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Consommation : le riz disparait du marché
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Consommation : le riz disparait du marché
Comme il fallait s’y attendre, la spéculation a fini par faire disparaître le riz du marché. A Antananarivo comme dans d’autres villes, à l’instar de Fianarantsoa, cette denrée précieuse est soit introuvable, soit vendue à prix d’or.
Les grossistes et demi-grossistes en riz sont réticents à vendre ce produit de première nécessité. Ils dénoncent le monopole qui fait souffrir la population tananarivienne.
La crise du riz, comme lors de l’après-cyclone Géralda, risque de réapparaître dans la Grande île. Dans beaucoup de provinces, le kilo de cette denrée alimentaire connait une hausse vertigineuse.
De nombreux commerçants et demi-grossistes ont arrêté depuis quelque temps d’en vendre dans la capitale. D’Ambohitrarahaba à Andoharanofotsy, d’Ivato à Ambohimangakely, les étals sont désespérément vides. “J’ai fait toutes les échoppes ce matin, il n’y en a que deux qui vendent des brisures à 1 300 ariary le kilo. Et je n’ai eu droit qu’à cinq kilos”, déplore Germaine Rasoangita, mère de famille vivant à Sabotsy
Namehana. Son calvaire est partagé par de nombreuses femmes de ménage. Depuis deux jours, le riz a disparu du marché. Les détaillants et les demi-grossistes mettent à l’index le monopole dans ce secteur. “L’approvisionnement en riz devient un business risqué. A l’heure actuelle, il est rare de trouver un sac de 50 kilos à moins de Ar 70 000, un prix déjà élevé. Or, le revendeur se doit de le céder à Ar 63 000. D’où ce semblant de pénurie. Une situation qui n’est pas du goût ni du consommateur, ni du revendeur ”, souligne un grossiste d’Analakely, un de ceux qui ne vendent plus de riz.
Grogne des clients</B>
“Le problème, qui ne date pas d’hier, réside dans l’absence de concurrence. Seuls les grossistes qui détiennent des stocks peuvent encore en vendre”, ajoute Radadafara, un autre grossiste d’Isotry. La plupart des détaillants interrogés précisent que la société Magro vend le riz pakistanais en stock tampon à Ar 55 000. “Mais elle ne délivre que deux sacs de 50 kilos par acheteur”, souligne un responsable auprès du grand magasin Albert à Analakely.
Face à cette situation, le consommateur qui prend trois repas à base de riz par jour se trouve préoccupé. Ramada, une femme qui doit nourrir cinq personnes, n’achète plus qu’un kilo contre dix auparavant à chaque fois qu’elle vient au marché. “La grogne monte du côté des clients. Il faut dire que le prix du kapoaka augmente chaque jour”, soupire un détaillant des pavillons d’Analakely. Certains commerçants, qui vendent le kilo du riz Makalioka à Ar 2000 et le riz pakistanais à Ar 1600, mentionnent seulement le type du riz, et non son prix.
Au niveau des demi-grossistes, vendre le sac de 50 kilos à Ar 70 000 n’est plus de mise.
Un grossiste renommé dans ce commerce avance pourtant: “Le bâteau apportant du riz importé est déjà arrivé à Toamasina, lundi. Nous y étions pour en acheter. Le sac de 50 kg nous coûte Ar 58 000, pour le revendre à perte à Ar 1000 le kilo.”
Ce grossiste semblait très sûr de ce qu’il dit, concluant que le riz abondera sur le marché d’ici quelques jours. En attendant, les ménages broient du noir. Beaucoup accusent les grossistes de spéculation.
“Chaque fois qu’il y a un cyclone, ils en profitent pour faire de la rétention de stock et majorer le prix”, assène Georgine Ravelontsoa, de Tanjombato. Eternelle polémique.
<B>Fanja SAHOLIARISOA</B> <I>© l’express de Madagascar</I>
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