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Démocratie pervertie
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
A chaque élection de président de conseil de district, c?est le même rituel. Les éléphants du parti au pouvoir se mêlent des affaires des administrations régionales. Ce fait suffit à relancer la réflexion sur notre système de démocratie locale. Les instances régionales existent pour que les décisions soient prises avec une plus grande participation des administrés et répondent mieux à leurs besoins. Or, même le choix d?un président d?un conseil de district est déterminé par le gouvernement central.
Lors des élections qui se sont déroulées lundi, il y a eu des ordres et des contre-ordres, tous venant des dirigeants du PTr. La démonstration est faite que ce parti entend maintenir le contrôle qu?il exerce de manière hégémonique sur toutes les structures de la démocratie représentative du pays. Il continuera à peser sur la formulation et l?exécution de la politique des administrations rurales.
Il y a perversion de la démocratie locale. Les évènements de cette semaine devraient nous pousser à prendre conscience de l?urgence de réformer les administrations régionales. Le gouvernement n?a aucun projet spécifique pour l?immédiat mais il peut s?appuyer sur des propositions anciennes aller vite.
En 2003, un nouveau ?Local Government Bill? avait été voté prévoyant notamment le remplacement des quatre conseils de district par sept conseils municipaux. Le principal objectif de la réforme était de donner un statut égal aux villes et aux villages. Avec l?alternance survenue en juillet 2005, le projet a été abandonné. Cette réforme avait des faiblesses ? notamment en maintenant certains contrôles ministériels et en faisant du ?Chief Executive? un relais de l?administration centrale ? mais elle représentait néanmoins une avancée sur le plan de la décentralisation.
Il va de soi que tout futur projet de réforme doit aller dans le sens de l?harmonisation du régime administratif local, c?est-à-dire la municipalisation du pays. Il n?y a pas de raison de distinguer entre les districts et les régions municipales alors que le territoire national s?est complètement urbanisé.
Toute réforme doit, bien entendu, faire la part belle à la décentralisation, étant donné que les élus locaux connaissent mieux les aspirations de leurs électeurs. Il faut prévoir une plus large dévolution des pouvoirs administratifs dans des secteurs allant de l?Education à la Santé en passant par les Transports.
Londres offre un excellent exemple de l?efficacité d?un maire qui dispose d?une grande marge de man?uvre. C?est grâce à un programme de taxation novateur que le maire, Ken Livingstone, a réglé le problème de la congestion routière de sa ville. Ici, les maires n?ont aucun moyen d?agir sur le trafic routier. Le maire de Port-Louis ne peut même pas décider du montant de ses allocations d?essence sans consulter le ministre de tutelle?
Notre système d?administration régionale reste largement calqué sur le modèle anglo-saxon. Du moins, sur celui qui avait cours en Angleterre au moyen âge.
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