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?Je pars la tête haute?
<B>(Propos recueillis par Eric BETSEY)
■ <B> Jean-Michel Giraud, le Mauritius Turf Club tiendra son assemblée générale vendredi prochain. Dites-nous dans les grandes lignes le bilan que vous présenterez aux membres ? </B>
? C?est un bilan sur cinq ans voire six ans que je présenterai aux membres. Chiffres à l?appui, je ferai une analyse de la situation de 2002 à 2006 pour, ainsi, démontrer l?évolution du club ne serait-ce que sur le plan financier. J?expliquerai aux membres les actions prises à l?époque par les commissaires administratifs pour redresser la barque et les résultats qui ont suivi. Nous avions fait un état des lieux et nous avions une vision des courses. A partir de là, nous avons dégagé un certain nombre d?avenues dans lesquelles on voulait engager le MTC. Ce sont des combats que nous avons menés pour être là où nous sommes aujourd?hui.
■ <B> Comment expliquez-vous le net redressement des finances qui viraient pourtant au rouge dans un passé pas trop lointain ? </B>
? Nous avions identifié le mal auquel nous avions à faire face. Il ne faut pas oublier que l?augmentation de la taxe sur les paris a porté un rude coup à l?industrie hippique et aux finances de l?Etat également. Selon moi, ce fut une grosse erreur que de croire que l?Etat aurait plus de revenus en augmentant la taxe. Au contraire, c?est en baissant la taxe sur les paris que l?Etat a récupéré davantage de recettes. Nous avons aussi fait un bond en avant avec l?introduction du off course betting. Certes les clandestins n?ont pas complètement disparu, mais, en tout cas, ils sont de moins en moins nombreux. Au niveau de la Police des jeux, il y a eu des hauts et des bas. Mais quand cette unité décide de faire son travail correctement, il n?est pas difficile de mettre la main sur les bookmakers clandestins. Last but not the least, le central server installé depuis fin 2005 nous a permis de percevoir plus de revenus au niveau des bookmakers.
■ <B> Justement le central server qui garantit une transparence totale dans les transactions des bookmakers a été extrêmement bénéfique au club. On ne peut que regretter que cette nouvelle mesure ne soit entrée en vigueur que depuis fin 2005, n?est-ce pas ? </B>
? En effet, c?est le cas de le dire après les revenus qu?a obtenu le club depuis l?installation du central server. Aussi, un bookmaker avait entré une action en cour et cela a retardé la mise en application du nouveau système. Pour notre part, nous avions fait tout le lobbying nécessaire pour que le server soit en place le plus tôt possible et nous ne pouvons que nous réjouir du résultat aujourd?hui. Toute l?équipe des commissaires est largement satisfaite de s?être battue pour une bonne cause.
■ <B> Jean-Michel Giraud, tout le monde se demandait si vous alliez briguer un nouveau mandat comme commissaire administratif. Finalement, on le sait, vous ne serez pas de la partie. Quelles en sont les raisons ? </B>
? Elles sont simples. Etre commissaire administratif du Mauritius Turf Club, cela prend beaucoup de votre temps et de votre énergie. J?ai fait ce que je devais faire au moment ou je devais le faire. Il est temps de laisser à d?autres le soin de continuer le travail.
■ <B> En aviez-vous fait part de votre décision à vos collègues commissaires avant la date butoir des candidatures ? </B>
? En effet, cela fait un bout de temps déjà qu?ils savent tous que je n?avais pas l?intention de reposer ma candidature. Ils respectent ma décision. En revanche, il y a pas mal de turfistes qui m?ont appelé ces derniers temps pour me demander de reconsidérer ma décision. Mais celle-ci était prise depuis un an déjà.
■ <B> Est-ce, quelque part, la crainte d?une défaite électorale qui vous fait prendre la porte de sortie ? </B>
? Votre question me surprend ! Est-ce que Jean-Michel Giraud a déjà eu peur de poser sa candidature ? N?oubliez pas qu?en 2001, je n?avais pas hésité à poser ma candidature contre deux commissaires sortants. Par ailleurs, ce n?est certes pas la fin du monde de se faire battre dans une élection. Je le répète : si je pensais que j?avais quelque chose encore à apporter au Mauritius Turf Club, j?aurais, à coup sur, été candidat.
■ <B> Vous en conviendrez qu?au cours de votre dernier mandat, les choses n?ont pas toujours été roses pour vous. Nous avons en tête votre bataille contre Globalsport ou le manque de solidarité au sein des commissaires administratifs?.</B>
? Aucun mandat d?un président du Mauritius Turf Club n?a été un long fleuve tranquille. J?ai eu mon lot d?épreuves au cours de mes divers mandats. En ce qu?il s?agit de Global Sport, on ne pensait pas que c?était dans l?intérêt des courses ou encore moins du MTC. On a demandé aux deux compagnies de «commingle» leur pool. Selon mes renseignements, on ne sait pas si cela pourra se faire. Mais c?est la seule issue qui ferait le moindre mal aux stakeholders. En ce qui concerne le manque de solidarité, nous avons dû composer avec. Nous avons, néanmoins, pu mener la barque à bon port quoique ce n?était pas agréable de voir toutes les discussions du board des commissaires dans la presse avec, en plus, de graves inexactitudes.
■ <B> M. Giraud, vous partez sans avoir pu concrétiser un projet qui vous était cher, celui de construire un nouvel hippodrome. On a l?impression que les autorités tiennent les courses en otage à ce sujet. Qu?en pensez-vous ? </B>
? Je ne pense pas que ce sont les autorités qui nous tiennent en otage. A un moment donné, la State Land Development Corporation était intéressée. Elle l?est toujours apparemment, mais elle a revu le projet de développement en plusieurs occasions. Pour notre part, on attend. On essaye, aussi, de voir ailleurs. C?est, en effet, un regret de n?avoir pu concrétiser ce projet avant mon départ. Qu?on se le dise, il nous faut à tout prix de nouvelles infrastructures qui correspondent à notre époque. On fera ce qu?on voudra au Champ-de-Mars, mais on ne pourra jamais avoir un hippodrome digne d?une île Maurice moderne.
■ <B> Que retenez-vous de votre passage à la tête du MTC pendant toutes ces années ? </B>
? C?est une expérience qui valait la peine d?être vécue. Je suis arrivé à la conclusion que lorsqu?il y a des hommes de bonne volonté qui décident de travailler ensemble dans la même direction, on peut surmonter beaucoup d?obstacles. C?est ce que nous avons fait. C?est sans doute la leçon que je retire de mes années à la présidence du club. Je pars la tête haute et extrêmement satisfait avec l?apport de mes collègues commissaires d?avoir pris les décisions courageuses pour mener à bon port les destinées d?une industrie qui était dans le rouge à un moment donné. J?ai fait de mon mieux et je n?ai aucun regret. Aussi, nous avons rétabli l?autorité du Mauritius Turf Club. Il y avait une perception du club qui n?était pas très bonne. Je ne dis pas qu?elle est parfaite aujourd?hui. Elle s?est améliorée et je pense qu?il y a un gros travail à continuer en interne.
■ <B> Quel conseil donnerez-vous à votre successeur ? </B>
? Surtout de ne pas craindre de faire entendre la voix du Mauritius Turf Club. Je veux dire que lorsqu?il y a des décisions prises à l?égard du club mais qui ne correspondent pas à la bonne marche de celui-ci, il ne faut surtout pas hésiter de faire connaître la position du Club en permanence. C?est peut-être un problème que nous avions dans le passé.
■ <B> Reverra-t-on Jean-Michel Giraud à la tête du MTC ? </B>
? En tout cas, pas dans un avenir prévisible !
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