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Parler en Parabole

19 février 2007, 00:00

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Sa vie commence à 55 ans. Ce que Paul Olsen a fait auparavant, c?est avec des raccourcis très pratiques qu?il nous le raconte. Pourtant, ce n?est pas comme s?il avait fait du sur place. Pendant des années, sa valise lui a servi d?armoire. Dès qu?un vêtement était lavé, il était repassé et rangé dans la valise.

Branché sur fréquence numérique, Paul Olsen ne parlait qu?en Parabole. Vivant entre Paris, la Réunion, Madagascar et Maurice, pour les besoins du fournisseur de bouquets de chaînes satellites.

Des années, le nez dans les câbles, les films, la technologie. Des séjours à Paris, sans aller au théâtre, ni assisté aux concerts. Inimaginable aujourd?hui. Le déclic s?est produit en 2003. dans le métro : des musiciens font la manche. Jouant un air de Brahms. Un ressort a bougé dans l?âme de Paul Olsen.

L?homme hi-tech, celui qui regardait avec un peu de compassion ces ?handicapés? qui utilisent le même portable pendant des lustres, bascule de l?autre côté. Dans le camp de ceux qui sont un peu largués question gadget dernier cri. Qui ont le regard perdu dès qu?on leur parle de lecteur MP3. ?Je me suis fait expliquer ce que c?est que le Blackberry tout récemment. Si mon ordinateur a un pépin, je ne saurais pas quoi faire.?

Un ressort, cela ne fonctionne pas en isolation. L?air de Brahms déclenche d?abord l?idée. Celle d?organiser un concert de ces musiciens parisiens à Maurice. Ce qui sera fait en 2004, quelques mois avant la fermeture du Plaza. Le passionné de dernière technologie s?investit dans la promotion d?un quartet qui sera baptisé Malenga.

Un ressort, c?est quelque chose d?enroulé sur lui-même. Recelant des secrets. Gardant au fond des plis les souvenirs du passé. Organiser le concert d?un quartet inconnu, dans un créneau pas forcément populaire ? le classique ? cela ne se fait pas sans une dose d?encouragement.

Le ressort déclenché à Paris fait partie de toute une mécanique. Rouages de la pensée humaine où s?imbriquent sentiments, gratitudes et moments heureux. Brahms dans la ville lumière, cela rappelle Michaëlla de Souza à Maurice. Professeur de français que Paul Olsen va voir alors qu?il a 25 ans.

Un grand gaillard qui a très vite séché l?école, pour le grand air du Jardin botanique de notre ville lumière, Curepipe. Il n?allait pas en classe, au collège du Saint Joseph, pour ?apprendre par lui-même?. Étalant livres et cahiers autour de lui, faisant sa propre culture. Quittant l?école à 14 ans, préférant les cours par correspondance.

Le besoin de tout connaître, de tout comprendre?

À 14 ans, cela ne fait pas si longtemps que le vieux gramophone, dans le salon des parents est cassé. C?est dessus qu?il découvre les premiers airs classiques. Qu?il écoute aussi de la variété. Qu?il réchauffe ses goûts au soleil de ceux de ses parents.

Le gramophone, Paul Olsen ne s?en est pas toujours contenté. ?À l?âge de 3 ans, mes parents m?ont emmené voir Charles Trenet au Pathé Palace.? Une vive émotion passe derrière les lunettes de Paul Olsen. Des deux mains, il l?essuie.

Tout s?explique. Il vient de là, il vient du blues. De ces chansons où il y a ce petit supplément d?âme. Où y a de la joie. Avec un antécédent comme celui-là, l?homme hi-tech ne pouvait que se rapprocher de l?artiste. Il se plaît à le répéter. ?Je ne sais jouer d?aucun instrument.?

Mais il sait faire jouer les contacts. Mettre en place des réseaux. Il créera le Rezo Otayo. Vendra pour commencer les 13 000 billets pour le dernier Starmania de Gérard Sullivan. Devenant ainsi le ?lien entre artistes et public?. Otayo, comme d?où cela vient. ?À La Réunion on dit ?Oté?. À Maurice, on dit ?Ayo??. Comme il fallait quelque chose qui ait de la gueule, ?Otayo? était tout trouvé.

Ce qui arrivera après le premier concert de Malenga. Des concerts classiques. ?Non, personne ne m?a vraiment découragé.? Les débuts, Paul Olsen s?en souvient. Mais il préfère laisser parler la musique. Celle qui dans sa vie, prend toute la place. Au point de se décliner en périodes, de ?2 à 10 jours?. La présente étant celle de La Traviata de Verdi. La Bohème c?est mon préféré. ?J?ai trouvé un CD mythique avec La Callas. J?ai besoin de tout connaître, de comprendre, de découvrir. Quand je change de période, c?est brutal, je ne sais pas pourquoi cela arrive?. C?est le bureau gris et blanc, sans aucun objet personnel, sans déco, qui s?illumine.

Pourquoi La Bohème ? ?Parce que c?était le préféré de Michaëlla?. L?évidence même. ?C?est elle qui m?a soufflé l?idée de faire ce que je fais maintenant. A la différence que c?est 30 ans plus tard que les affaires se font.?

Trois décennies. Le temps de caresser le projet d?une salle privée. Un lieu de rendez-vous pour ces divertissements qui vous donnent des ailes. Avant de s?apercevoir que cela risquait de faire de l?ombre au Plaza qu?il faut sauver à tout prix.

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