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George Bush fait son mea culpa
Le président George Bush a reconnu que certaines expressions qu?il avait employées concernant l?insurrection irakienne n?avaient pas été des mieux choisies, et estimé que le scandale des mauvais traitements à la prison d?Abou Ghraïb avait constitué la plus lourde erreur de son administration en Irak depuis l?invasion de mars 2003.
Interrogé lors d?une conférence de presse commune avec le Premier ministre britannique Tony Blair, qu?il venait de recevoir à la Maison- Blanche, Bush a estimé que l?affaire d?Abou Ghraïb, où des soldats américains avaient commis des abus sur des détenus irakiens, était «la plus grave erreur commise jusqu?à présent, au moins pour ce qui est l?engagement de notre pays en Irak(...).» «Nous en paierons le prix pendant longtemps», a dit Bush.
Bush a déclaré d?autre part que certaines expressions qu?il avait pu utiliser à propos des insurgés irakiens relevaient «d?une sorte de langage cru, vous savez, qui a envoyé un mauvais message aux gens».
«J?ai appris à m?exprimer d?une manière un peu plus soutenue, vous savez. ?Recherché, mort ou vif?, ce genre d?expressions: Je pense que dans certaines parties du monde, elle a été mal interprétée».
Tony Blair a reconnu de son côté que les efforts entrepris pour purger l?armée irakienne des membres de l?ancien Parti Baas de Saddam Hussein ? processus appelé débaassification ? aurait pu être mené de meilleure façon.
«Je pense qu?il est facile de revenir sur les erreurs que nous avons pu commettre. Mais la raison principale pour laquelle l?Irak est synonyme de difficulté, c?est la détermination de nos adversaires à nous battre. Et je ne pense pas que nous devions en être surpris», a estimé Blair.
Le chef du gouvernement britannique a déclaré d?autre part qu?il était du devoir de la communauté internationale dans son entier, tout comme de la Grande-Bretagne et des États-Unis, de soutenir le nouveau gouvernement irakien.
«Que nos troupes partent...»
Les deux dirigeants ont reconnu que la décision d?envahir l?Iran en mars-avril 2003 avait divisé la communauté internationale, mais ont estimé que le moment était venu de regarder vers l?avenir maintenant que les Irakiens avaient voté et élu démocratiquement un nouveau gouvernement.
«Il est de notre devoir, mais aussi du devoir de la communauté internationale dans son intégralité, de soutenir ce gouvernement», a dit Blair.
Le nouveau Premier ministre irakien, Nouri al Maliki, estime que les forces irakiennes seront capables d?assumer les missions de sécurité dans le pays dans un an et demi, mais ajoute qu?elles doivent enrôler davantage, se consacrer davantage à l?entraînement, et qu?elles ont besoin d?un équipement plus conséquent.
Blair et Bush se sont refusé à fixer un calendrier de retrait des forces américaines et britanniques d?Irak.
«Je veux que nos troupes partent», a dit Bush, tout en réitérant la position des États-Unis selon laquelle les Américains doivent au préalable achever leur mission en Irak.
«Avant toute chose, nous allons ?uvrer avec nos partenaires en Irak, avec le nouveau gouvernement, pour déterminer la meilleure manière d?atteindre l?objectif d?un Irak qui peut se gouverner par lui-même et se défendre par lui-même», a dit Bush.
Insécurité persistante
Il reste en Irak 132 000 soldats américains et 8 000 militaires britanniques.
Les deux alliés pâtissent de leur engagement en Irak, où l?insécurité persiste. Ils sont soucieux de montrer que la situation évolue dans le bon sens, et la formation le week-end dernier d?un gouvernement d?union nationale par le chiite Nouri al Maliki constitue l?un de leurs rares arguments.
Bush, qui ne perd pas de vue les élections de mi-mandat qui remettront en jeu une partie des sièges au Congrès en novembre, a déclaré cette semaine que les forces américaines allaient progressivement adopter une posture de soutien aux forces irakiennes, lesquelles passeraient donc au premier plan.
L?Irak respecte le droit de l?Iran au nucléaire mais craint les tensions
Le chef de la diplomatie irakienne Hoshyar Zebari a déclaré hier que son pays respectait le droit de l?Iran à vouloir maîtriser la technologie nucléaire, mais craignait une course aux armements dans la région, après une rencontre à Bagdad avec son homologue iranien.«Nous respectons le droit de la République islamique d?acquérir les connaissances scientifiques (dans ce domaine), dans le respect de la loi internationale, et nous avons confiance en la sagesse des dirigeants iraniens pour trouver une solution à ce problème», a déclaré M. Zebari.
Il s?exprimait après des entretiens avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, arrivé le matin à Bagdad pour la première d?un haut responsable du voisin de l?Irak depuis la formation le 20 mai du premier gouvernement irakien permanent de l?après-Saddam Hussein. M. Zebari a dit toutefois craindre une course aux armements dans la région du fait du programme nucléaire iranien controversé. «Nous sommes contre toute tension dans la région en ce moment parce que nous pensons que tout le monde sera perdant dans ce cas», a-t-il souligné.
Il a rappelé que son pays avait «souffert et continue de souffrir» du programme d?armes de destruction massive de l?ancien régime de Saddam Hussein, dans une mise en garde à peine voilée à l?Iran. «Nous attendons de l?Iran qu?il soutienne les efforts de l?Irak pour rétablir la sécurité et la stabilité», a encore dit M. Zebari, tout en se félicitant de l?attitude de Téhéran à l?égard de son pays depuis la chute du régime de Saddam Hussein en 2003.
«L?Irak ne sera plus jamais une menace pour l?Iran», a-t-il soutenu, tout en demandant à ce pays et aux autres pays voisins de «ne pas exploiter les difficultés actuelles» de Bagdad pour s?ingérer dans ses affaires.
Il a souligné à ce propos que la présence des forces étrangères, un sujet d?inquiétude pour l?Iran, n?était «pas éternelle», affirmant que leur départ dépendrait de la capacité des forces irakiennes de prendre en charge la sécurité dans le pays.
«Notre gouvernement prend l?engagement de développer et d?approfondir les relations avec l?Iran sur la base du respect mutuel et de la non ingérence dans les affaires intérieures», a-t-il ajouté. M. Zebari a indiqué que les deux pays avaient décidé d?activer les accords déjà signés et de dépasser «le lourd héritage du passé», une référence aux nombreux contentieux datant du régime de Saddam Hussein, qui avait livré une guerre à la République islamique de 1980 à 1988.
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