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Ultimatum des grévistes de la DWC au gouvernement

23 décembre 2006, 00:00

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par Jean-Denis PERMAL

Les six grévistes de la faim de la Development Works Corporation (DWC) pourront fêter la Noël et le Nouvel An comme il se doit. En famille. Le mot d?ordre de grève a en effet été levé hier après neuf jours de jeûne. Mais la plate-forme commune réunissant les représentants des syndicats, des partis politiques et des forces vives, n?a pas encore dit son dernier mot. Les grévistes accordent un sursis au gouvernement jusqu?à fin janvier 2007 pour mettre à exécution ses engagements envers les 202 licenciés âgés de plus de 50 ans, faute de quoi politiciens, dirigeants syndicaux, représentants des forces vives, et licenciés de la DWC se mettront de la partie.

Les grévistes réclament une liste de postes vacants dans les organismes parapublics, qui correspondent à leur profil.

C?est une lettre qu?a adressée, jeudi, le Premier ministre par intérim, Rashid Beebeejaun, aux représentants syndicaux des grévistes, qui a été le déclic pour la suspension du mouvement. Le document faisait état des engagements pris par le chef du gouvernement, Navin Ramgoolam, lors de la rencontre de mercredi. Notamment d?établir un relevé des postes vacants dans les organismes parapublics.

«Mo pa badine»

Les syndicalistes voulaient jusqu?ici que les engagements pris par Ramgoolam soient mis sur papier. Chose qui a été faite le lendemain au cours d?une rencontre entre le PM par intérim, Rashid Beebeejaun et les dirigeants syndicaux de la DWC. Ces engagements concernent notamment la mise en place d?un High-Powered Committee (HPC) pour étudier les possibilités de reclassement des employés de plus de 50 ans dans des organismes parapublics.

Seront aussi discutés : le gel de recrutements externes dans les organismes parapublics, la priorité au recrutement des licenciés de la DWC dans des organismes gouvernementaux, les possibilités d?emploi dans le secteur privé et une compensation équivalant à un mois et demi de salaire par année de service pour les dix prochaines années de service restantes.

La lettre aux représentants syndicaux indiquait que le HPC ne tiendrait pas ses travaux aussi longtemps que les six employés de la DWC ne mettaient pas un terme à leur mouvement de grève.

C?est le leader du Mouvement militant mauricien, Paul Bérenger, qui a annoncé la nouvelle de l?interruption de la grève de la faim au cours d?un rassemblement au Champ-de-Mars, hier, après une marche de protestation réunissant environ huit cents personnes.

Il a affirmé que si le gouvernement ne respectait pas ses engagements, plusieurs syndicalistes, notamment Toolsyraj Benydin, Deepak Benydin, Jack Bizlall, Jane Ragoo, Atma Shanto, ainsi que Harish Boodhoo et lui-même, entameraient une grève de la faim en soutien aux licenciés. «Zot kon mwa, kan mo met la tête la dan mo pas badiné», lâche le leader du MMM.

Le porte-parole des syndicats de la DWC, Toolsyraj Benydin, a souhaité que le gouvernement respecte le délai accordé par les grévistes pour mettre en pratique ses engagements. Au cas contraire, dit-il, «sel solution c?est révolution». Il a aussi entonné des chansons de solidarité en faveur des grévistes.

Le leader du Mouvement socialiste militant, Pravind Jugnauth a, de son côté, salué le courage des grévistes de la faim face à «un gouvernement dominère». Anil Gayan, de l?Union nationale a critiqué l?absence du PM à un moment où les employés de la DWC font la grève. L?année 2007 sera encore plus difficile pour la classe laborieuse, affirme-t-il, avant d?appeler à «déboulonner au plus vite le chef du gouvernement de son fauteuil». Le syndicaliste Reeaz Chuttoo a, de son côté, insisté pour que les politiciens n?utilisent pas cette plate-forme «pour effectuer des rapprochements politiques».

C?est vers 17 heures que la grève de la faim a pris fin. Les grévistes accompagnés de leurs épouses ont démonté la «tente verte» aménagée dans la cour de la DWC qui avait abrité les grévistes.

RÉACTIONS

Beebeejaun satisfait que «le bon sens ait prévalu»

Le Premier ministre par intérim, Rashid Beebeejaun, se dit satisfait que «le bon sens des travailleurs de la DWC ait finalement prévalu». «J?espère maintenant que les représentants syndicaux des travailleurs âgés de plus de 50 ans retourneront à la table des négociations au sein du High-Powered Committee présidé par le secrétaire aux Affaires intérieures, Raj Mudhoo», a-t-il déclaré, hier soir, sur la MBC-TV.

Il a déclaré que le comité qu?il a présidé sur le sort des travailleurs de la DWC a siégé plus d?une fois. Il est possible, dit-il, que toutes les informations transmises aux syndicalistes ne soient pas parvenues aux travailleurs concernés. Rashid Beebeejaun a affirmé que le gouvernement avait, à plusieurs reprises, invité les travailleurs de la DWC à se rendre au comptoir spécial mis sur pied par le ministère du Travail et des Relations industrielles à leur intention sur les avantages d?une retraite prématurée et des possibilités de redéploiement.

Pour lui, il est clair que l?action syndicale a été «vite récupérée par la politique». De son côté, le ministre de tutelle, Vasant Bunwaree, déclare que le gouvernement fait le maximum en termes de compensation et de pension de retraite pour les travailleurs âgés de plus de 50 ans. Pour lui, les anciens de la DWC ont droit à un package qui est bien meilleur que celui des licenciés de la Central Housing Authority. «Nous avons fait le maximum, car le gouvernement travailliste est un gouvernement extrêmement humain», a-t-il conclu.

La formule de la compensation

La formule de la compensation est un sujet de discorde entre les syndicalistes et le gouvernement. Le ministre des Infrastructures publiques et du Transport intérieur a fait un calcul pour prouver qu?il est plus avantageux de prendre sa retraite entre 50 et 60 ans. Ainsi, si un employé de la DWC, âgé de 55 ans, comptant trente années de service et touchant un salaire de Rs 10 000, se verra offrir une compensation de Rs 325 000 et une pension mensuelle de Rs 5 000 jusqu?à ce qu?il atteigne les soixante ans s?il prend sa retraite maintenant. Si ce même employé se retire à soixante ans, il touchera une compensation de Rs 250 000 et une pension mensuelle de Rs 5 000. Si un contremaître âgé de 55 ans touchant un salaire de Rs 13 930 et comptant 34 années de service se retire maintenant il touchera alors une compensation de Rs 452 725 et une pension mensuelle de Rs 6, 965. S?il se retire à 60 ans, il touchera alors une compensation de Rs 348 350 et une pension mensuelle de Rs 6, 965.

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