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Ajaree met la MCIT en cause
Bye Issa Ajaree, aussi connu comme Bahim Ajaree, arrêté dans le sillage de l?enquête sur le braquage de la bijouterie Bijoulux, a juré un affidavit en Cour suprême, hier matin. Il affirme maintenant n?avoir jamais participé au braquage de la bijouterie et avoir été battu par les membres de la Major Crimes Investigation Team (MCIT) pour incriminer Cehl Meeah, l?ex-leader du Hizbullah. Il vient ainsi corroborer les dires de Me Jean-Claude Bibi qui avait allégué avoir été insulté par cette même équipe.
Interrogé hier, Prem Raddhoa a, lui, qualifié de ?hearsay? les dires du suspect sur la conversation qu?il (NdlR : Raddhoa) aurait eue avec Me Jean-Claude Bibi car, dit-il, le suspect se trouvait dans un autre bureau que son avocat. ?Il est clair qu?il y a un coup monté contre moi. Le peuple mauricien est assez intelligent pour le constater. Ces choses sont faites uniquement pour me nuire.?
Revenant sur les incidents survenus dans les locaux de la MCIT le 11 juillet, Ajaree affirme s?y être rendu accompagné de son avocat, Me Jean-Claude Bibi. L?inspecteur Lazarre aurait commencé à l?interroger de même qu?un autre officier dont il dit ignorer l?identité mais qu?il pourrait reconnaître. Il aurait nié avoir participé au braquage de la bijouterie et aurait donné des explications sur les circonstances dans lesquelles il s?est retrouvé sur les lieux.
?Menotté et battu?
Par la suite, l?inspecteur Lazarre aurait déclaré qu?il avait d?autres engagements à respecter et qu?en attendant, il serait placé en détention préventive. L?autre officier aurait ensuite fait une entrée dans le diary book. Et alors qu?Ajaree lui demandait d?y noter qu?il ne donnerait sa déposition qu?en présence de son avocat, il lui aurait rétorqué qu?il n?obéit pas aux directives des ?criminels?. L?officier, dit-il, se serait mis à l?insulter et aurait également proféré des injures à l?égard de son avocat.
L?homme aurait ainsi déclaré qu?il détient un diplôme et n?a pas d?ordre à recevoir d?un avocat. Il aurait ensuite menacé de frapper Me Bibi. Ajaree déclare qu?il fut ensuite emmené dans un autre bureau où il fut menotté et battu par d?autres officiers. De là où il se trouvait, il aurait aperçu Prem Raddhoa entrer dans le bureau où était Me Bibi.
Il aurait alors entendu Prem Raddhoa dire que ?Berenger inn fini sa?? et que celui-ci ne serait plus jamais Premier ministre. Le policier aurait également parlé de terroristes et déclaré que ?Ramgoolam kapav dormi lor so de zorey? car lui (Raddhoa) veillait à la ?sekirite la popilasyon?. Le SP aurait aussi fait mention de ?Konplo?pou fer mwa pey 400 000 roupi domaz?. Les mots ?DPP? et ?Ziz Peeroo et Ziz Balancy? auraient également été prononcés, ainsi que ?arrest? et ?fou li dan sel?.
Une fois son avocat parti, raconte Ajaree, l?officier dont il ignore l?identité serait venu lui enlever les menottes avant de les lui remettre, les mains derrière le dos. ?To pou koze to pa pou koze ? Aster to avoka la inn ale to bizin koz laverite.? Il aurait été battu à nouveau et emmené dans le bureau du SP Raddhoa. Là, il aurait aperçu le suspect Ramtoolah Hossen assis non loin. Ce dernier devait déclarer que lui (Ajaree) faisait aussi partie du plan pour braquer la bijouterie. En tentant de l?interrompre, dit-il, il aurait été giflé par le SP Raddhoa, qui lui aurait demandé pourquoi il ne disait pas ?la vérité?.
?Donn enn koreksyon?
Ajaree déclare avoir expliqué que la vérité est que Ramtoolah Hossen lui avait déclaré qu?il fallait ?donn enn koreksyon? à un individu qui harcelait une de ses proches. Et le jour du braquage, Ramtoolah Hossen serait passé le prendre à la gare Victoria en vue de donner la ?koreksyon? prévue. Il aurait accepté de les accompagner mais aurait précisé qu?il ne les aiderait pas à tabasser cet homme. Devant sa version, le SP Raddhoa l?aurait accusé de mentir et lui aurait dit que ses acolytes avaient déjà confessé leur crime.
Ramtoolah Hossen a déclaré qu?il avait remis à Ajaree Rs 50 000 provenant du braquage. L?argent était, dit-il, dans une enveloppe qu?ils ont ensuite remise à Cehl Meeah à sa résidence, à la rue Pagoda. Ajaree, lui, affirme avoir été pris de colère en entendant ?tous ces mensonges? sur un ?homme comme Cehl Meeah?. Il aurait donc lancé une boite de pins à la figure de Ramtoolah Hossen. Un geste qui aurait donné lieu aux invectives et aux coups des policiers.
Le 12 juillet 2006, Ajaree affirme avoir été emmené en cour et contraint à ne rien dire sous peine d?être tabassé. On lui aurait aussi demandé d?incriminer Cehl Meeah et promis que tout irait bien ensuite. Mais il aurait refusé de mentir.
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