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Maxime le Forestier ne passe jamais sa route

3 mars 2007, 00:00

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Qu?on ait 20, 30 ou 40 ans, on a tous un air de Maxime le Forestier dans la tête. «Une chanson c?est comme une odeur, elle rappelle des souvenirs parce que la chanson aime tant la nostalgie,» explique l?artiste. Ponctuel, tout de bleu vêtu, Maxime le Forestier est d?une extrême courtoisie. Posé, il répond lentement aux questions. On sait d?emblée qu?il ne raffole pas des interviews.

Face au bleu de la mer, il poursuit sa longue et belle histoire d?amour avec l?île Maurice, une histoire d?amour devenue une chanson que l?on retient depuis 1995 : Ambalaba. «Cette chanson était un bonus sur l?album Né quelque part. J?ai entendu des ségatiers la jouer un soir sur la plage et j?ai eu envie de la chanter à ma manière.»

Cette chanson de Claudio Veeraragoo a donc connu une seconde vie, puisque l?album en question s?est écoulé à 600 000 exemplaires en France.

Maxime le Forestier est un artiste discret. Amoureux des rimes, il a toujours mêlé la poésie aux messages de ses textes. Elie Chouraqui, avec qui il a travaillé sur la comédie musicale Gladiateurs, dit de lui qu?il est un «ciseleur de mots ». «Quand on écrit et qu?on veut quelque chose qui touche, il faut parfois se faire mal.»

Engagé dans sa musique et dans ses actions auprès des Restos du coeur ou encore au sein de l?association Sol en si contre le sida, Maxime le Forestier reste pourtant zen. «Le bonheur c?est toujours un sentiment furtif. A mon âge, on accepte le sentiment du bonheur parce qu?aujourd?hui je m?accorde un grand repos.» L?artiste qui a voyagé à travers le monde, a appris à regarder l?humanité droit dans les yeux. « J?ai beaucoup bougé. Je me souviens d?un retour sur la France après un séjour au Cambodge. Mon ami Philippe la Fontaine qui m?accompagnait, a dit « désormais, je cesse définitivement de me plaindre ». Le Cambodge se relevait du mal que les Khmers rouges les avaient fait. Le pays était dans une misère épouvantable. Quand on habite un pays relativement confortable qui se plaint tout le temps, ça donne matière à réflexion. »

Sous son calme apparent, Maxime le Forestier est un fin observateur, un homme d?une profonde humanité qui se désole que le récent passage de Gamede prive les pêcheurs de leur gagne-pain. «Le succès c?est une conséquence de ce que je fais. Il est en adéquation avec l?époque. Etre connu n?est pas ce qu?il y a de plus agréable, ça fait partie des éléments qui font ce métier. Ce que j?aime par-dessus tout, c?est le plaisir de chanter. »

«Je ne suis pas très en accord avec la variété française parce que la variété telle qu?on la voit à la télévision, va à la recherche du plus grand nombre, de peur qu?on les zappe. »

Quand il chante, il a toujours le sourire. C?est dans ces moments-là, dit-il, que son bonheur est total. Pourtant, il pense ne pas avoir sa place dans la variété aujourd?hui. «Je ne suis pas très en accord avec la variété française parce que la variété telle qu?on la voit à la télévision, va à la recherche du plus grand nombre, de peur qu?on les zappe, » déplore-t-il.

Il n?empêche que Maxime le Forestier trouve que la chanson française se porte fort bien aujourd?hui avec des artistes de la trempe de Bénabar, de Camille ou encore de Zazie. «Le dernier album de Zazie est une pure merveille. Il comporte à la fois des textes extrêmement signifiants sur de la musique très contemporaine. J?aurais aimé avoir écrit la chanson J?étais là. Je disais à ses débuts qu?avec Zazie, la France avait trouvé sa nouvelle Barbara. Musicalement je suis moins hardi qu?elle. »

Avec Maxime le Forestier, la chanson française reste un art populaire appelé à séduire. D?abord des textes, ensuite la musique. Cet artiste qui a écrit et chanté autour de trois cents chansons, est incapable de choisir sa préférée. « Les chansons sont comme les femmes : il y a plein de façons de les aimer. »

Proche de Brassens à qui il vient de rendre hommage en revisitant 171 de ses chansons, immortalisées sur un collector de cinq CD, Maxime le Forestier travaille sur de nouveaux textes pour un nouvel album. Il prend le temps d?écrire, comme d?autres prennent le temps de ne rien faire.

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