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Kamla, ma douleur de mère
« J?ai mal, mais je fais de mon mieux pour m?en sortir. Je suis surtout triste pour mes enfants. Lorsqu?il n?y a rien à manger, je le vois sur leur visage. Ils ont les larmes aux yeux, mais je n?y peux rien. J?ai 38 ans et j?ai souvent du mal à trouver quelque chose à mettre sous la dent de Brenda, Riména, Donovan, Richard et Ricardo, mes cinq enfants.
Plus d?une fois, nous sommes allés nous coucher, dans notre bicoque en tôle, la faim au ventre.
Dans ces trois chambres rafistolées, on s?endort avec un peu d?eau et la souffrance ruisselant du c?ur ! L?eau, justement, est une denrée rare. C?est comme un trésor chez nous à Bois-Marchand. Depuis cinq ans déjà, j?en suis privée ainsi que de l?électricité. Quelquefois, je peux trouver un peu d?eau chez une voisine. Sinon, on essaie de faire avec celle de la rivière, mais elle est dangereuse. J?y ai lavé mon linge, les enfants s?y sont baignés, mais après quelque temps, ils ont commencé à avoir des boutons et sont tombés malades. J?ai perdu une petite fille, Alicia, ainsi. Qui n?avait que treize mois. Je ne sais si c?est l?eau qui a causé sa mort, mais j?ai peur.
Louis, mon mari ne peut ramener que Rs 2 000 par mois grâce à son emploi dans une société de nettoyage. Cela ne suffit même pas pour acheter de la nourriture. Le seul luxe qu?il puisse offrir aux enfants, sont des bouquins ou autres objets, jetés par leurs utilisateurs. Moi, je n?ai guère de diplômes. Enfant, j?ai dû arrêter l?école dès la Form I, car on n?avait pas d?argent. J?ai travaillé à l?usine pour Rs 30 par jour. Après mon mariage, j?ai commencé à avoir des problèmes de santé et j?étais incapable de travailler. Depuis, je ne sais plus où donner de la tête, car le sort s?acharne maintenant sur mes enfants. Je suis impuissante mais je veux les sauver.
Grâce à la religieuse du quartier, j?ai pu rattraper leur scolarité. Elle nous aide en nous permettant d?avoir un repas constitué d?un peu de riz et de grains secs. J?ai aussi trouvé un semblant d?espoir pour sortir de la misère. J?ai débuté des cours en pâtisserie dispensés bénévolement par une autre religieuse. Cette formation va nous aider si nous voulons lancer une petite entreprise. C?est difficile, je le sais bien. Mais je veux que mes enfants aient une vie décente. Mon seul v?u, c?est de leur apporter enfin un peu de bonheur. »
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