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Culture générale
L?interculturel ou la guerre. Fondamental de la pensée d?Issa Asgarally. Son ?combat? pour la paix, contre les cultures ?meurtrières?. Pour que tombent les citadelles du multiculturel, cette ?simple juxtaposition ou mosaïques de cultures, de mode de vie?.
Engagé, il l?est. Issa Asgarally tient à son idée. La couche à nouveau sur papier. En dessine les contours pour palper sa réalité. L?île Maurice des cultures. Ouvrage de pure lignée. S?inscrivant dans la démarche de faire se rencontrer les hommes, là où ?personne n?a jamais vu deux cultures se rencontrer?.
L?île Maurice des cultures, publié aux éditions Le Printemps a été lancé vendredi. évitant d?en faire un autre L?interculturel ou la guerre, Issa Asgarally choisit en substance de mettre en image le propos exposé dans l?essai sorti en 2005 et préfacé par Jean-Marie Le Clézio. Il y reprend l?ossature de son raisonnement, c?est à dire ce nécessaire dépassement du multiculturel pour mettre le cap à fond toutes sur les vastes étendues de ?l?échange interculturel?.
Appuyant cette fois son argumentaire sur des photos d?archives et de clichés récents. éblouissement des couleurs pour fixer, non pas l?arc-en-ciel (enfer et damnation ! ), mais bien le mélange sans feinte des teintes humaines. Pour que ?l?interculturel se réalise un jour sur cette terre émergée au milieu d?un océan?.
S?avouer enfin que c?est ?parce qu?aucune culture ne renferme la totalité de l?existence humaine, que la rencontre avec une autre culture permet de mieux se connaître, d?enrichir son imagination, (?) se débarrasser de certaines traditions paralysantes?. Faire le point. Bilan de ce qui existe après les vagues de colonisation européenne et les quatre décennies (ou presque) d?indépendance.
Oriente le regard vers des images choisies
Inventaire qui, du peuplement de Maurice aux visiteurs célèbres ?qui font escale inopinément ou qui y séjournent?, ont creusé sillon, aussi bien dans l?imaginaire que dans le conscient collectif.
Livre du mot minimal. Livre de l?image maximale. L?île Maurice des cultures parle avec le ton de celui qui raconte. Celui qui énumère. Celui qui ne juge pas. Pas en apparence en tout cas. Discrètement, Issa Asgarally oriente le regard vers des images choisies. Compose tout de suite après les ?grandes fêtes culturelles? ? (notons que l?auteur ne dit pas religieuses, classant côte à côte fête nationale, Eid-ul-Fitr, Maha Shivaratree?) ? avec les mythes et légendes.
Évidemment Malcolm de Chazal est là, avec sa Lémurie. L?auteur le fait vivre en bonne intelligence avec la légende de Grand-Bassin, puis celle de Ratsitatane.
Dans un pays où les questions de quota, de représentativité selon l?origine ethnique (à défaut de celle des idées) priment sur de plus vastes considérations de rassemblement, Issa Asgarally met le doigt dans l?engrenage de nos préjugés. Navigue à vue entre les écueils pour nous en mettre plein la vue ?et le palais. Du bouillon de bigorneaux au chatini de pommes d?amour au poisson salé, l?auteur reprend à son compte cette phrase de Philippe Lenoir : ?Chaque pays, même une petite île lointaine, garde la fierté de ses casseroles?. En précisant que les plats présentés,?loin d?être des recettes de cuisine (ne sont destinées qu?à présenter au lecteur étranger une liste forcément incomplète des plats d?ici?.
Aller vers l?autre pour mieux regarder (non pas son nombril mais) sa réalité. Sortir de la navrante banalité de la nation arc-en-ciel. ?Il n?y a pas plusieurs races. Il n?y a que le genre humain.? Issa Asgarally a le mérite de vouloir le rencontrer.
*Publié aux éditions Le Printemps, L?île Maurice des cultures est en vente à Rs 400.
PROFIL
À propos de l?auteur
■ Nous parler de nous même. Voilà qui semble être le credo d?Issa Asagarally, docteur en linguistique et professeur associé au Mauritius Institute of Education (MIE). Il commence à publier en 1985, année de parution de Littérature et révolte. Temps de réflexion. Avant que ne sorte en 1997, étude pluridisciplinaire sur l?exclusion à Maurice. Suivi en 1999 d?éducation et culture à l?aube du troisième millénaire, en 1999. C?est aussi l?année où commence à paraître la revue littéraire Italiques. Issa Asgarally s?intéresse à la télé. Il en fait. Présentant le magazine des livres Passerelles deux fois par mois sur la première chaîne de la MBC. En 2000, il publiait Pour une histoire de la télévision publique à Maurice. Poèmes d?amour du monde, L?île Maurice des écrivains et des artistes, De l?esclavage et Une brève histoire du livre font partie des publications du même auteur. Sans oublier L?interculturel ou la guerre, essai paru l?année dernière.
PRIX JEAN FANCHETTE CUVÉE 2005
Quand Maurice s?écrit
■ C?est l?histoire d?un ?mari deal?. Celui de l?édition 2005 du Prix Jean Fanchette. Cette année-là, le genre choisi était la nouvelle. Le jury avait été choisi. Dans le fauteuil du président : Jean Marie Le Clézio. Dans celui du coordinateur : Issa Asgarally. Troisième larron (il en faut toujours un), Christophe Vallée, professeur de philosophie qui a quitté l?île depuis. Le tout ayant pour organisateur la mairie de Beau Bassin Rose-Hill.
Mais voilà, c?était la mauvaise période. Un peu comme à la saison des cyclones. élections oblige, la remise des prix fut retardée. Obligations oblige, celles de Jean Marie Le Clézio ont forcé les participants à patienter. Jusqu?au jeudi 12 avril 2006.
À la proclamation des résultats, ô surprise. Trois lauréats. Eileen Lokha, Judex Acking et Gillian Geneviève. Après délibérations, il est décidé que les gagnants se partagent la moitié du prix, doté de Rs 100 000 au total. L?autre moitié devant être consacrée à la publication d?un recueil.
C?est chose faite depuis cette semaine. Fatima et autres nouvelles est paru aux éditions de l?océan Indien. Panorama des styles, il montre surtout que les participants au concours n?ont manqué ni d?imagination, ni d?inspiration.
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