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Le désert de la compétitivité
Un phare s?éteint. Après avoir alimenté et balisé la réflexion des décideurs politiques et économiques du pays, le « National Productivity and Competitiveness Council » (NPCC) vivote. Incapable d?entretenir, par des débats et travaux novateurs, les notions de compétitivité et de productivité à Maurice. On est bien loin des objectifs ambitieux qu?énonce la loi de 1999, qui établit alors le NPCC.
Le conseil n?est plus vraiment un forum de dialogue tripartite constant, qui dégage des stratégies pour doper la compétitivité et la productivité locales. « Ipso facto », il n?aide pas le gouvernement à formuler des politiques pour atteindre ces objectifs. Et c?est à peine si le NPCC organise, de temps en temps, un séminaire par ici et un mini-atelier par-là à l?intention de fonctionnaires, d?étudiants ou de cadres du privé. Il nous paraît évident que l?institution se complaît désormais à n?être qu?une sorte d?animateur de séminaires d?entreprise !
Pourtant, les années passées nous démontrent le rayonnement national que peuvent avoir les initiatives du NPCC. C?est cet organisme qui a aidé à enfanter le programme d?évaluation de la « Textile Emergency Support Team », en 2003. Ce qui a permis à nombre de nos entreprises textiles de voir, sous forme de graphiques et de statistiques de compétitivité implacables, leurs forces et leurs faiblesses.
C?est toujours le NPCC qui a balancé à la figure de l?île Maurice qui réfléchit le document « Competitiveness Fore-sight » en 2004. On y évoque, sans concessions, le cataclysme économique qui nous attend si tous les décideurs ne se résignent pas à adopter une autre politique en matière d?ouverture de l?économie aux compétences et aux capitaux étrangers.
Le NPCC n?agit plus comme le « think tank » du pays. « Survival of the Fittest ? strategies of the lion ». L?intitulé du prochain séminaire du conseil a beau être excitant, mais on n?a pas vraiment envie d?y assister. Car on ne sait plus vraiment ce que le NPCC veut nous transmettre, quels concepts et quelles orientations il veut privilégier en matière de compétitivité. Le manque de leadership au sein du conseil transparaît. Laisser le poste de directeur exécutif vacant pendant près d?un an n?a pas été sans séquelles?
Pire, la nomination de son successeur en a laissé d?autres. Comme le déficit de crédibilité dont souffre le NPCC. La nomination de l?actuel directeur exécutif ? imposée aux membres du conseil du NPCC par le gouvernement ? a été perçue par nombre d?observateurs comme la preuve de la politisation de l?institution. Dès lors, le monde de l?entreprise, partenaire crucial du NPCC, s?est mis en retrait. Ce qui explique pour beaucoup pourquoi le conseil semble plus présent ces derniers temps en milieu scolaire et académique que dans les entreprises !
Il est urgent, toutefois, que le NPCC reconquière sa crédibilité et définisse sa nouvelle ligne directrice. Une réflexion pourrait être menée autour de la réforme économique en cours. Une orientation suscitant tant de controverse doit faire l?objet de débats approfondis. Le NPCC gagnerait à organiser des débats pour savoir si la direction que nous avons prise est la bonne. Et s?il n?est plus capable d?innover dans la réflexion, on devrait songer à faire avec le NPCC ce qu?on fait avec d?autres institutions inefficaces? le fermer !
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