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Les poissons du bonheur

26 décembre 2006, 00:00

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Rouges, argent ou orangés. Les poissons koi élevés par Asvin Bahadur, à Mont-Ida, ont atteint une taille de 18 pouces et pèsent dans les cinq kilos. Un exploit réalisé grâce à des recherches entreprises par le jeune homme sur la pisciculture.

Lecturer en Fashion & Textile Design à l?université de Maurice, Asvin Bahadur, 30 ans, a su recréer l?écosystème marin auquel s?acclimatent ces poissons de la famille des carpes. Il les élève dans un bassin de 15 pieds par deux pieds, dans sa cour. Il a inventé son propre système de filtration qui fonctionne 24 heures sur 24 et l?eau s?écoule comme dans une rivière. Du salon de sa maison, on entend le doux ruissellement de l?eau.

Pour avoir un tel succès, il a doté le bassin de tout un équipement : deux pompes de 35 watts, un filtre biologique, un filtre mécanique et un filtre pour les plantes, éclairage ultraviolet (pour que l?eau ne prenne pas une couleur verdâtre) et un fût plastique d?une capacité de 55 gallons, relié au système de filtration.

?Le bassin est d?une capacité de 1450 gallons et d?une profondeur de deux pieds. Une fois par mois, je vide le bassin de moitié avant de le remplir. Il me faut consacrer au moins quatre heures aux travaux d?entretien?.

?Le koi de cinq kg a une valeur marchande de Rs 15 000, mais je ne vends jamais mes poissons. Pour moi, c?est une passion et non un commerce. Je donne des conseils aux amis et à tous ceux qui se passionnent pour l?élevage de poissons?.

Une expérience réussie

Asvin a développé cette passion pour les poissons depuis l?adolescence. Il a fabriqué lui-même son premier aquarium à l?âge de 14 ans. ?A l?époque j?élevais des black molies, des milton, des goldfish?.

Après avoir suivi des cours en Art & Design à l?IVTB en 1995-96, il a dû se séparer de ses aquariums pour suivre des cours en Angleterre en vue de l?obtention d?un BA en Fashion Design. Il a aussi fait un MSc en Computer Mediated Communication Pedagogy de l?Université de Maurice.

A son retour, il a fait construire un bassin. Comme il sait aussi travailler le bois, il a construit lui-même une clôture en pine traité et en métallique tout autour du bassin. ?Au départ, j?élevais des beri beri et des tilapia. Maintenant, je préfère les koi. Selon un vieux dicton japonais, le koi est un poisson porte-bonheur. Je dois y croire parce que depuis cinq ans, tout tourne rond dans ma vie?.

Asvin ne cache pas sa satisfaction d?avoir réussi son expérience avec les koi. ?Ces poissons ne mesuraient pas plus de cinq pouces lorsque je les ai mis dans le bassin, il y a cinq ans?.

Cependant, Asvin a aussi mis dans le bassin, quelques camarons, une carpe et d?autres espèces de poisson. Il se met dans la peau d?un chimiste pour contrôler les paramètres de l?eau. Muni de son test-kit, il teste le PH pour connaître le niveau d?acidité et le niveau d?ammoniac. ?Si les paramètres ne sont pas respectés, les poissons vont mourir?.

Selon lui, le koi a une espérance de vie de 40 ans. ?J?en ai cinq variétés dans le bassin. Dans d?autres pays, comme en Malaisie ou aux Etats-Unis, on organise des compétitions pour primer les différents grades. Un koi peut coûter 10 000 euros?.

Même si l?élevage de poissons lui coûte mensuellement Rs 1 500, il ne regrette rien. Pour lui, rien n?est plus relaxant que la vue de ces poissons et le bruit du ruissellement de l?eau. ?C?est un remède efficace contre le stress?.

Asvin a d?autres cordes à son arc: il a réalisé des portraits et la décoration intérieure de sa maison. Il tient aussi beaucoup à ses chiens, deux bergers allemands et un griffon.

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