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Les grands chantiers de Ravalomanana
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Les grands chantiers de Ravalomanana
Avant même la proclamation des résultats de l?élection présidentielle, l?équipe du candidat Marc Ravalomanana commençait déjà à s?activer en coulisse. Elle était en train de réfléchir sur un début de mandat aux enjeux multiples pour 2007, une année qui se présente déjà comme une croisée des chemins.
Les partisans de Marc Ravalomanana se montrent discrets sur la date de l?investiture du chef de l?Etat. Mais une fourchette de date est quand même plus ou moins admise. La cérémonie devrait se dérouler pendant la première semaine du nouvel an. Celle-ci devrait être suivie de la traditionnelle présentation de voeux des corps constitués.
Une fois les cérémonies festives en place, l?équipe de Ravalomanana va s'attaquer à plusieurs dossiers brûlants pour mieux négocier le début du second mandat. Le premier sur la liste concerne le futur gouvernement.
<B>Fausse ouverture</B>
L?une des difficultés que le chef de l?Etat doit résoudre concerne le choix du chef de gouvernement et donc l'avenir de Jacques Sylla à la Primature. L'unique chef du gouvernement de Marc Ravalomanana a toujours fait savoir officiellement son soutien au président, malgré quelques broutilles en sourdine avant les élections. Et il est difficile de le dissocier de la victoire du candidat-président même si le choix des électeurs semble plutôt porter sur la personnalité du candidat qu'autre chose.
D?habitude, Marc Ravalomanana évoque la fin d?une mission pour motiver le limogeage d'un membre du gouvernement. Il reste à savoir si le chef de l'Etat choisira ou non d'insuffler du sang neuf à son équipe pour mieux négocier les nouveaux défis de son mandat.
L?autre sujet de réflexion à la Présidence est le futur gouvernement. Le chef de l?Etat est confronté au choix entre un règne sans partage comme c?est le cas actuellement, et une ouverture.
Dans une certaine mesure, la confortable avance obtenue au premier tour de l?élection présidentielle procure une marge de man?uvre dans le choix à faire. L?absence d?une opposition forte ne lui impose pas la contrainte de procéder à une politique d?ouverture.
Mais le candidat-président a prôné l?ouverture au sein de la mouvance, lors de la période de propagande. A plusieurs reprises, Marc Ravalomanana a rappelé cette initiative en public aux membres du parti Tiako i Madagasikara (Tim). On attend de voir s?il va poursuivre dans ce sens.
La grosse question qui se pose est celle de faire une vraie ouverture en direction des autres candidats et partis d?opposition. La physionomie des résultats, en défaveur de Ravalomanana dans certaines provinces, pourrait l?inciter à mettre un peu d?eau dans son vin. Mais l?ouverture pourrait aussi concerner l?adoption d?une amnistie liée aux évènements de 2002, question souvent soulevée durant son premier mandat.
En ce qui concerne le choix de l?équipe qui va travailler avec Marc Ravalomanana, une l?élection législative anticipée n?est pas à écarter, même si elle est peu probable. Mais le chef de l?Etat risquerait gros avec cette option, compte tenu des poches d?opposition mises en exergue par la dernière consultation populaire.
Côté programme, la mise en ?uvre du Plan d?action pour Madagascar (Map) ne devrait pas causer de souci à Marc Ravalomanana. Une réflexion doit cependant être accordée aux structures étatiques. L?obligation imposée par la Constitution de renouveler les membres du Sénat contraint le président à clarifier sa position sur l?avenir des provinces autonomes.
L?absence d?un programme clair relatif à ces structures étatiques dans la Lettre de politique de déconcentration et de décentralisation pourrait donner une indication dans le choix du gouvernement. Dans les coulisses, la possibilité d?un référendum constitutionnel est étudiée de manière discrète pour régler le cas des structures hybrides en vigueur actuellement.
<B>Alain ILONIAINA</B> l?express de Madagascar
<B>Marc Ravalomanana vainqueur officiel</B>
■ La Haute cour constitutionnelle (HCC) confirme les résultats officieux de l?élection présidentielle du 3 décembre, publiés par le ministère de l?Intérieur et de la réforme administrative.
Sans surprise, la HCC officialise la victoire du candidat Marc Ravaloma-nana lors de l?élection présidentielle du 3 décembre. Ce dernier obtient un nouveau mandat de cinq ans, à la tête de l?Etat.
?Je déclare que le candidat Marc Ravalomanana est élu président de la République. Il obtient la majorité des suffrages exprimés au premier tour du scrutin?, a annoncé Jean Michel Rajaonarivony, président de la HCC, samedi, au ministère des Affaires étrangères à Anosy, devant les corps constitués.
Selon la juridiction constitutionnelle, Marc Rava-lomanana rafle 54,79 % des suffrages exprimés, soit 2 435 199 voix. Il devance, de loin, le candidat Jean Lahiniriko, qui obtient 11,65 % des voix.
Les résultats proclamés par la HCC sont presque identiques à ceux publiés par le ministère de l?Intérieur et de la réforme administrative. Pour le cas du nouveau chef de l?Etat, la différence entre les deux résultats tourne autour de 0,01 %. Et pour cause, seules l?annulation du vote de 261 électeurs et la constatation de l?absence d?élection dans 22 bureaux de vote ont été validées par la HCC.
A l'exception d'une seule émanant du parti Avi, la HCC a rejeté en bloc la vingtaine de requêtes déposées par les autres candidats ou leurs représentants. Celles-ci concernent, entre autres, une demande d?annulation partielle ou totale de l?élection, ou encore la disqualification du candidat-président Marc Ravalomanana, pouvant faire basculer les résultats du scrutin.
Pour cela, la HCC invoque, entre autres, l?absence de preuves tangibles apportées par les plaignants, l?irrecevabilité des requêtes ou encore son incompétence. La Cour a ainsi souligné que les requérants doivent ?prouver que l?utilisation des prérogatives de puissance publique ou les infractions aux règles régissant la campagne électorale ont réellement eu des impacts sur le choix des votants?.
La juridiction constitutionnelle a également soulevé que ?la supervision de la confection ou de la révision des listes électorales ne relève pas de ses attributions?. ?De ce fait, les imperfections remarquées dans les listes électorales par les plaignants ne peuvent pas constituer un motif d?annulation du scrutin?, fait savoir le haut conseiller Dieudonné Rakotondrabao Andriantsihafa.
Au-delà des arguments juridiques, la HCC s?est même permise de lancer des piques, qui frisent la déclaration politique, à l?endroit de certains candidats. Dieudonné Rakotondrabao Andriantsihafa croit même que ?la requête relative à la suspension de la proclamation des résultats s?apparente à une volonté d?entraver la démocratie?. Il voit dans la plainte ?une intention manifeste de protéger des intérêts individuels et de contester le choix de la majorité?, selon ses termes.
Devant la plainte déposée contre elle pour déni de justice, la juridiction laisse également entendre la possibilité d?une contre-attaque en règle. ?Si cela s?avère nécessaire, la HCC peut ester en justice pour diffamation et porter plainte contre une initiative qui a pour objet de mettre en péril la sécurité publique?, prévient le haut conseiller.
<B>Iloniaina Alain</B> l?express de Madagascar
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