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Squat : les choses se corsent
?Pourquoi il n?y a que les riches et les touristes qui peuvent habiter en face de la mer et pas nous les pauvres.? Cette phrase revient comme un leitmotiv chez les anciens squatters de Dilo-Pouri au Morne et aussi chez ceux qui squattent les Pas Géométriques à Case-Noyale. Leurs réactions font suite à la visite du ministre Asraf Dulull, la semaine dernière dans la région.
Celui-ci a déclaré que le gouvernement ne régularisera pas la situation des squatters de Case-Noyale, mais leur proposera un site alternatif avec toutes les facilités. Il proposera à ceux qui ont leur lettre d?intention de laisser leur terrain face à la mer (pas sur les Pas Géométriques) pour un autre endroit. Le ministre veut que ces lieux soient préservés pour des développements économiques.
C?est à la suite d?un reportage télévisé que les habitants de Karo-Kalyptus et ceux du Morne ont pris connaissance de cette déclaration du ministre Dulull. Ils disent ne pas comprendre pourquoi le ministre a visité la localité sans chercher à les rencontrer.
À Karo-Kalyptus, Case-No-yale, une quarantaine de familles vivent sur les Pas Géométriques depuis plus de dix ans. Elles ont ainsi appris que le ministère des Terres et du Logement ne régularisera pas leur situation et qu?elles devraient être relogées à Cascavelle.
Cette éventualité est loin de les réjouir. Yvy Hollandais, travailleuse sociale et aussi habitante du coin, explique la situation. Les hommes de Karo-Kalyptus sont la plupart des pêcheurs qui quittent leur maison à l?aurore ou en pleine nuit pour prendre le large. ?Il leur sera très difficile de nourrir leur famille. Cette éventualité d?être relogées risque de mettre plusieurs familles au chômage?, explique-t-elle.
Et il y a aussi les femmes, employées de maisons, dans les morcellements de la région. Elle craint que les employeurs ne les licencient. Yvy Hollande propose au gouvernement de recaser les habitants sur une portion de terre en face du terrain qu?ils occupent. Mais l?idéal pour elle serait que le gouvernement régularise leur cas.
Danielle Ladouceur est également de cet avis. ?Nous ne voulons pas aller dans un endroit où nous serons mal accueillis?, dit-elle. Les squatters veulent rencontrer le ministre Dulull. Ils lancent un appel au ministre des Droits humains car, disent-ils, les pauvres aussi ont des droits.
Les anciens squatters de Dilo-Pouri sont également dans l?incompréhension. En effet, ils ont eu leur lettre d?intention l?année dernière et ont déjà payé les frais au ministère des Terres et du Logement. Il est donc hors de question pour ces 46 familles, originaires du Morne, de bouger ni sur un site alternatif , ni dans une cité. ?Je serai bientôt à la retraite. Croyez-vous que j?aurais un travail pour bâtir une nouvelle maison?, demande une certaine Zanan.
Les habitants de Dilo-Pouri demande au gouvernement de faire la même chose aux propriétaires de campement. ?Ont-ils honte de nous parce que nous sommes pauvres ? Si c?est le cas, qu?ils nous mettent dans un bateau pour nous jeter en haute mer?, disent-ils.
Marie-Lourdes affirme habiter le coin depuis 15 ans. ?Nous avons sué pour nettoyer le terrain afin d?avoir un coin pour élever notre famille. Pourquoi veut-on nous bouger ? Nous ne dérangeons personne?, déclare-t-elle.
Ils sollicitent donc une rencontre d?urgence avec le ministre des Terres et du Logement. ?Si li pa gagn letan vinn guet nou, nou pou al guet li dan so biro?, disent-ils. Si le gouvernement tente de les délocaliser, ils se disent prêts à faire une grève de la faim jusqu?à la mort sur la plage publique.
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