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G. Duval : Devenons le R&R des G.Is. de D. Garcia

8 septembre 2006, 00:00

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Une partie appréciable du meeting duvalien, du 7 septembre 1981, au Champ de Mars, devant 15 000 personnes présentes (100 000 attendues), est consacrée aux avantages matériels que des Mauriciens peuvent escompter du squatting de l’armée étasunienne à Diego Garcia. Il faut savoir qu’au moment où Gaëtan Duval présente, comme un eldorado économiquement messianique, l’occupation illégale de notre archipel des Chagos par Anglais et étasuniens, des Iloises observent une grève de la faim, devant la prison de Beau-Bassin. Ne pouvant plus supporter le calvaire de leur détresse quotidienne, dans les faubourgs portlouisiens, elles campent sans manger devant cette prison afin, disent-elles, d’y avoir accès, même comme détenues, afin d’avoir un toit et à manger pour elles et leurs enfants. Elles réclament ainsi le droit d’être détenues car la prison vaut mieux, assurent-elles, que l’esclavage de la misère dans l’indifférence générale. Au moins, disent-elles, le gouvernement Ramgoolam sera obligé de s’occuper de nous. Pendant que des Iloises jettent leur dévolu sur des travaux forcés à perpétuité en échange du gîte et du couvert, des Mauriciens signent également un contrat avec un consortium américain en vue de l’embauche de 170 travailleurs mauriciens dans leur île natale de Diego Garcia.

Autre son de cloche, bien sûr, au meeting duvalien au Champ de Mars. Le leader du PMSD mendie aussi un mandat officiel pour discuter d’égal à égal, avec l’administration de Ronald Reagan, de l’aide que Washington doit nous accorder en échange du squatting de l’armée étas-unienne à Diego Garcia.

Pour Gaëtan Duval péna lotte sauvère ki Etats-Unis pou tire Maurice dans difé, compte tenu de l’ampleur de la crise économique qui s’abat alors sur notre pays. Notre seule planche de salut c’est que l’armée américaine utilise Maurice comme un immense supermarché pour approvisionner sa base nucléaire à Diego Garcia, soutient-il. Il exige que des Mauriciens soient embauchés pour y travailler à son édification. Un tel recrutement atténuera la crise du chômage, qui frôle les 18% de la population active, et assurera une appréciable rentrée de devises, Duval veut vendre, entre autres, aux étasu- niens de Diego Garcia, des agrégats, des œufs et des boissons gazeuses. Le seul macadam c’est que Gaë-Gaë n’est ni ministre, ni député, ni même femme de ministre, comme le lui a rappelé le Dr Philippe Forget.

Pendant que Duval bâtit des châteaux, non pas en Espagne, mais à Diego Garcia, tandis que des Chagossiennes supplient qu’on les enferment en prison, il se permet de critiquer la GWF pour avoir organisé une fête culturelle à l’occasion de son 10e anniversaire, alors que le pays compte 55 000 chômeurs.

Dans le numéro spécial du Rassemblement du 6 septembre 1981, il annonce son prochain départ pour les Etats-Unis. Son objectif ultime est de faire de l’île Maurice le R&R (Rest and Recreation) des Américains squattant notre île de Diego Garcia. Autrement dit nous pouvons assurer le repos du guerrier des G.Is. et autres Marine Boys. “C’est moi, Vénus, c’est toi, Mars !” Jadis, il voulut, de même, transformer Mahébourg en centre de délassement pour permissionnaires de l’armée américaine. Malchance ! le PTr voulait plus ou moins la même chose mais pour… l’Armée Rouge des successeurs de Staline.

Duval mise aussi sur Taïwan qui, allègue-t-il, peut implanter 200 usines à Maurice en deux ans. La Chine nationaliste exige seulement la nomination à Maurice d’un attaché commercial formosan. SSR leur répond à tout coup qu’il doit au préalable consulter l’ambassadeur de la Chine communiste (Merci SSR !).

Duval attend impatiemment la réponse de ce dernier concernant sa quinzaine de revendications. Le meeting du 7 septembre 1981 commence à 12h15 pour prendre fin à 13h45. On désigne alors les délégués devant aller chercher la réponse ramgoolamienne aux revendications duvaliennes. Fifi Henri, Pierre Simonet, Monaf Fakira, Jean Claude Philibert, Nanda Kistnen, Allan Driver, la composent.

Duval explique que le GM, le secteur privé et les syndicats à la solde des communistes et du MMM ont tout fait pour dissuader les Mauriciens d’assister à son meeting. Il accuse les capitalistes de ne pas vouloir combattre le chômage. Il rappelle que le plus grand malheur que l’Indépendance c’est la corruption des consciences à Maurice.

Arrive alors la réponse, forcément décevante de SSR. Il fait savoir que le Conseil des ministres du 12 septembre 1981 examinera les exigences duvaliennes. Le leader du PMSD refuse de devoir attendre jusqu’au 12. Il exige une réponse immédiate. Il renvoie la délégation chez SSR. Ce dernier n’est plus à l’Hôtel du GM. Duval propose aux siens de se rassembler devant son bureau le 12 septembre pour prendre connaissance de la réponse ramgoolamienne. Ses partisans décident alors d’aller camper devant la demeure du Premier ministre, à la rue Desforges, Plaine Verte. Sitôt dit, sitôt fait. Voilà la foule qui se rassemble ici et là devant la maison de SSR et dans les environs de la place Ducray (aujourd’hui Kaddafi).

La situation commence à se détériorer avec le jet des premiers projectiles sur les policiers, montant la garde devant la maison de Ramgoolam. La Riot Unit répond sans tarder en tirant des grenades de gaz lacrymogène en direction des lanceurs de projectiles.

Entre-temps Ramgoolam regagne son domicile. Il consent à recevoir pour la seconde fois et pendant cinq minutes la même délégation pour lui donner la même réponse : examen des exigences duvaliennes lors du Conseil des ministres du 12 septembre 1981.

Nouveaux échanges de projectiles et de gaz lacrymogène. Vers 19h45 toutefois, le combat prend fin faute de combattants et la manifestation de même, toujours faute de manifestants.

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