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Gaz lacrymogène pour le 7 septembre du PMSD

7 septembre 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Tout commence pourtant dans le calme au Port Louis en ce 7 septembre 1981 tant attendu par certains. La fin de la manif monstre, organisée par Gaëtan Duval pour impressionner les Yankees, squattant Diego Garcia, sera plutôt mouvementée, surtout du côté de la Plaine Verte, à quelques mètres de la demeure de SSR, avec des jets de projectiles de la part des manifestants impatients et excités et une riposte policière à coups de grenades de gaz lacrymogène.

Gaëtan Duval, Rose-hillien invétéré, selon des proches, espère, en cette journée messianique, rassembler 100 000 personnes, si possible devant l?ambassade états-unienne, rue John-Kennedy, Port-Louis, pour se donner une légitimité populiste, à défaut d?être officielle et pour soutenir ses 15 exigences Elles concernent entre autres une allocation de chômage de Rs 300 par mois ; une compensation salariale électoraliste pour tous, équivalente à celle imposée à l?industrie sucrière ; l?accès à Diego Garcia pour les travailleurs mauriciens; la mise en chantier immédiate de l?aéroport du Nord pour créer 5 000 emplois ; l?annulation de l?injonction de l?Attorney General, empêchant la mise en application du rapport Lefebvre (port) ; l?autorisation du pillage de nos fonds marins par 6 000 jeunes chasseurs sous-marins ; une pension garantie aux veuves des dockers licenciés, au même taux que pour les fonctionnaires ; l?annulation de la hausse des loyers des veuves qui passe de Rs 11 à Rs 62 ; la réduction des loyers des maisons CHA ; l?équipement des cités ouvrières en eau, électricité, téléphone, route, là où cela fait défaut ; la garantie d?un 13e mois aux fonctionnaires et aux semi-fonctionnaires ; la réduction du prix de l?essence et la vente quotidienne de trois gallons d?essence aux chauffeurs de taxi à Rs 15 le gallon (4,5 litres) ; le rétablissement du Book Loan Scheme et le paiement des frais d?examens des étudiants nécessiteux, etc.

La veille du 7 septembre, Le Rassemblement paraît en numéro spécial avec grands titres en bleu et photo de Duval en une. Il déclare : ?Il faut mettre un frein à la corruption des âmes et des consciences depuis l?Indépendance?. Le PMSD de l?ancien mendiant d?une présidence nommée et non élue de la cité de Port Louis exige, à présent, la tenue immédiate d?élections municipales générales (sic) immédiates.

Gaëtan Duval demande aux Mauriciens ?qui ont encore du sang dans les veines? de forcer le gouvernement Ramgoolam à mettre fin aux privilèges de la population rurale au détriment de celle des villes et de refuser le statut de citoyens de seconde classe qu?on impose aux citadins. Il adresse une ?lettre aimable à la bourgeoisie? qu?il ne traitera pas de conne car il n?est pas Jacques Brel. Il lui reproche son infidélité du 14 juin 1981 : ?Vous n?étiez pas présente au rendez-vous que je vous ai donné?. Il l?accuse d?indifférence à son égard. Il en veut à Alain Gentil pour son billet, empreint de pessimisme, et à ceux qui l?invitent à prendre la porte de sortie. Il exalte les quelques jeunes ayant accepté son appel du 14 juin. Il lui rappelle la triste réalité des 55 000 chômeurs enregistrés en 1981. Nous sommes alors (et déjà) ?au bord de l?explosion sociale?. L?heure n?est plus aux ?pirouettes, discours, serments et promesses? de changer la vie. ?Vous savez que sans moi la politique ne sera jamais pareille? Nombreux sont ceux qui essayent de prendre ma place dans votre? c?ur? D?un coup d?aile et de bec, je les rejette dans l?obscurité (caro cane)? La politique ne se fait pas dans les clubs et salons (le RPL appréciera). Elle se fait dans la rue? Elle ne se fait pas à coups de dossiers et de statistiques? L?amour et la confiance du peuple sont indéfinissables, instinctives, intuitives, viscérales? Je n?ai pas cherché crosse à Mgr Jean Margéot qui défend le Père Tam In, prêchant à Rodrigues contre le gouvernement Ramgoolam??

Gaëtan Duval conclut ses amabilités en invitant l?île Maurice ?sclérosée, rhumatisante?, à participer au bain de jouvence du 7 septembre 1981. Il cite même le bon roi Henri IV, s?exclamant : ?Pends-toi, brave Crillon, nous avons vaincu à Argues et tu n?y étais pas?. Toujours dans le même numéro spécial, Georges Duronne garantit à Gaëtan Duval que tout est OK ! et qu?il aura les 100 000 participants escomptés pour le 7 septembre. Il en aura seulement 15 000, selon The Nation de Satcam Boolell, soit légèrement plus que les 12 000 personnes célébrant, la veille, le 10e anniversaire de la GWF, chiffre fourni par le même journal.

Le lundi 7 septembre au matin, les sympathisants du PMSD commencent à se rassembler aux trois points de ralliement : Cité Valleejee, Abercrombie et Plaine Verte. D?autres attendent déjà devant l?hôtel de ville de Port-Louis. L?on note une forte présence policière dans les rues de la capitale. Présence discrète mais déterminée. Beaucoup de commerçants ferment boutique ou entrouvrent seulement leurs portes. Les collèges font relâche, tout comme les bookmakers.

Vers 10h30, des manifestants quittent Cité Vallijee pour se rendre au Champ-de-Mars. Ils veulent prendre la rue Brabant pour manifester devant l?ambassade américaine mais la police les oblige fermement à passer par la rue d?Entrecasteaux. Gaëtan Duval se fait porter sur les épaules de ses partisans jusqu?au Champ-de-Mars.

A demain, le compte-rendu du meeting duvalien au Champ- de-Mars devant 15 000 sympathisants et le mot d?ordre donné aux sympathisants d?aller attendre la réponse de SSR devant sa demeure, rue Desforges, Plaine-Verte, Port-Louis.

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