Publicité

Air Mauritius : réunion sous haute tension

29 septembre 2006, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Deepa BHOOKHUN

Il faut préserver les apparences, mais les conflits latents ne manquent pas de provoquer des étincelles. A l?Assemblée générale des actionnaires d?Air Mauritius, hier, au Centre des conférences de Grand-Baie, les regards sont braqués sur le directeur général, Nirvan Veerasamy. Ce dernier avait annoncé qu?il ne comptait pas solliciter le renouvellement de son contrat.

Et Nirvan Veerasamy ne peut s?empêcher de perdre son sang-froid. Envers Suren Dayal, député de la majorité, d?abord. «Pleased to meet?» lance-t-il laconiquement une fois que Suren Dayal se présente lors de la réunion. Ce dernier veut des éclaircissements sur ce qu?il appelle le «mari deal» entre Air Mauritius et Air Seychelles.

Suren Dayal allègue que ce deal se fait au détriment d?Air Mauritius : la compagnie nationale d?aviation revendrait les billets pour Seychelles à moins cher, donnerait, par là, des subsides à Air Seychelles et ferait perdre Rs 500 millions à Air Mauritius.

«Oui, nous avons un contrat. Oui, nous achetons des sièges avec Air Seychelles, mais je ne peux divulguer des informations confidentielles. Laissez-moi vous dire en tout cas qu?Air Mauritius ne fait pas de routes qui lui font perdre Rs 500 millions. Et les avantages que nous percevons de l?accord avec Air Seychelles ne se mesurent pas au seul gain pécuniaire», rétorque sèchement Nirvan Veerasamy.

Le député de la majorité s?interroge aussi sur le fait qu?Air Mauritius paie Air Seychelles en devises étrangères. Réplique de Nirvan Veerasamy : c?est bien le cas car c?est ce qu?exige Air Seychelles.

Le syndicaliste, Jack Bizlall, s?attarde pour sa part sur la décision du directeur général de ne pas renouveler son contrat. Décision qu?il qualifie de «bête».

Jack Bizlall évoque également la qualité du service d?Air Mauritius et exprime des réserves sur la sécurité. L?on parle de bonne gouvernance, mais la bonne gouvernance veut aussi que l?on vérifie les intérêts d?un directeur avant de l?employer, indique Jack Bizlall.

«J?apprécie moyennement l?ironie de vos propos. Ce n?était pas nécessaire», réplique sèchement Nirvan Veerasamy. Jack Bizlall tente alors de répondre et Nirvan Veerasamy hausse le ton. «C?est mon tour. Laissez-moi parler !»

Nirvan Veerasamy assure à Jack Bizlall que Maurice va bientôt recevoir un certificat concernant son niveau de sécurité «et il y a des chances que nous ayons fait un sans-faute. Je suis satisfait et je ne reviendrai pas sur cela.»

«Je m?en tiens au communiqué»

Les membres du conseil d?administration, tentent, eux, de se présenter comme un front uni aux actionnaires. Et ces derniers ne manquent pas de chercher plus de renseignements sur les raisons de la démission de Nirvan Veerasamy. «Je m?en tiens au communiqué que nous avons émis. A moins que le directeur général ne veuille ajouter à cela», répond Sanjay Bhuckory.

Les autres intervenants sont Bissoon Mungroo, Nassir Ramtoolah, Awadh Balluck, Krit Manohur, entre autres. Il est surtout question des avantages dont bénéficient les directeurs d?Air Mauritius, entre autres, les billets d?avion gratuits. Information que le président n?a pas en sa possession malgré le fait que les questions avaient été envoyées à l?avance. Sanjay Bhuckory promet malgré tout de trouver un moyen pour que les actionaires puissent avoir accès à ces informations. Cela, après beaucoup de pression de ces derniers.

Bissoon Mungroo souhaite, lui, que les actionnaires bénéficient d?une remise sur leurs billets d?avion. Une requête qui n?a pas été agréée.

Les actionnaires demandent également que le poste du directeur général soit ouvert au public, se plaignant d?avoir eu « cinq directeurs généraux en cinq ans ».

Et la tension est certainement palpable, malgré les petites plaisanteries ici et là. Certains actionnaires élèvent la voix et le chairman et son directeur général ne s?en privent pas non plus?

A la fin de l?assemblée génerale qui a duré trois heures, Nirvan Veerasamy et Sanjay Bhuckory prennent des directions différentes. Leurs chemins ne se croisent pas durant la pause-thé. Mais le chairman insiste : «Nos relations sont cordiales»?

Publicité