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Sexe, viol et consentement
par Pierre Testos Terone</B>
Au c?ur des débats sur le Sexual Offences Bill (qui occupe trop de temps d?ailleurs, occultant par là même les débats sur tant de sujets autrement plus importants pour la nation), j?ai croisé la suggestion plutôt directe, entre autres de Mme Cziffra, que dans les couples mariés (et sans doute encore plus en dehors des couples mariés) il serait recommandable que le ?onus of proof? soit désormais sur le mâle de prouver qu?il y avait consentement et non viol.
Reconnaissant que ce qui se passe entre deux adultes est privé et que dans le meilleur des cas il est extrêmement difficile de déceler la vérité entre la parole de l?un et de l?autre (Lui : ?Elle était consentante?. Elle : ?Il m?a violée.? Témoin : Zéro!), il me semble cependant que, parler de viol, du moins dans le mariage, c?est un peu oublier que la relation sexuelle y est, par convention, officiellement reconnue et permise!
Toute épouse ne peut à priori se marier et plaider qu?elle ne souhaitait PAS de relation sexuelle.
L?acte de mariage est, quelque part, un acte de consentement au sexe. Evidemment, qu?il y a la manière, comme aurait dit Brel! Mais tout mari qui obtient ce qu?il veut par la violence ou la force plutôt que par charme et consentement est un mari qui peut, à tout moment, se faire désavouer par le walk out ou, mieux, le divorce! Par contre si chaque mari devait désormais, sous la loi, prouver qu?il y avait consentement dans ses rapports sexuels dans son mariage, l?on pourrait évoluer vers l?absurde, dont un exemple est illustré par le Mandat Copulatoire ci-dessous, dont je revendique ici la paternité et avec lequel j?espère bien faire fortune.
Mandat copulatoire
Nonobstant la Convention de Genève (sur les droits des prisonniers de guerre), la déclaration de Rome (pour ses références aux droits et devoirs des époux), la naissance de mes deux enfants, Laurel et Aurélie, et mon acte de mariage (en séparation de biens/en communauté de biens) No?.. en date du ?.. ?émis par la République de l?île Maurice, je soussignée, Blandine Morgasme (née ?..) étant saine de corps et d?esprit en ce vendredi 20 avril de l?an 2007, déclare par la présente, afin qu?il n?y ait point de doute éventuel envers mon cher époux, Anatole Lucien Morgasme, lui avoir, par les présentes, consenti 1 (répétons, UNE) copulation en bonne et due forme (**) entre les heures de 8 (huit) heures du matin et 17 (dix-sept heures) du soir, le vendredi 4 mai prochain.
Il est entendu que la présente déclaration ne sera pas citée comme une raison d?abuser de la pratique, qu?elle n?excuse en aucune manière tout appétit assouvi par le passé et qu?elle pourra être retranchée à tout moment avant le 4 mai prochain s?il était jugé par la soussignée que les conditions propices préalables n?étaient plus dûment réunies pour consommer la bonté ci-dessus envisagée.
Fait de bonne foi (enfin, disons ou plutôt mettons) en une copie, en ce vendredi 20 avril de l?an de grâce 2007.
Blandine MORGASME
(**) Toute ?dérive? apparentée aux ou suggérant les concepts se terminant en ??domie? ou en ??lingus? voire en ??xuel? mettra un terme immédiat à tout ébat entamé en toute bonne foi selon le mandat ci-dessus. Toute décision de retrait de mandat (et d?autre) sera unidirectionnelle et sans appel.
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