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Un couple conteste l'interdiction de l'inceste
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Un couple conteste l'interdiction de l'inceste
Frère et soeur ayant engendré quatre enfants, condamnés par la justice, ils saisissent la Cour constitutionnelle. Tabou s’il en est dans nos sociétés pourtant permissives, l’inceste doit-il pour autant être juridiquement punissable ?
Patrick Stübing, 30 ans, est né dans une fratrie de huit. À quatre ans, il est confié à des parents adoptifs à Potsdam. Sa soeur Susan, dont il ignore l’existence, grandit à Leipzig, sous la garde de leur mère commune. Bien plus tard, Patrick veut savoir qui sont ses vrais parents. Le contact s’établit en mai 2000. Son père est décédé, mais il rencontre sa mère et sa petite soeur, qui a 16 ans. La mère meurt à son tour. Patrick se retrouve dans un deux-pièces de Leipzig, avec Susan qui se sent aussi seule que lui. “Si nous avions été une famille normale, confie-t-il en 2004, tout cela ne se serait sans doute pas produit.”
“Tout cela”, c’est la naissance d’Erik en 2001, de Sahra en 2003, de Nancy en 2004, puis de Sofia en 2005. “Tout cela”, c’est aussi la justice qui sévit. Dès la première naissance, Patrick est condamné à un an avec sursis pour “accomplissement de l’acte sexuel dans 16 cas” avec sa soeur. Laquelle, mineure au moment des faits, échappe à toute poursuite. L’enfant, Erik, est donné en nourrice. Leur relation se poursuit, ils s’accrochent l’un à l’autre. Après l’arrivée de Sahra et de Nancy, le jeune père sera rejugé et passera dix mois derrière les barreaux. Non sans avoir engrossé sa soeur une nouvelle fois.
Novembre 2005. Troisième procès, des deux cette fois-ci, intenté à cause des nouvelles naissances. Patrick est condamné à deux ans de prison ferme pour inceste, Susan placée dans un programme de réinsertion sociale. Elle y rencontre Jürgen, 49 ans, dont elle aura Sophira, son cinquième enfant, le premier né légalement. Aux dernières nouvelles, Patrick est sorti de prison et vit à nouveau avec Susan. Selon lui, le tabou de l’inceste n’a plus lieu d’être. Il cite l’exemple de la France où le Code pénal ignore cette notion dès lors qu’il s’agit d’adultes consentants. Côté politique, son point de vue a reçu le soutien du député Montag, qui parle de “lois de l’avant-dernier siècle” à abolir.
Des quatre enfants communs de Patrick et Susan, seul l’aîné vit avec ses parents, les trois autres ont été confiés à des familles. Deux d’entre eux sont retardés. C’est ce qui se produit statistiquement dans 50 % des cas d’unions incestueuses, selon les généticiens.
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