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Ces élections qui laissent un malaise?

3 juillet 2007, 20:00

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Si l?on n?est pas en colère, on est sur la défensive, au Parti travailliste (PTr). Les élections des conseils de districts qui se sont déroulées lundi ont causé beaucoup de dégâts. Il n?y a rien d?étonnant au fait que tous les lobbies n?ont pas porté leurs fruits. Mais qu?à Moka-Flacq, on ait fait fi du mot d?ordre du parti ? à tel point que les ministres Anil Bachoo, Indira Seebun et Dharam Gokhool ont fait un walk-out ? est diversement commenté.

Les ?gagnants? et les ?perdants? sont membres du PTr. Le mot d?ordre vient de l?exécutif du parti, dont le chef est le Premier ministre. Mais les ?perdants? sont catégoriques : ?Ce n?est pas la faute du leader.? Les informations dont nous disposons vont également dans ce sens. Navin Ramgoolam n?a pas souhaité être mêlé aux élections et aurait dit aux aspirants présidents ?get zot zafer?. Les pressions sur le Premier ministre (PM) n?étaient pas subtiles. Le plus fort lobby est probablement venu de Sandhya Boygah, ancienne vice-présidente du conseil de district du Nord. Elle s?est désistée 45 minutes avant les élections de lundi, sur ordre du député Balkissoon Hookoom.

A chaque déplacement du Premier ministre dans les villages du Nord, Sandhya Bhoygah était présente. Sinon, elle se rendait au Parlement avec l?espoir de parler au PM. Sandhya Boygah l?admet ; ?à chaque fois que j?ai eu une occasion de lui parler, je lui ai demandé de ne pas m?oublier?. A samedi, l?ancienne vice-présidente était confiante. Lors d?une sortie du PM à Triolet, elle a demandé des nouvelles. La réponse qu?elle a eue était, selon elle, positive. ?Il m?a dit qu?il y avait une réunion la veille (NdlR vendredi) et qu?une décision allait être prise.?

Excepté que le body language du PM à chacune de ces occasions était clair. Il ne voulait pas être mêlé à ces élections. Mais si tel était le cas pour Navin Ramgoolam, ce n?était pas nécessairement vrai pour les autres députés des différentes circonscriptions. En effet, le lobby viendrait essentiellement d?eux. Cela expliquerait pourquoi malgré le mot d?ordre du parti pour Bojh Ramkurrun à Moka-Flacq, Bob Choolhun a finalement été élu président.

Sur la défensive, Bob Choolhun affirme que ?ce n?est pas une question d?avoir défié le mot d?ordre. C?est juste qu?il est venu trop tard?. S?il n?y a pas de doute qu?effectivement le mot d?ordre est venu ?très tard? ? ce n?est que 45 minutes avant les élections que Bhoygah reçoit l?appel lui demandant de se désister ?, il semble que ce ne soit pas la seule raison du non-respect du mot d?ordre.

<B>?Lobbying fructueux?

Suren Dayal, député de la circonscription n° 8 (Moka-Quartier-Militaire) serait un proche du président sortant Sonalall Seeburrun, qui a soutenu Choolhun. Selon des sources, c?est son lobbying qui aura finalement porté des fruits. ?En l?absence d?un signal fort du PM, les députés se disputent entre eux le choix d?un candidat proche d?eux?, dit un conseiller de village. Bob Choolhun explique la même chose mais différemment. ?C?est très bien d?être choisi par le parti mais il faut quand même gagner le soutien des membres du conseil.? Toujours sur la défensive, il prend le soin d?ajouter ?je suis un membre de l?exécutif du PTr?.

Les chances d?être nommé président de conseil de district n?arrivent que très rarement. Par exemple, sous l?ancien régime, un élu de la circonscription n° 4 (Port-Louis Nord ? Montagne-Longue) était président. Ranjit Woochit, le président sortant vient, lui, du n° 5 (Pamplemousses Triolet). Cette année, l?élu vient de la circonscription n° 7 (Piton ? Rivière du Rempart) parce que, selon Sandhya Bhoygah, on lui avait promis que ce serait elle l?élue. L?an prochain, le président viendra du n° 6 et ainsi de suite. A Moka-Flacq, c?est la même chose : Sonalall Seeburrun, président sortant était de la circonscription n° 8. L?actuel, Bob Choolhun, est du n° 9 (Flacq ? Bon Accueil) et le prochain du n° 10 (Montagne Blanche ? GRSE).

La concurrence est forte pour ces postes d?abord parce que le salaire est attrayant : Rs 25 000 par mois ainsi qu?une voiture de fonction et une allocation d?essence illimitée. Mais au-delà des bénéfices que confère le poste de président du conseil de district, un des attraits, comme l?explique un conseiller, est la fin - temporaire - de l?anonymat qui caractérise la vie du commun des mortels. ?On est invité à des fonctions importantes, on est dans les journaux, bref on devient un notable.?

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