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Des familles dans la détresse

28 février 2007, 00:00

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?Le soir, je me suis réveillé et je me suis retrouvé les pieds dans l?eau ! J?ai essayé de sauver les meubles mais il a fallu fuir. Delo ti pe tro monte.? Prem Bhaugeerothee n?est pas le seul à avoir vécu un tel cauchemar samedi. L?avenue Quinze-Cantons est devenue une zone sinistrée. De même, les rues avoisinantes ont souvent eu des problèmes d?inondations, mais avec le cyclone Gamede, la situation a empiré.

?Le matin, des amis sont venus m?aider à récupérer des affaires personnelles. Mais il était déjà trop tard. Tout était déjà abîmé?, lâche Geerdharry Ramsurn, un autre habitant de l?avenue Quinze-Cantons. ?Encore heureux qu?il n?y avait pas de courant. Taler ti pou elektrokite. J?ai dû réveiller mon père, âgé de 93 ans, pour qu?il se réfugie chez les voisins.?

Et le ras-le-bol s?installe chez les habitants de la région. Car il faut dire que cela fait des années qu?ils réclament des drains pour le quartier. Mais en vain. ?Ene vye problem sa, ti bizin gagn enn problem kumsa pou zot pren nou kont ?? s?exclame Vivek Ramsurn, un autre habitant.

Et depuis samedi, les habitants ont essayé de contacter les autorités concernées. Un coup d?épée dans l?eau.

Bissoonlall Roopchund, un habitant de l?avenue Hajee Attan, revient du bureau de la Sécurité sociale. Ulcéré, il explique qu?il n?aura qu?une aide de Rs 100. Pire, les employés lui ont demandé des documents pour justifier le nombre de personnes dans sa famille. ?Mo dir zot mo lakaz inn inonde, mo nepli ena naryen, kot mo pou gagn dokiman aster ??

Cette bataille, Bissoonlall Roopchund l?a entamée depuis samedi. Il se démène pour se faire entendre auprès des autorités : la police, les pompiers, la municipalité? Il dit avoir frappé à toutes les portes. ?Les pompiers sont venus le matin. Zot inn dir pa pou kapav fer narnie. La police nous a expliqué que nous ne sommes pas les seuls dans cette situation.?

Désespérés, les habitants ont décidé de prendre les choses en main. Certains ont creusé des tranchées sur les routes afin d?évacuer l?eau.

<B>Effectuer des tranchées</B>

Obeidkhan Wahedally, propriétaire d?un bâtiment où l?usine Tropic Knits a ses locaux, explique qu?il a dû débourser Rs 22 000 pour effectuer des tranchées autour de l?usine. ?Il y a 350 employés étrangers dans des dortoirs ici. Comment voulez-vous les laisser dans l?eau ? J?ai décidé de moi-même de faire venir des machines. La municipalité est venue faire un constat. J?espère qu?elle va continuer le travail et installer des drains.?

Ce propriétaire se dit révolté par la négligence des autorités. ?Il ne faut pas s?étonner quand les citoyens se révoltent. Ils ne comprennent pas pourquoi ils sont dans cette situation.?

Chez la famille Korimbocus, même consternation. Les cinq maisons de l?allée où elle habite regorgent d?eau. ?On a dû envoyer les enfants chez la famille. On ne peut même pas préparer à manger. Tous les appareils électroménagers ont été endommagés.?

Les femmes de la famille expliquent que sans la solidarité des uns et des autres, ils ne s?en seraient pas sortis. ?Kot mwa tou mo zafer pe flote, kouma pou kui ? Enn sans nou pe manze kot voizin?, raconte Muneeza Korimbocus.

Si la perte matérielle est énorme pour ces familles, elles s?inquiètent surtout pour leur santé. ?Une odeur nauséabonde se dégage de nos maisons. Il y a des rats qui flottent?, témoigne Fazila Korimbocus. L?eau dans sa course a en effet entraîné les déchets des environs et stagne dans les maisons.

?Cela fait quatre jours que nous sommes dans cette eau insalubre. Pa pou gagn malaria, chikungunya sa ?? se demande Vivek Ramsurn.

Les habitants n?ont d?autre choix que d?attendre que les autorités entendent leur cri de désespoir. Un appel dans le désert ?

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