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Heureux propriétaires enfin?

8 septembre 2006, 00:00

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Merci. C?est un mot qui vient du fond du c?ur de Marlène Laboudeuse. Elle se fait la porte-parole des anciens habitants de Camp-La-Colle. ?Je sais que je ne pourrais jamais remercier tout un chacun individuellement, mais ils doivent savoir que nous leur sommes éternellement reconnaissant?, dit-elle. Une quarantaine de familles qui vivaient dans des conditions déplorables à Rivière-Noire découvriront leurs nouvelles demeures construites par la National Housing Development Company.

Camp-La-Colle est à mettre aux oubliettes. Dans ce quartier de Rivière-Noire, une vingtaine de familles, des squatters d?un terrain privé, ont vécu les moments les plus douloureux de leur existence. Elles vivaient dans des masures. Sans eau ni électricité. Les habitants cuisinaient sur des foyers à même le sol ou dans un bicoque de fortune. Le mauvais temps était leur pire cauchemar. L?eau passait par le toit couvert de feuilles de tôle plus ou moins rouillées alors que le sol se transformait en sentiers boueux. Des arbres boules de gomme (pié lakol) et un grand tamarinier complétaient le cadre.

Camp-La-Colle, c?est du passé. C?est maintenant le Village du Tamarinier qui est sorti de terre après plusieurs mois des travaux et de procédures administratives. Il a fallu un vaste mouvement de solidarité allant même jusqu?à la création d?une association, La Société Camp-La-Colle, présidée par Harold Mayer, pour que ce projet aboutisse. Le propriétaire du terrain a aussi été généreux. Si le gouvernement a mis la NHDC en jeu, une partie du projet a été financée par des donateurs. Il y a eu aussi des collectes de fonds pour permettre à ces anciens squatters et à quelques habitants des longères de Rivière-Noire d?avoir une maison. Le Trust fund for the integration of the vulnerable groups et la paroisse de Rivière-Noire ont aussi apporté leur soutien. La Communauté Internationale des Villes Solidaires (Civis) de la Réunion avec laquelle le conseil de district a un accord pour le développement social, était aussi partie prenante.

Un toit décent

Marlène Laboudeuse a une pensée spéciale pour Anielle Ducray et Sophie D?Hotman de La Société Camp-La-Colle, qui ont mobilisé plus d?un. ?Elles ont été avec nous malgré des hauts et des bas. Elles n?ont jamais été découragées.? Cette association a fait découvrir aux nouveaux propriétaires le Plan Epargne Logement (PEL). De plus, ils ont appris comment vivre en communauté sans déranger les voisins pour éviter des conflits sociaux.

Les habitants de Village du Tamarinier souhaitent continuer de travailler avec cette association pour leur bien-être. ?Il ne faut pas laisser l?alcool ou la drogue gagner ce coin. Il faut continuer à trouver des activités sociales et sportives pour tout le monde et mettre en pratique tout ce que nous avons appris?, dit la porte-parole des habitants. Elle a déjà des projets en tête pour aider ses voisins (voir hors-texte). Ceux-ci ont longtemps attendu pour avoir un toit. Quelques-uns ont habité à Camp-La-Colle pendant plus de 20 ans et ont connu la misère. Mais ils n?arrivent toujours pas à croire que leur plus vieux rêve se réalise aujourd?hui. Meriza Auguste a passé la soixantaine. Son mari, Gaby, est décédé avant d?avoir une maison digne de ce nom. Elle exprime son bonheur dans un langage imagé mmais ô combien émouvant : ?Mo bien kontan. Aster kan mo dormi mo ne pli pou trouv zetoil atraver plafon ek pa pou tann lapli tombe lor tol?, dit-elle.

SOYEZ GÉNÉREUX?

Pour les enfants

Il existe deux terrains vagues au Village du Tamarinier. L?un se trouve sous le grand tamarinier et l?autre un peu plus loin. Marlène Laboudeuse lance un appel aux firmes de la région pour transformer le premier terrain en jardin d?enfants. Elle souhaite aussi avoir un grand conteneur pour en faire un lieu de rencontres pour les enfants et les femmes. Elle a identifié le deuxième terrain vague pour ce projet. Ce local de fortune servira à former les femmes dans l?artisanat et à dispenser des cours d?alphabétisation. Les enfants pourront, de leur côté, suivent des cours de peinture et de rattrapage.

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