir consolider les acquis, et poursuivre les projets de croissance dans le secteur textile, continuer la restructuration des secteurs non textiles, notamment de l?ameublement, de la bijouterie et de l?ingénierie légère et les réorienter vers l?exportation. Le ministre des Finances a aussi appelé à porter notre attention sur l?expansion du secteur alimentaire et agro-industriel, compétitive tant pour les besoins du marché local que pour l?exportation.

Nous sommes aussi, cette année, interpellés par la nécessité de réfléchir à deux questions. La première, c?est comment accroître les exportations de produits industriels, et deuxièmement quels sont les nouveaux créneaux que nous devons développer pour que le secteur manufacturier contribue à 25 % du produit national brut (PNB).

Un budget de Rs 40 millions suffira-t-il pour répondre à vos besoins ?

Evidemment nous aurions souhaité à EM avoir autant que le tourisme pour la promotion des exportations et le soutien aux entreprises, mais dans sa sagesse et dans la mesure de ses contraintes, le ministre des Finances a donné ce qu?il pouvait. Il faut savoir que les Rs 40 millions représentent en fait Rs 60 millions de projets. Il y a les financements de l?Empowerment Programme pour des projets concernant les petites et moyennes entreprises. Il est fort probable aussi que l?Agence française de développement financera des projets d? EM. Le soutien le plus important du budget est la décision de donner un répit d?un an dans la libéralisation de la compétition des importations en ne réduisant pas les tarifs douaniers comme c?était programmé l?année dernière.

Les entreprises ont douze mois pour renforcer leurs capacités. A EM et les partenaires privés de savoir comment assurer des résultats optimaux pour les montants engagés.

Mais il y a le sentiment qu?EM n?est qu?un instrument pour la participation dans les foires ?

Ceux qui croient que tel est le cas se trompent. Les résultats devront se mesurer sur trois critères : tout d?abord, dans quelle mesure les entreprises et les sous secteurs renforcent leurs capacités à tenir tête à la compétition des produits importés. Deuxièmement, dans quelle mesure les produits de ces entreprises sont capables de s?exporter. Troisièmement, dans quelle mesure nous allons pouvoir aider à reprendre des parts du marché à l?exportation et à ouvrir de nouveaux marchés. Et finalement, notre capacité à définir de nouveaux créneaux d?activités notamment pour les High Potential Entrepreneurs, et ainsi contribuer à la croissance de notre production par au moins Rs 20 milliards et nos exportations domestiques par au moins autant.

Mauritius For Africa (MFA) n?a pas eu le succès de la première édition ?

Une foire comme la MFA se construit dans le temps. MFA est en compétition avec beaucoup de foires dans le monde. Certains tant chez EM que dans le secteur privé sont encore dans un ancien modèle, un schéma dépassé. Ils ne comprennent pas tout l?effort et les ressources qu?il faut mettre pour imposer Maurice comme une plate-forme d?approvisionnement pour toute la région. Mais quoi qu?il en soit, la récolte a été presque aussi bonne que l?année dernière en matière de commandes concrétisées. La MFA est un élément important de notre stratégie, mais ce n?est pas le seul outil de conquête du marché régional. Les chiffres nous imposent les actions des semaines à venir.

Et quelles sont ces actions ?

Nous devons mettre tous nos efforts à reprendre les Rs 69 millions d?exportations que nous avons perdues au Kenya de 2005 à 2006, les Rs 40 millions perdues en Tanzanie, les Rs 56 millions au Mozambique, et évidemment prendre plus que ça ! Il faudra une série d?actions et évidemment la mise en place des Mauritius Trading House (MTH).

Mais quand ces ?Trading Houses? vont?elles se concrétiser ?

Il a fallu forcer la réticence de certains, mais nous arrivons à la concrétisation dans quelques semaines. Il y a eu plusieurs réunions déjà et il a été décidé de fonder la MTH comme une compagnie privée qui devra être profitable en elle-même. La State Investment Corporation, la State Trading Corporation et EM seront les promoteurs. Nous invitons l?Association of Mauritian Manufacturers, la Chambre des PME, la Mauritius Export Association et la Chambre de Commerce et d?Industrie à être également les actionnaires. La MTH devrait être une réalité d?ici quelques semaines et les premiers pays d?installation seront désignés. Mais il est sûr que le Kenya et l?Afrique du Sud seront parmi ceux-là. Chaque MTH sera un bureau de promotion et de marketing direct, une vitrine pour les produits mauriciens et même un entrepôt pour accélérer les ventes.

Et le ?branding? dans tout ça ?

Le branding national contribuera a la visibilité du pays et par conséquence aidera nos entreprises et nos exportations, mais ça c?est l?affaire du comité national sous le ministère du tourisme. Dans les Rs 40 millions que le ministre des Finances nous a alloués, il y a le brand development pour la promotion des marques mauriciennes. Il y a des marques qui se sont développées et d?autres qui pourraient l?être. Il faudra investir pour pousser trois à quatre marques mauriciennes sur les marchés émergents. Ce sera un des éléments dans la stratégie pour 2007.

Quelle est votre stratégie de soutien au développement du secteur manufacturier ?

Nous allons probablement engager une journée de réflexion avec les membres du Board, les cadres seniors, les opérateurs pour bien définir les axes de notre soutien. Le renforcement de l?apport technologique et l?innovation devront être impératifs. Le ministre Jeetah nous a lancé un défi intéressant dans une réunion ? quand, comment et avec quoi le secteur manufacturier pourrait-il exporter Rs 100 milliards ? Soit le double de ce que nous exportons aujourd?hui. C?est peut-être ce à quoi nous devrions réfléchir aujourd?hui pour préparer la stratégie de développement industrielle des prochaines années.

<I> Propos recueillis par</I> Alain BARBE

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