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MBC 3 vendredi à 21 h 25
Les Silences du Palais (de Moufida TLATLI)</B>
Tunisie, années soixante. Alia, vingt-cinq ans, gagne sa vie en chantant dans les mariages. Son compagnon, Lotfi, ex-militant de l’indépendance tunisienne, ne lui permet pas de garder l’enfant qu’elle attend. Apprenant la mort du Bey Sid’Ali, elle retourne dans le palais d’où elle s’est enfuie dix ans auparavant.
En parlant à la vieille Khalti Hadda qui naguère dirigeait la nombreuse domesticité, en errant dans les pièces délabrées, Alia se souvient du passé. Elle a vu le jour en même temps que Sarra, la fille de l’un des maîtres ; mais Sarra est née “à l’étage”, alors que la mère d’Alia, Khedija, vit au niveau de la cour et des cuisines, avec les autres servantes. Des femmes depuis toujours enfermées, chargées des travaux du ménage, de la préparation des fêtes, et entièrement soumises à la volonté des princes.
Le père d’Alia est inconnu, même si la jeune fille soupçonne qu’il s’agit de Sid’Ali lui-même, si bon et doux à son égard.
Entrant dans l’adolescence, Alia s’éveille, découvre son corps, sa condition, le désir menaçant des hommes ; elle découvre aussi sa passion pour le chant, qui lui donnera la force de fuir. Tandis qu’Alia apprend tour à tour la soumission et la révolte, Khedija supporte la brutalité de ses maîtres pour protéger sa fille de leur convoitise, et y perdra la vie. C’est en se remémorant cette ultime souffrance qu’Alia adulte décide de résister une fois de plus ; elle gardera son enfant, et, si c’est une fille, l’appellera Khedija.
Moufida Tlatli</B>
“Dès l’adolescence, j’ai été frappée par le silence des femmes arabes.
Un silence douloureux que je ne comprenais pas. Je voulais savoir quel était l’impact de ces non-dits, des tabous, du poids de la tradition sur le vécu de ces femmes..”
Née en Tunisie en 1947, Moufida Tlatli intègre l’IDHEC à Paris en 1965 au département scripte/montage. Elle retourne en Tunisie en 1972 et inscrit son nom, comme monteuse, au générique des films arabes les plus importants des années 70 à 90 dont Halfaouine de Ferid Boughedir.
En 1993, elle réalise son premier film Les Silences du Palais. Sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes en 1994 le film remporte de nombreux prix dont une mention à la Caméra d’Or à Cannes 1994, Prix de la Critique Internationale à Toronto, Tanit d’Or à Carthage et Prix du Meilleur Film à Chicago, Istanbul et Johannesburg.
En 2000, elle revient à Cannes avec La Saison des Hommes en sélection officielle dans la section Un Certain Regard. Ce film remporte le Grand Prix IMA (Institut du Monde Arabe) à Paris et est récompensé à Namur, Valence, Turin et Stuttgart. (Il a été diffusé par la MBC dans la série World Movie).
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