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Possibilité de mot d?ordre de grève générale de la plate-forme syndicale
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Possibilité de mot d?ordre de grève générale de la plate-forme syndicale
Le mouvement syndical se durcit. Fort du succès de la manifestation de samedi à Quatre-Bornes, les dirigeants syndicaux vont maintenant discuter de la possibilité de lancer un mot d?ordre de grève générale.
C?est du moins la réaction de Toolsiraj Benydin, principal porte-parole de la plate-forme syndicale et président de la Fédération syndicale du service civil (FSSC), après les protestations formulées dans la circonscription du ministre des Finances, Rama Sithanen.
Il a indiqué à l?express, hier, que les dirigeants de la plate-forme syndicale se réuniront la semaine prochaine pour inscrire ce mot d?ordre de grève générale à l?agenda car ils sont très satisfaits de la mobilisation. C?est un signal fort dont le gouvernement devrait tenir compte, dit-il. ?Les travailleurs pensent que le gouvernement n?écoute pas la voix du peuple. A mon avis, il y avait plus de 4 000 personnes environ. Cela me fait penser au mouvement syndical des années 70?, ajoute-il.
La principale requête des manifestants, samedi, à Quatre-Bornes, était de demander au gouvernement de rectifier le tir sur nombre de décisions impopulaires. La foule, composée de salariés des secteurs public et privé et d?enfants, manifestait notamment contre la suppression du subside sur le riz et la farine, la hausse des prix du carburant et du gaz ménager, le report de l?âge de la retraite à 65 ans et l?abolition de la compensation salariale annuelle.
<B>Une dizaine d?enfants</B>
Des slogans hostiles au gouvernement, en particulier au ministre des Finances, Rama Sithanen et au Premier ministre, Navin Ramgoolam, ont été scandés tout au long de la manifestation, baptisée ?La marche du pain?. A pied ou à motocyclette, les contestataires, avec des banderoles et oriflammes rouges et bleues, reprenaient à tue-tête les appels des dirigeants syndicaux. Le tout dans une ambiance sonore de djembe et de sifflets, plus de deux heures durant.
?Nu pa per zot, nu pu lev ar zot,? ?Sithanen bizin demisione?, ?Seul solution c?est la révolution?, ?Kosion Sithanen pa pu tire? étaient quelques-uns des slogans adoptés par les manifestants, lesquels distribuaient aussi, aux passants et aux automobilistes, des tracts contre le ministre des Finances.
En tête du cortège, Sooben Moutia, syndicaliste de la Federation of Progressive Unions (FPU), vêtu à la manière du mahatma Gandhi, avec un ?pain maison? dans une main et une canne dans l?autre. Derrière lui, une dizaine d?enfants portant des plateaux en osier contenant du pain. Un autre syndicaliste les accompagnait, frappant sans cesse sur un deksi avec une cuillère.
La marche de protestation a connu plusieurs arrêts, pour permettre aux dirigeants syndicaux de s?adresser aux habitants de Quatre-Bornes à l?aide de porte-voix. ?Ramgoolam ti pu sanz nu lavi dan san zour. Gete ki pe arive zordi, nu lavi pe vinn amer?, a lancé, d?un air énervé, le principal porte-parole de la plate-forme syndicale, Toolsiraj Benydin, président de la Fédération syndicale du service civil (FSSC).
Reaz Chuttoo, président de la FPU, a averti qu?il n?est pas question que le gouvernement institue le National Wages Council (NWC), instance tripartite appelée à remplacer le comité tripartite national relatif à la compensation salariale annuelle.
<B>Incohérences dans la politique</B>
Deepak Benydin, président de la Fédération syndicale des corps constitués, a, lui, estimé qu?il y a beaucoup d?incohérences dans la politique du gouvernement, comme le report de l?âge de la retraite tandis qu??il se propose de licencier à la Development Works Corporation les salariés ayant plus de 50 ans?.
Atma Shanto, président de la Fédération des travailleurs unis, a annoncé que le mot d?ordre à la classe laborieuse sera la désobéissance civile si le gouvernement ne rectifie pas le tir.
D?autres syndicalistes ont prévenu que la prochaine manifestation se fera devant les locaux de la Mauritius Broadcasting Corporation s?ils ne sont pas satisfaits de la couverture de la manifestation de samedi.
Cette marche du pain, applaudie par des passants et habitants de Quatre-Bornes, a rassemblé une foule plus importante que la manifestation organisée par la plate-forme syndicale pour la fête du Travail, le 1er mai. Elle a bénéficié de l?appui de l?Association des consommateurs de l?île Maurice, de l?Union mauricienne représentée par Jean-Michel de Senneville, de Jack Bizlall du Mouvement pour le 1er Mai, des dirigeants de Lalit et des membres de plusieurs syndicats.
La circulation routière entre Saint-Jean et la gare routière de Quatre-Bornes a été grandement perturbée par la foule estimée à pas moins de 2 000 manifestants. La police a été contrainte à la dévier aux alentours du marché de la ville.
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