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SIL : les dessous de la révocation de S. Teelock

2 octobre 2006, 00:00

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Le gouvernement n?épargne personne, même pas ses nominés. Il a révoqué le président du conseil d?administration de la State Informatics Limited, Sanjit Teelock (photo), reconnu pour ses compétences en informatique. Le gouvernement en a décidé ainsi, vendredi. Deux raisons circulent. Officiellement, Sanjit Teelock serait parti en mission sans permission. Mais son refus de révoquer son managing director, Kushan Naik, ne serait pas étranger à cette réaction du régime.

?Je confirme que j?ai reçu ma lettre de révocation. A mon avis, c?est suite à mon refus de considérer la révocation de Kushan Naik, qui a fait un travail formidable avec le SIL, on and off, ces 13 dernières années. Je me devais d?agir dans l?intérêt de la compagnie et de ses employés ainsi que celui du pays et du Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui m?a nommé à ce poste?, a affirmé, hier après-midi, à l?express, Sanjit Teelock. Ce dernier avait soutenu l?Alliance sociale lors de la campagne électorale en 2005.

Présenté par les tenants du pouvoir comme le ?neveu de Prem Nababsing?, proche du précédent régime, Kushan Naik serait sur la Hit-List depuis le début de l?année. Nommé à la tête de la SIL en janvier, Sanjit Teelock avait été mis en présence de ces faits. Un mois ne s?était pas écoulé que l?on demandait la tête du directeur. Mais le président du conseil d?administration n?obtempère pas. Une mission à Dubayy changera le cours des choses.

La SIL dispose d?un contrat avec Oracle, portant sur les logiciels. Il s?avère que la branche locale d?Oracle négociait directement avec l?Etat et le secteur privé sans passer par SIL, qui avait acheté la licence pour ce logiciel. Des tentatives de régler le problème n?aboutissent pas. Le président et son managing director décident de partir d?urgence pour Dubayy. Le départ est fixé pour le 22 août. Mais le samedi 19 du même mois, le ministère des Télécommunications aurait demandé à Sanjit Teelock d?annuler sa mission.

Le président résiste, estimant qu?il n?a pas à obtenir l?aval du ministre. Il part. Le tandem Teelock-Naik y reste un jour et demi. ?Ces discussions ont permis à la SIL de gagner entre Rs 20 à Rs 25 millions?, affirme une source au sein de la firme. Mais le gouvernement est saisi de l?affaire. Il est question que Sanjit Teelock rembourse ses frais de voyage et que Kushan Naik soit révoqué.

Et le 31 août, le ministère demande au président de la SIL de réunir son Board. L?ordre du jour tient en trois points : révocation de Kushan Naik, le remplacement par son adjoint et le remboursement des frais de voyage à Dubayy. Sanjit Teelock aurait alors invoqué le Companies Act pour ne pas organiser la réunion. ?Il a exprimé son désaccord avec cette réunion. Il a affirmé que le conseil n?avait pas eu le délai adéquat pour étudier la question avant la réunion?, fait ressortir un directeur du board.

Le conseil d?administration se réunit trois jours plus tard, dans les règles. Entre-temps, l?ordre du jour est modifié. Un seul item : la mission à Dubayy. Aucune mention de la mise à pied du managing director est faite. Pas question de remboursement des frais de voyages? Selon un directeur, Sanjit Teelock avance que la SIL est une entreprise privée. Pour une mission, il n?a pas à chercher l?aval du ministère, étant donné que la SIL a le statut juridique d?une compagnie privée.

Près de trois semaines s?écoulent. Calme plat. Jusqu?à cet appel, le jeudi 21 septembre, du Premier ministre suppléant, Rashid Beebeejaun, à Sanjit Teelock, lui demandant de révoquer son managing director. Le président se dit d?accord pour suivre les instructions du gouvernement. Mais il demande un délai afin d?informer le Premier ministre, Navin Ramgoolam des ?véritables enjeux? à la SIL.

?La SIL travaillant sur un appel d?offres pour le compte du ministère des Finances zambien. La firme avait 50 % de chance de décrocher le contrat, ayant entrepris un travail similaire en Namibie. Et Kushan Naik en était la cheville ouvrière. Son départ aurait fait perdre les chances à la SIL de décrocher ce contrat de quelque Rs 1,3 milliard?, souligne un cadre de la firme.

Après Sanjit Teelock, il ne reste plus à Kushan Naik que de partir de la SIL. Son contrat, qui arrive à terme en décembre, ne serait pas renouvelé.

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