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?Vol 93? : ligne directe avec le 11 septembre
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?Vol 93? : ligne directe avec le 11 septembre
Ils visaient la Maison-Blanche. Le 11 septembre 2001, quatre membres d?al Quaeda détournent le vol 93 de l?United Airlines. Cap sur le symbole du pouvoir institutionnel américain.
Au fil des minutes, l?objectif se précise : les pirates de l?air veulent crasher l?avion contre la résidence des présidents des Etats-Unis. Mais il y a le courage des passagers. Au péril de leur vie (pas de survivant), ils feront échouer l?attentat : l?avion s?écrase dans un champ en Pennsylvanie.
Vol 93, film de Paul Greengrass, nous transporte à bord de l?appareil. Décollage ce soir, lors de l?avant-première de ce film mêlant habilement fiction et documentaire. C?est la septième avant-première organisée par l?express-samedi et les cinémas Star. A cette occasion, l?ambassade américaine propose une exposition regroupant 50 unes de journaux d?Amérique et d?ailleurs, sorties après les événements du 11 septembre.
Des événements que le réalisateur Paul Greengrass aborde sous l?angle de la rébellion et du courage. Produit en 2005 sous le titre original de United 93, ce film attire par sa sobriété, selon la critique française. Ce n?est pas un film à suspense, car la fin est déjà connue des spectateurs. Seule prime la reconstitution tenue et implacable dans ce film présenté hors compétition au dernier Festival de Cannes.
Dans l?avion, quatre individus masquent mal leur nervosité. Elle n?est pas seulement due au retard accusé dans le décollage du vol 93, qui doit relier New York à San Francisco. Moment crucial : entre le détournement et le crash, des passagers, alertés par ce qui se passe ce jour là ( le 11 septembre) aux Etats-Unis. Certains ont même appelé leurs proches.
Dans ses précédents films, notamment Bloody Sunday, sur la guerre d?Irlande, et La Mort dans la peau, film d?espionnage, l?Anglais Paul Greengrass avait imposé un style : caméra mobile et nerveuse, montage haché.
Cette fois, il adopte les signes extérieurs du reportage et produit un saisissant effet de vérité. On y apprend tour à tour ce qui se passe hors de l?avion : les bulletins de CNN qui se précisent au fil des heures, la lente réaction des autorités américaines, le président Bush injoignable parce que pris dans une fonction dans une école maternelle de Floride.
Le film ne fait pas appel à des acteurs connus. Il y a peu ou pas de personnages à proprement dire, surtout des silhouettes, celles des pilotes et des passagers. On sait ce qui va se passer, pas eux, et cette connaissance ajoute au caractère tragique de l?événement.
Si, selon la critique, Paul Greengrass insiste sur le manque de préparation de l?Amérique, il insiste qu??il était important pour nous de laisser de côté les stéréotypes d?héroïsme et de cruauté?. C?est d?ailleurs l?une des forces de Vol 93 : pousser sans cesse le spectateur à faire le va-et-vient entre le film et sa propre mémoire, son ?vécu? du 11 septembre.
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