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La série continue

30 septembre 2006, 00:00

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Le cinéroman Nirvan Veerasamy à Air Mauritius a donc pris fin. Le dénouement a eu lieu sans véritable surprise même si depuis plusieurs épisodes on ne cesse de nous marteler le fait qu?il n?allait pas y avoir de changement à la tête de la direction de la compagnie nationale d?aviation. C?est désormais en cours et les principaux protagonistes se livreront à diverses acrobaties sémantiques pour justifier leurs postures passées. Du Premier ministre à l?ex-directeur général d?Air Mauritius en passant par d?autres acteurs non moins importants, on tentera de nous expliquer pourquoi a démissionné celui qui n?allait pas démissionner après avoir été pourtant poussé à la démission pour ne pas essuyer une éventuelle démission imposée?

Il n?est pas seulement question du seul cas d?un Nirvan Veerasamy confronté au président du conseil d?administration d?un organisme parapublic. On est là dans la saga des directeurs généraux en délicatesse avec les présidents de conseil d?administration. Décidément, on n?en sort pas, quelle que soit la majorité en place. Il semblerait bien qu?on se retrouve dans une situation où les fonctions antagonistes finissent par venir à bout des hommes. Cela est aussi dû au fait que la politique reste chevillée à toutes les autres considérations, rendant souvent caduques des initiatives strictement professionnelles.

Dans un entretien qu?il accordait à «l?express dimanche» en date du 11 septembre 2005, le président du conseil d?administration de la MBC fraîchement nommé, Fareed Jangeerkhan, évoquant ses futures relations avec le directeur général de la station de radio-télévision publique, n?hésitait pas à déclarer : «Notre tandem est un scoop pour le maiden !? Le pouvoir est peut-être entre les mains du conseil d'administration, mais il est «on a day-to-day basis» entre les mains du directeur. Quand il y aura macadam, il se retournera vers le conseil.» Les intentions sont toujours aussi bonnes mais en fin de compte, ce sont les mêmes difficultés qui surgissent.

Structurellement, le dysfonctionnement est inévitable. Avec dans la majorité des cas, deux nominés politiques qui rivalisent de courbettes, on ne peut attendre rien de moins qu?une pratique assidue du lèche-bottisme pour plaire à leur Premier ministre. Les conflits de personnalité sont incontournables. Entre un président de conseil supposé élaborer une stratégie générale et un directeur général engagé dans la gestion au jour le jour, les confrontations surgissent dès que l?un a l?impression que l?autre piétine sur ses plates-bandes. Dans notre édition d?hier, Nirvan Veerasamy ne dit pas autre chose lorsqu?il évoque ces «différends très profonds à la direction d?Air Mauritius concernant la gestion même de l?entreprise.»

Les politiques, eux, n?en ont cure. Ils nous serinent depuis toujours la nécessité des nominations politiques qui allient esprit partisan et qualités professionnelles. Un critère qui n?a de pertinence qu?en théorie. Car souvent, les hommes qu?on désigne à la tête des entreprises publiques s?engagent dans un pernicieux jeu de pouvoir. Toute cette niaiserie sur l?équilibre entre compétence et obédience politique a fait son temps. Dans nos ambassades, ces vitrines à l?étranger, à la tête des organismes publics en passant par des positions intermédiaires, on ne cesse de travestir le sens même de nos institutions.

Le professionnalisme est une denrée rare à Maurice. Cela on le sait. Ce dont on est encore plus conscient, c?est qu?il se raréfie davantage quand l?obligation de résultats est subordonnée à l?obligation de plaire au seigneur du jour. Des organismes publics en font les frais. De ces conflits de personnalité qui n?en finissent pas. De ces hommes et femmes qui sont souvent en bisbille pour pouvoir continuer à cuirasser le vernis de leur vanité au détriment de la permanence de gestion saine que nécessitent les compagnies publiques.

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