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« Nous aimerions accueillir plus de monde »

10 septembre 2006, 00:00

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Depuis 2002 le « Rajiv Gandhi Science Centre » est installé à Maurice. Quelle est sa raison d?être ?

Le Rajiv Gandhi Science Centre est avant tout un lieu interactif. Avant, il n?y avait que des musées de type classique où les visiteurs venaient uniquement pour regarder. Le centre donne la chance aux visiteurs de faire quelques petites expériences.

Toutefois, je trouve dommage que les enseignants qui accompagnent leurs élèves soient aussi stricts avec eux pour la discipline. Ils exigent qu?ils se tiennent en ligne, visitent le centre dans l?ordre et leur interdisent de courir dans tous les sens. Or, le but du centre, c?est justement de laisser les enfants libres de leurs mouvements. C?est un lieu interactif conçu pour qu?ils aillent où ils veulent et touchent à tout ce qui les intéresse. Mais les Mauriciens ne sont pas encore habitués à ce genre de concept, cela viendra avec le temps. Nous organisons aussi des activités pour donner la possibilité aux jeunes d?aiguiser leur créativité et de montrer ce dont ils sont capables, comme avec l?exposition qui a eu lieu la semaine dernière.

Depuis votre arrivée dans l?île quel est votre constat de la place allouée à la science dans notre société ?

Du point de vue du directeur du centre, je pense qu?il y a quand même un certain manque à Maurice dans ce domaine. Nous avons eu 64 000 visiteurs au total depuis l?ouverture du centre. Mais en fait, 75 % sont des étudiants, c?est-à-dire que 54 000 personnes viennent en visite organisée. Le reste est composé essentiellement de personnes qui veulent passer un moment de détente. Ils ne viennent pas avec l?idée d?apprendre ou d?accroître leurs connaissances. Les parents font le déplacement parce qu?ils ont été poussés par leurs enfants qui sont déjà venus.

Très peu viennent parce qu?ils ont envie d?en apprendre plus et de découvrir certaines choses. Bien évidemment, nous aimerions accueillir plus de monde. Ce serait le reflet d?une nouvelle tendance à Maurice. Il faut certainement encourager les gens à porter un plus grand intérêt à la science.

Le gouvernement aspire à ce que les sujets scientifiques deviennent obligatoires jusqu?à la « Form V ». Que pensez-vous de cette initiative ?

Ce n?est certainement pas une mauvaise chose. Nous sommes entourés par la science. Il y a une explosion dans le domaine scientifique et plus particulièrement dans celui de l?informatique. De nos jours, il est important d?avoir une connaissance de base en la matière afin de comprendre ce qui nous entoure. Un enfant suit sa voie dans le domaine qu?il désire mais une connaissance de base dans ce sujet est importante.

Pour les étudiants, cette connaissance ne peut que leur être bénéfique. Ils seront formés pour penser selon la logique scientifique. Ils auront ainsi la culture de questionner, raisonner, amasser et interpréter des données. Cette faculté peut les aider dans d?autres domaines et dans leur vie de tous les jours. Tout le monde est capable de le faire jusqu?à l?âge de 16 ans. Il ne faut pas croire que cela est trop compliqué.

À votre avis, pourquoi les jeunes montrent si peu d?intérêt pour la science ?

Il devrait y avoir plusieurs raisons. Les parents qui se préoccupent de l?avenir de leurs enfants jouent peut-être un rôle lorsqu?ils constatent que le marché du travail n?offre pas beaucoup d?opportunité d?embauche dans ce domaine. Et puis il y a probablement la perception que les sciences sont des sujets difficiles à comprendre.

Pensez-vous qu?il y a des débouchés professionnels pour les scientifiques ?

Je pense que le marché du travail est plutôt limité. Il y a le MSIRI, le Centre de recherche d?Albion, le textile et maintenant une tendance vers l?informatique. Mais il manque d?autres structures dans lesquelles les jeunes peuvent évoluer. Par exemple, il n?y a pas de centres de recherche. Le potentiel au niveau académique est là, mais ils ne peuvent se tourner que vers quelques secteurs à Maurice. Il devrait y avoir des débouchés dans la médecine par exemple. Les jeunes auraient eu plus d?ouverture. À cause de certaines restrictions, ceux qui ont reçu une formation décident alors de faire carrière à l?extérieur. Comme en Inde quand il y a eu le brain drain. Mais les jeunes qui partent décident ensuite de revenir.

Pensez-vous que Maurice ait les moyens, en termes de compétences et d?infrastructures, pour développer la recherche scientifique ?

Maurice a certainement le potentiel et les compétences. Mais il faudrait penser à faire venir des experts avec qui travailler de concert. C?est une question d?opportunités pour une plus grande ouverture afin d?encourager la créativité. Il faut se pencher sur le sujet et essayer de voir quels sont les domaines qui ont besoin d?être développés pour le bénéfice de l?île.

Vous rentrez en Inde en décembre. Quel est votre bilan de ces quatre années passées à Maurice ?

Je n?ai pas rencontré de difficultés. Mon intégration s?est faite plutôt facilement. Professionnellement, cela ne m?a posé aucun problème. Je fais le même travail depuis maintenant trente ans, sauf que cette fois, j?étais dans un autre pays. Le but reste le même : celui de faire en sorte que le centre fonctionne dans les meilleures conditions possibles.

Dans ma vie personnelle également je n?ai pas rencontré d?obstacles. Je me suis facilement intégré à la so-ciété mauricienne. Il y a la barrière au niveau de la langue bien évidemment mais cela ne m?a pas posé de grosses difficultés.

Propos recueillis par Sandrine AH-CHOON

Et les gagnants sont?

Ces scientifiques en herbe ont su convaincre le jury grâce à leur ingéniosité. Ainsi, le premier prix pour la Form IV est allé au collège Renganaden Seeneevassen, et le premier prix pour la Lower VI, a récompensé le collège du St-Esprit.

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