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Débat en Turquie sur le voile de la future Première dame, Burak Akinci

27 avril 2007, 00:00

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La Turquie est de nouveau profondément divisée sur le délicat sujet du foulard islamique dans la perspective du port par la prochaine Première dame du pays de ce symbole de l’islam politique pour lequel elle a milité aux côtés de son époux.

Hayrünisa Gül, 42 ans, mariée depuis 27 ans à Abdullah Gül, très certainement le futur chef de l’État turc, porte depuis son jeune âge le voile qu’elle n’a jamais enlevé en public. Et au-delà, elle a été la première femme voilée du pays à saisir la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), alors que son mari était ministre des Affaires étrangères, parce qu’elle s’est vu interdire l’accès à l’université en raison de son foulard.

La procédure qui a provoqué une controverse dans le pays a finalement été abandonnée en 2004 après que la Cour de Strasbourg eut débouté une jeune Turque voilée qui contestait l’interdiction strictement appliquée en Turquie du port du foulard dans la fonction publique et dans l’enseignement supérieur.

Le couple Gül a une fille, Kübra, âgée de 21 ans, qui est également voilée et porte une perruque à l’université pour contourner cette interdiction que le parti de la Justice et du Développement (AKP) n’a pas réussi à assouplir depuis son arrivée au pouvoir en 2002 en raison de la vive opposition de la hiérarchie favorable à la laïcité.

Le voile, une caractéristique identitaire forte chez les électeurs de base du parti au pouvoir, le parti de l’AKP, (issu de la mouvance islamiste), irrite les laïcs et cristallise beaucoup de passions et polémiques. Le débat est de longue date engagé sur la question : est-ce qu’un homme dont l’épouse porte le voile islamique peut prétendre au plus haut poste administratif d’un État laïque ?

Le respect d’un choix personnel</B>

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, dont l’épouse, Emine, est également voilée, a renoncé à se présenter à l’élection présidentielle, mais son choix, qui s’est porté sur son bras droit, n’a pas réduit l’intensité de la polémique. Interrogé par les journalistes après sa nomination, M. Gül a demandé que l’on respecte “un choix personnel” de sa femme, mais la presse laïque n’est pas du tout du même avis.

“On s’attend à ce que l’on accepte une femme qui emmène son militantisme islamiste à la tête de l’État. Pas question”, a déclaré Tuncay Özkan sur la chaîne de télévision privée kémaliste, Kanaltürk. Pour l’éditorialiste du journal à gros tirage Hürriyet, le foulard au palais présidentiel représentera un “retour en arrière” par rapport aux réformes vestimentaires mises en oeuvre dans les années 1920 par le père fondateur de la Turquie, Mustafa Kemal Atatürk, qui décourageaient les femmes de porter le voile et interdisaient aux hommes le port du fez et du turban.

“Il ne s’agit pas d’un choix personnel”, a affirmé Mehmet Yilmaz, qui a estimé que le fait que la Première dame du pays porte ce symbole religieux donnera “une légitimité” au voile “qui sera perçu comme quelque chose de normal”.

Le chef de l’État étant également le commandant en chef des forces armées turques, il est en outre difficile de concevoir un commandant suprême dont la femme est voilée alors que le foulard est interdit aux épouses des officiers de l’armée, qui se considère comme la gardienne des principes séculiers.

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