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Les devoirs de vacances des députés
Assemblée nationale, vendredi 4 août. Les députés sont très détendus. Et pour cause. C?est la dernière séance avant que sonne la cloche des vacances parlementaires. Des vacances comme l?entendent les étudiants ? Pas vraiment.
Il existe des facteurs qui ne permettront pas aux parlementaires et aux ministres de se couper totalement de la réalité et des préoccupations de la population. Ils ont pour noms hausse du coût de la vie, fluctuation des prix des produits énergétiques et ses répercussions sur les plus pauvres, licenciements pour cause de fermeture, menace d?une résurgence du virus du chikungunya et de ses effets dévastateurs sur le tourisme, augmentation du nombre de chômeurs avec l?arrivée sur le marché de jeunes talentueux et qualifiés, sentiment d?insécurité et violence, fléaux sociaux qui frappent particulièrement les jeunes.
L?égalité des chances
Les députés, tant du côté gouvernemental que de l?opposition, et les syndicalistes s?accordent sur la nécessité d?établir une liste de priorités qui correspondent aux préoccupations de la population.
Pour Nita Deerpalsing, députée et vice-présidente de la Commission de la démocratisation de l?économie, c?est l?instauration du cadre légal qui va permettre au gouvernement de mettre en place la démocratisation de l?économie, l?une des promesses fondamentales de son programme électoral.
Il s?agit des projets de loi sur la compétition et l?égalité des chances. Nita Deerpalsing se préoccupe du pouvoir d?achat de la population. « Nous allons traverser certes une période difficile temporairement à cause de l?impact des facteurs qui sont hors de notre contrôle comme la baisse du prix du sucre et la hausse du prix des produits pétroliers. Il faut nous assurer que leur répercussion sur le pouvoir d?achat n?est pas insoutenable. » Pour elle, les vacances parlementaires riment avec le travail au niveau de sa circonscription, de la commission et aussi de l?Associa-tion paritaire Union européenne-ACP dont elle est membre. « Je me permettrai seulement la lecture de quelques livres de littérature comme détente. »
« Rétablir cette confiance »
Pour Ashock Jugnauth, leader de l?Union nationale, des priorités doivent être établies dans tous les secteurs. « Depuis que ce gouvernement est au pouvoir, il a tout mis sens dessus dessous. Il faut redresser la situation économique.
La misère s?accentue. Il y a des problèmes dans tous les domaines ? santé, éducation, sécurité intérieure ? pour lesquels, il faut trouver des solutions appropriées. Les Mauriciens ont perdu confiance dans l?avenir et dans leur pays. Il faut rétablir cette confiance. »
Le leader de l?Union nationale ne prendra pas de vacances d?ici décembre. « Je vais m?engager politiquement à 100 %. Le contact avec mon électorat est primordial. » Sa priorité : consolider les assises de son nouveau parti. L?objectif est d?implanter des bureaux dans toutes les circonscriptions, doter le parti d?un comité central et d?un bureau politique.
Jane Raggoo, négociatrice attachée à la Federation of Progressive Unions (FPU), est inquiète du peu d?égard que le Premier ministre, Navin Ramgoolam, accorde au monde syndical. « Notre demande pour le rencontrer est restée sans réponse. Cette attitude est inacceptable. Nous avons l?impression que le monde syndical est regardé d?en haut. Un jour, nous avons distribué une lettre aux députés à l?entrée du parking de l?Assemblée nationale. Aucun parlementaire, à l?exception du ministre Étienne Sinatambou, n?a daigné s?arrêter pour prendre le message. Il y avait un air arrogant dans leur comportement. C?était insupportable. J?espère que durant ces vacances les parlementaires prendront le temps d?écouter leurs mandants. Je regrette que le Premier ministre n?ait pas trouvé le temps de visiter Rodrigues. Il est inacceptable qu?il soit allé dans des pays étrangers comme la France et les Seychelles. »
Pour Suttyhudeo Tengur, président de la Government Hindi Teachers?Union (GHTU), la priorité des priorités, c?est la présentation du projet de loi sur l?égalité des chances. « C?est la condition indispensable pour briser les barrières qui empêchent que les recrutements ne se fassent sur la base des compétences. C?était le cheval de bataille de l?Alliance pendant la campagne électorale. Jusqu?ici, rien n?a été fait. La performance de ce gouvernement, avant les vacances parlementaires, a été une faillite totale. »
L?élaboration du projet de loi sur l?égalité des chances sera l?une des priorités du département du ministère de la Justice, chargé de l?élaboration des textes de loi. L?équipe est composée de six personnes dont l?ancien chef juge, sir Victor Glover. « Ce département travaillera d?arrache-pied. Plusieurs textes de loi sont en préparation, dont celui sur le sida et les droits des détenus à des soins médicaux. Vu l?envergure des sujets qu?ils traitent, ces projets nécessiteront beaucoup de débats et d?interaction. Beaucoup de travail nous attend », explique Rama Valayden, ministre de la Justice et des Droits humains. Il n?aura pas le temps de respirer, affirme-t-il.
Sur sa liste des priorités, il y a aussi l?installation d?ici décembre d?un centre et l?élaboration d?un plan national et la diffusion d?un spot télé, aux heures de grande écoute, sur les droits humains. Rama Valayden a deux conférences internationales sur les bras, l?une réunissant les ministres de la Justice des pays du marché commun de l?Afrique australe (Comesa) et l?autre, ceux de la francophonie.
« Beaucoup de travail sur les bras »
« Ce n?est qu?en décembre que je pourrai éventuellement m?offrir quelques jours de congé. J?ai un volume conséquent de travail sur les bras », indique Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie et de la Pêche. Parmi ses priorités, la présentation du Fisherman Trust Fund et du Fisheries Bills, deux projets de loi indispensables à la consolidation du nouveau secteur émergent qu?est le seafood hub, le lancement d?une campagne de lobbying en Europe pour négocier les enveloppes d?aide dans le cadre du 9e Fonds européen de développement, l?évaluation des mesures d?accompagnement en marge de la baisse de 36 % du prix garanti du sucre, l?accélération du processus de départ à la retraite prématurée dans l?industrie sucrière, des rencontres avec les petits planteurs, l?examen des conditions de vie dans les camps sucriers existants.
Sur la liste des déplacements, il y a celui qu?il effectuera à Rodrigues, où l?application de nouvelles mesures de compensation des pêcheurs les jours de mauvais temps, a débouché sur une manifestation violente à Port-Mathurin et il y a quelques jours. Une chose est sûre, ces vacances parlementaires ne seront pas de tout repos pour nos députés?
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